[Test – Playstation 4] L’ombre de la guerre : à vous rendre mordu du Mordor

Caractéristiques

    • Playstation 4
    • Ordinateur/PC
    • Xbox One
  • Développeur : Monolith Productions
  • Editeur : Warner Bros. Interactive Entertainment
  • Date de sortie : 10 octobre 2017
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Introduction

image preview l'ombre de la guerre

Vous connaissez certainement la mauvaise réputation que se trimballe le concept d’adaptation vidéoludique d’oeuvres cinématographiques. Si elle est née de softs clairement expéditifs, souffrant bien souvent d’un manque de temps de développement afin de coller avec la sortie du film, cette affirmation n’a pas toujours eu lieu. Rappelons-nous de ce que Capcom a pu créer, dans les années 1990, avec certaines licences de Disney. Cet exemple est parlant, car au-delà des représentations populaires, issues d’images animées (Tic et Tac, Picsou, Mister Mask et d’autres), ces adaptations prenaient leur temps pour paraître, et ne souffraient que peu d’un aspect non-terminé. Voilà trois ans, La Terre du Milieu : l’ombre du Mordor, prouvait qu’un univers, celui du Seigneur des Anneaux, qu’il soit littéraire ou autre, peut servir de terreau riche à un titre qui, libéré d’obligations de tempo, gagne le cœur des gamers. Ce premier gros coup se devait d’être suivi d’un autre, ce qui nous emmène aujourd’hui à La Terre du Milieu : l’ombre de la guerre.

Histoire : 4/5

image cutscene l'ombre de la guerre

Impossible d’aborder La Terre du Milieu : l’ombre de la guerre comme une «simple» adaptation de l’univers imaginé par l’immense Tolkien. Il serait plus juste de penser que le studio de développement, Monolith Productions, a décidé de prendre appui sur cette œuvre gargantuesque, afin d’en livrer une histoire aussi inédite que pensée pour les fans. On ne peut pas affirmer, d’ailleurs, que le scénario prend énormément de place dans le cheminement. On retrouve notre avatar, fusion de Talion et Celebrimbor, alors qu’il vient de perdre l’anneau de pouvoir. Nous n’en écrirons pas plus concernant le contexte, afin de ne pas porter atteinte à l’opus précédent. Par la suite, vous allez devoir croiser la route de certains antagonistes bien connus, et surtout très redoutés, après avoir traversé des environnements clés de la saga. L’histoire est moins prétexte qu’auparavant, mise plus sur un côté épique renforcé, même si elle ne cherche aucunement à s’imposer.

La narration de L’ombre de la guerre, elle, se fait assez classique, sans être désagréable. Le début pourra sembler un peu poussif, d’autant que Monolith Productions se sent obligé (et à juste titre, comme nous le verrons plus bas) de hacher le rythme en imposant un grand tutoriel. Mais, par la suite, missions principales et secondaires se donnent la main pour nous plonger au cœur d’un monde palpable, avec des personnages secondaires très réussis (ah, Arachne…) même si les fans jusqu’au-boutistes de l’œuvre de Tolkien pourront tiquer devant des choix de caractérisation que l’on qualifiera de courageux. On sent aussi qu’un gros effort a été consenti sur les antagonistes, bien plus mémorables qu’auparavant. Cela se ressent notamment dans un dernier quart tout simplement captivant, tant les intrigues se voient soutenues par des vilains qui le sont vraiment. De gros progrès du côté du récit, donc.

Gameplay : 4/5

image article l'ombre de la guerre

La Terre du Milieu : l’ombre de la guerre fortifie les forces de son prédécesseurs, et apporte des nouveautés qui ne peuvent pas passer inaperçues. Tout d’abord, revenons sur la mécanique intitulée Nemesis. En gros, on fait face à un système pyramidal, qui classe les Orcs par ordre hiérarchique. Et le joueur influence évidemment tout cela, de par ses décisions, ses combats. C’est sans doute l’élément de gameplay qui avait permis à L’ombre du Mordor de marquer les mémoires, et le voilà renforcé dans cette suite. Dorénavant, il est possible, ou plutôt indispensable, de créer sa propre armée. Et, pour gonfler les rangs, vous allez devoir recruter. Le but étant de conquérir des territoires, vous aurez compris qu’il va falloir s’y prendre avec une certaine stratégie : gagner le commandement se fera grâce à la trahison de lieutenants pas du tout fidèles. Et pour les pousser à ce vice, vous imaginez bien qu’il va falloir démontrer qu’ils n’ont pas vraiment le choix.

