article coup de coeur

[Test – Playstation 4] Yakuza Kiwami : un remake indispensable

Caractéristiques

    • Playstation 4
  • Développeur : Sega
  • Editeur : Deep Silver
  • Date de sortie : 29 août 2017
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Introduction

Avant un sixième épisode qui s’annonce déjà immanquable, l’inénarrable série Yakuza opère un grand retour en arrière. Non pas pour fouiller le passé historique du Japon (déjà fait, avec Yakuza Ishin et Yakuza Kenzan!), mais afin de revisiter le tout premier soft de la licence. On vous entend à des kilomètres : « quoi, encore un remake, l’industrie est vraiment en manque d’imagination, c’est plus possible, mais que fait Mélenchon ? ». Calmez-vous, car nous allons voir que Yakuza Kiwami est loin, très loin d’être un « simple » ravalement de façade de plus…

Histoire : 5/5

image sega yakuza kiwami

Yakuza Kiwami ne se contente pas de se reposer sur une intrigue très bien ficelée, il la bonifie. Bien évidemment, les grandes lignes sont les mêmes : on incarne Kazuma Kiryu, surnommé le Dragon de Dojima. Afin de protéger ses amis, après que l’ignoble Sohei Dojima ait abusé de Yumi, voilà que notre avatar se fait mettre au trou dix ans, pour homicide. Quand il en ressort, libéré sur parole, il va retrouver une région du Kanto en proie à des soubresauts, qui résulteront sur une guerre des clans. Tant mieux, car Kazuma a un plan pour reconquérir son territoire, Kamurocho…

Yakuza Kiwami peut se targuer de profiter de l’un des meilleurs scénarios de la production vidéoludique japonaise. Les initiés le savent mieux que quiconque : il règne une ambiance très cinématographique, et ce n’est pas un hasard si Takashi Miike (Ichi The Killer) a pu adapter la licence, avec Like A Dragon. La narration reste la même : on suit des cinématiques, qui ont droit à une refonte, grâce au moteur graphique de Yakuza Zero. Et des dialogues, beaucoup de dialogues. Il va falloir vous accrocher, mais vos efforts seront récompensés par la profondeur de l’histoire, le rythme du récit, et l’écriture de personnages tous charismatiques en diable.

Yakuza Kiwami propose trente minutes de contenu en rab, et c’est loin d’être un simple bonus. En effet, les développeurs ont décidé de travailler la cohérence avec l’épisode Yakuza Zero, ce qui n’est pas un mal. Autre nouveauté, l’ajout de quêtes secondaires, qui ne se contentent pas d’allonger la durée de vie, mais travaillent aussi l’univers de la licence. L’ensemble est d’une solidité étonnante, pour un soft qui n’accuse aucunement le poids des années. Seul bémol, et c’est traditionnel pour cette série : les textes sont uniquement disponibles en anglais. Et plutôt du genre soutenu, alors armez-vous de votre meilleur english, ou d’un bon traducteur.

Gameplay : 4/5

image gameplay yakuza kiwami

 

Yakuza Kiwami reprend le système de combat de Yakuza Zero, ainsi vous ne serez pas trop dépaysés par les différents style de combat proposés : Rush, Dragon de Dojima, Brawler et Beast. En fonction de votre choix, Kazuma délivrera différentes tatanes à des ennemis dont l’intelligence artificielle nous signifie qu’ils ne sont que des victimes expiatoires. Les sensations, très beat’em all, sont carrément jouissives, car bien vite on se rend compte que les différents enchaînements ont leur utilité, et qu’il faudra les maitriser pour s’en sortir au mieux. Une petite saveur skill bien sentie.

