[Critique] L’Étrange Festival 2017 : Herederos De La Bestia

Caractéristiques

  • Réalisateur : Diego Lopez, David Pizarro
  • Avec : Jorge Guerricaechevarría, Álex de la Iglesia, Santiago Segura, El Gran Wyoming, Terele Pávez
  • Durée : 80 minutes
  • Année de production : 2016
  • Genre : Documentaire
  • Nationalité : Espagne

Au cœur d’un film de la plus grande importance

L’Étrange Festival 2017, ce n’est pas que des films plus ou moins décalés ! C’est aussi quelques documentaires aux sujets étonnants, comme le rappelait notre article accompagnant la découverte de The Family. Cette fois-ci, le thème est sans doute plus terre à terre, quoi qu’on aborde rien de moins que le chef de fil du renouveau du cinéma de genre espagnol : Le jour de la Bête, d’Alex de la Iglesia. En effet, Herederos De La Bestia (qui se traduit pas Les héritiers de la bête) se charge de nous rappeler à quel point cette œuvre culte possède toujours un écho qui dépasse son « simple » statut

Déjà auteurs d’un documentaire sur l’acteur Victor Israel (Los perversos rostros de Víctor Israel) et d’un ouvrage référence sur le cinéma fantastique espagnol (Silencios De Pánico), Diego López et David Pizarro se penchent cette fois sur un des films les plus emblématiques et fondateurs de toute la génération de cinéastes horrifiques venues d’Espagne, à savoir Le Jour de la bête de Alex de la Iglesia. Outre ce dernier et d’autres membres du film comme Santiago Segura (Torrente), Terele Pávez (Mes chers voisins) et le scénariste Jorge Guerricaechevarría, interviendront aussi les cinéastes Paco Plaza et Jaume Balagueró (la tétralogie Rec).

Des passages croustillants

image film herederos de la bestia

C’est une sacrée ribambelle d’intervenants qui est conviée pour analyser au mieux le phénomène que fut ce second métrage d’Alex de la Iglesia. Avec grand soin, les deux réalisateurs tracent un chemin balisé (parfois un peu trop), que le spectateur n’a plus qu’à suivre pour comprendre au mieux l’ampleur du Jour de la Bête. En faisant appel à des cinéastes qui auront vu leur carrière décoller à la suite de ce grand succès, Herederos De La Bestia perçoit un effet rarement mis en avant : l’appel d’air. Avec ce film, c’est tout le cinéma espagnol qui fut remis au goût du jour, et certains codes sclérosés en ont profité pour se faire la malle. Aussi, il était possible de remplir des salles à l’international (par exemple au Grand Rex, avec de brèves images d’archives en appui), donc d’amasser de plus en plus d’argent.  L’occasion idéale pour créer une nouvelle génération d’artistes.

Si vous appréciez les images d’archives, Herederos De La Bestia pourra vous satisfaire, même s’il faut préciser que le documentaire vaut bien plus pour ses passionnants entretiens. On retrouve l’équipe des effets spéciaux, des comédiens, Alex de la Iglesia en personne, et bien d’autres. Et tous sont animés d’une volonté de transparence : pas ou très peu de langue de bois. Par exemple, on apprend que Javier Bardem devait interpréter un rôle, et qu’il l’a refusé pour un rôle. Aussi, il est difficilement contestable que le tournage fut si éprouvant que l’équipe technique a du s’éviter quelques temps, après avoir bouclé l’effort. Vous verrez aussi d’autres passages beaucoup plus positifs, voire même cocasses, notamment à l’occasion de l’incroyable chahut que fut l’expérience avec le bouc, dont le caractère de cochon a mis tout le monde à cran sur le plateau. Du moins, jusqu’à ce qu’il s’échappe et court après un staff totalement apeuré. Herederos De La Bestia ressemble à l’auteur du Jour de la Bête : généreux et très caractériel.

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato est un journaliste culturel spécialisé dans le cinéma (cursus de scénariste au CLCF) et plus particulièrement le cinéma de genre, jeux vidéos, littérature. Il rejoint Culturellement Vôtre en décembre 2015 en tant que co-rédacteur en chef. Manque clairement de sommeil.
Mickaël Barbato
7/10

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