Une fois votre armée bien constituée, vous voilà prêt pour l’assaut sur une forteresse. Grande nouveauté de L’ombre de la guerre, cette phase a cela d’excellent qu’elle permet à la mécanique Nemesis de se trouver un nouveau sens. Attention, par exemple, à garder vos rangs soudés, car un Orc a véritablement la trahison dans le sang. Choisissez bien vos unités, et lancez-vous dans des phases sacrément impressionnantes, qui font ressortir un système de combat toujours aussi jouissif à maîtriser. D’ailleurs, sachez que le soft embarque trois niveaux de difficulté, et le plus corsé vous rendra certaines joutes à la limite du tolérable. Enfin, et pour revenir aux forteresses, le joueur pourra aussi se lancer dans des assauts sur des bases d’autres joueurs, ce qui offre un aspect multijoueur plutôt sympathique, même si cela manque un peu d’envergure côté intérêt.

Du reste, L’ombre de la guerre offre des éléments finalement assez classiques, notamment dans la construction de son monde. Les différentes cartes, bien plus intéressantes que dans le précédent opus, déploient un level design plutôt prudent, mais qui fonctionne bien. Et ce que le joueur peut y produire, en terme d’exploration, ne surprend pas vraiment. Mais on est tellement attiré par les missions secondaires, qui ont pour la plupart un vrai intérêt dans le développement de l’univers, et la collecte, qu’on tombe finalement sous le charme. Certes, l’ensemble de ces pérégrinations consenties, par le joueur curieux, ne peut que dénoter avec la fraîcheur du mécanisme Nemesis, mais tout de même, vous verrez que se faire projeter sur le dos d’un dragon, dans une mission annexe bien épique, cela produit un effet monstre. Enfin, on ne peut que souligner l’excellence du nouvel arbre de compétences, et l’on accueille avec plaisir la possibilité d’enfin améliorer l’équipement.

Technique et ambiance sonore : 4/5

image pc l'ombre de la guerre

Sans être une tuerie technique, on en est loin, L’ombre de la guerre assure tout de même un sacré spectacle. Certes, certaine textures font étrangement datées. Mais on apprécie les panoramas, assez enivrants pour oublier de véritables coups de mou. Les animations soufflent le chaud et le froid, mais dans l’ensemble on est plutôt séduit par les mouvements d’attaque, et les exécutions sont tout simplement délectables. Mais ce qui rattrape vraiment le coup, c’est sans conteste la direction artistique, carrément exemplaire tout du long. Chaque découverte d’une arme, par exemple, s’accompagne d’un bon moment à la scruter. Aussi, le character design tire son épingle du jeu, même si la base des effectifs, chez les antagonistes, répètent des skins de manière évidente.

La musique est assurée par Garry Schyman (Bioshock, Dante’s Inferno, Destroy All Humans!) et Nathan Griggg (on découvre ce dernier à cette occasion). On remarque que les compositions accompagnent bien l’envie de cette suite de faire dans l’épique, avec des thèmes guerriers très réussis. Il manque peut-être le morceau que tout le monde retiendra, mais dans l’ensemble on est là face à une très bonne bande originale. Et, pour couronner le tout, le doublage français est globalement qualitatif. Et ça, c’est assez rare pour être souligné comme il se doit.

Durée de vie : 4/5

image monture l'ombre de la guerre

Il vous faudra une grosse vingtaine d’heures pour terminer l’intrigue principale. Mais si vous voulez profiter de tout le contenu de L’ombre de la guerre, alors vous allez très certainement dépasser les 50 heures de jeu. Entre les défis, les objets à collecter, la foule de quêtes annexes, vous allez avoir de quoi faire. Il est seulement dommage de ne pas proposer de New game plus, le genre s’y prêtant bien. Aussi, profitons-en pour bien signaler que les micro-transactions ne sont aucunement intrusives. Et ne pas y céder n’allonge pas la durée de vie du soft.

Note finale : 16/20

La Terre du Milieu : l’ombre de la guerre arrive à faire mieux que son prédécesseur, et ce dans tous les domaines. L’histoire est plus épique, et bien moins anecdotique. La mécanique Nemesis est portée à un niveau largement supérieur à ce que l’on avait vu dans le premier épisode, multipliant les moments surprenants, les trahisons bien basses. Et les quelques nouveautés, comme l’apparition des forteresses à conquérir, s’imbriquent parfaitement dans un ensemble bien solide. Alors certes, quelques textures pourront faire tiquer. Et l’histoire principale se termine un peu vite, même si les à-côtés rattrapent largement le coup, mais il serait dommage de bouder son plaisir pour, finalement, si peu. L’une des belles confirmations de cette fin d’année, et un moyen, pour les fans de l’univers de Tolkien, de garder un pied dedans, alors que la hype des films est désormais derrière nous.

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato est un journaliste culturel spécialisé dans le cinéma (cursus de scénariste au CLCF) et plus particulièrement le cinéma de genre, jeux vidéos, littérature. Il rejoint Culturellement Vôtre en décembre 2015 en tant que co-rédacteur en chef. Manque clairement de sommeil.
Mickaël Barbato
8/10

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