Mais Yakuza Kiwami, ce n’est pas que de l’action. Il va falloir que votre avatar évolue, si vous voulez que Kazuma arrive à ses fins. On retrouve les arbres de compétences, propres à chaque technique. Vos différentes activités vous rapporteront des points à dépenser, histoire de les faire fleurir. D’ailleurs, il faut appuyer sur la multitude d’à-côtés que le jeu propose. Entre les missions secondaires, les sauvages combats de rue, et les hobbys à tire-larigot, Kamurocho offre de quoi respirer, entre deux phases scénarisées. On retrouve le Pocket Circuit Car Racing, déjà présent dans Yakuza Zero, et toujours aussi fun à expérimenter. On aura aussi l’occasion de s’adonner à des loisirs plus classiques, comme le billard, de fléchettes ou le karaoké, et d’autres. Les jeux de la salle Sega répondent bel et bien présent à l’appel, pour un effet Inception toujours aussi savoureux (jouer à un jeu, dans un jeu, et la toupie…). Vous pourrez aussi récupérer des DVD »pour adultes », mais aussi participer à une petite folie : le Mesuking, sorte de pierre-feuille-ciseau, et de femmes dénudées. Oui, vous avez bien lu.

Toujours côté nouveauté, signalons la feature « Majima Everywhere ». Sorte de Nemesis de Kazuma, ce (très) grand combattant vous harcèlera, vous retrouvera où que vous soyez, afin de vous combattre avec furie. Et c’est une mécanique utile pour le gameplay, la progression de votre avatar, car l’arbre de compétence Dragon de Dojima n’évoluera que grâce à vos victoire sur ce véritable colosse. Enfin, signalons que Sega a ajouté la possibilité de pouvoir sauvegarder n’importe quand, ce qui ajoute une dimension confortable. On avait clairement peur de ce qu’allait donner, pad en mains, la maniabilité d’un jeu datant de 2005. Yakuza Kiwami réussit à balayer ce doute, et c’est sûrement l’une des plus grandes réussites de ce titre : on ne sent pas le poids du temps qui passe, et la rigidité du soft d’origine fait place à un ensemble savoureux. Quel très bon travail !

Technique et ambiance sonore : 4/5

image ps4 yakuza kiwami

Yakuza Kiwami ne se contente pas d’améliorer le gameplay de l’original, il décuple ses qualités techniques, même si tout n’est pas parfait. Si vous aviez peur d’un trip nostalgique, vous pouvez vous rassurer : le moteur, déjà à l’œuvre pour Yakuza Zero mais ici poussé dans ses retranchements. Certes, il demeure quelques textures bien baveuses, et le 60fps peut parfois connaître quelques baisses de régime, mais tout le reste est clairement au niveau que l’on attend d’un jeu de 2017. C’est détaillé, le quartier fait vivant, les différents effets en mettent plein la vue, et les animations sont loin d’être datées. La musique a aussi été revue et corrigée, pour un rendu un peu plus électro que l’original. C’est un choix osé, mais qui garde la force du travail de Hidenori Shoji. Globalement, on remarque une cohérence globale, avec des passages plus doux lors des pérégrinations, et largement plus énergiques pour accompagner l’impact des combats.

Durée de vie : 4/5

image jeu yakuza kiwami

Il vous faudra une bonne dizaine d’heures pour boucler la quête principale. Mais résumer Yakuza Kiwami à cette dernière serait une erreur. Avec toutes les activités, le quartier Kamurocho à farfouiller dans ses moindres recoins, et l’envie de pousser à bout les arbres de compétences, vous pouvez tabler sur plus de 30 heures de jeu. Sachez aussi que le rapport qualité-prix est excellent : 35 euros pour un tel soft, c’est (quasiment) donné.

Note finale : 17/20

Si vous pensiez que Yakuza Kiwami serait un remaster un peu fainéant, vous faisiez fausse route. Sega rend une copie que l’éditeur a pris soin de soigner dans tous les compartiments. L’histoire est plus consistante, avec la volonté d’amoindrir certaines incohérences créées par Yakuza Zero. Le gameplay se rapproche de ce dernier, ce qui résulte sur une flopée d’éléments que le joueur prendra plaisir à maitriser. Enfin, techniquement le soft est solide, même si le moteur laisse passer des baisses de framerate. Au final, la Playstation 4 a l’honneur d’un remake parmi les plus réussis de ces dernières années, qui se justifie et bonifie le jeu original.

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato est un journaliste culturel spécialisé dans le cinéma (cursus de scénariste au CLCF) et plus particulièrement le cinéma de genre, jeux vidéos, littérature. Il rejoint Culturellement Vôtre en décembre 2015 en tant que co-rédacteur en chef. Manque clairement de sommeil.
Mickaël Barbato
8/10

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