[Test – Playstation 4] Demon Gaze 2 : l’amour est dans le donjon

Caractéristiques

    • Playstation 4
    • Playstation Vita
  • Développeur : Experience Inc.
  • Editeur : NIS America
  • Date de sortie : 17 novembre 2017
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Introduction

Cette fin d’année aura été notamment synonyme de Dongeon-crawler à la rédaction de Culturellement Vôtre. Alors qu’on jonglait entre les en-cours, et croyez-nous le rush fut terrible, deux softs de ce genre ont contribué à notre quotidien bien chargé. Etrian Odyssey 5 : Beyond The Myth, et ce Demon Gaze 2 que l’on aborde aujourd’hui. Cette légère profusion est-elle synonyme de regain de vitalité pour les amateurs d’exploration et de cartographie ? Si la réponse n’est pas spécialement positive, on parlera plutôt d’heureux hasard qui fait bien les choses, il faut bien avouer que ces deux sorties ont eu le mérite de nous rappeler, de deux manières assez différentes, à quel point crapahuter dans un donjon a du bon…

Histoire : 3/5

Si l’on veut être précis, on pourrait qualifier Demon Gaze 2 de mélange entre un Dongeon-crawler et un Visual novel type Danganronpa, pas dans la tonalité mais dans la profusion des discussions. On soulignait, dans un autre test, à quel point l’histoire est un prétexte, dans ces softs qui nous demandent avant tout de nous plonger dans des labyrinthes à cartographier. Le studio de développement, Experience Inc., ne l’entend pas de cette oreille, et nous livre au contraire un véritable récit, doublé d’un univers qui multiplie ses propres codes. Le joueur incarne un amnésique, figure incontournable du RPG japonais. Le grand méchant de l’histoire, Magnastar, a instauré sa domination en utilisant un sombre sortilège sur le peuple d’Asteria, ce dernier devenant entièrement malléable. Afin de renverser ce despote, vous allez rejoindre la rébellion, laquelle va vous dévoiler votre état de Demon Gazer, sorte de sorcier qui maîtrise les démons. Pendant ce temps, il va falloir remuer l’esprit des citoyens, par le biais d’une émission de radio…

La narration de Demon Gaze 2 passe beaucoup par les dialogues, et pas des plus courts. Si les amateurs d’univers plus ou moins développés seront aux anges, les autres pourront trouver la formule un peu lourde. En effet, les passages au quartier général, entre deux explorations de donjons, sont synonymes d’avancées scénaristiques, lesquelles ne passent que par nos rapports aux autres personnages. Il faudra parler à la chef de la rébellion, au marchand d’armes et aux autres, si l’on veut que le récit avance. Pas de cinématiques, ni de documents à récupérer, ce qui forme une structure lourde, qui manque un peu de panache. Dommage, car au-delà de ce ressenti, on apprécie aussi que l’histoire dépasse le simple prétexte, et nous propose une ambiance entre la comédie et la fantasy. Signalons ici qu’il n’est nul besoin d’avoir joué au premier épisode afin de bien comprendre cette suite. Par contre, il vous faudra un bon niveau d’anglais : le jeu est uniquement disponible dans la langue de Shakespeare.

Gameplay : 4/5

image test demon gaze 2
Des combats de boss parfois difficiles.

Demon Gaze 2 est un contre-pied permanent. Alors que le genre Dongeon-crawler a tendance à proposer un challenge corsé, ici il est un peu plus abordable. Cela ne signifie aucunement que le joueur fait face à une promenade de santé, mais écrivons que la courbe de progression de la difficulté est telle qu’on ne se sent jamais face à un pic véritablement insurmontable. Rappelons que vous êtes plongés dans la peau de votre aventurier, en vue subjective, et que vous devrez parcourir des endroits à cartographier. Cette tâche se fait de manière totalement automatique, il vous suffira d’avancer sur une case jusqu’ici ignorée pour qu’elle se dévoile sur votre plan. Les pièges et autres portes se notent aussi de manière naturelle. Si les premiers donjons seront aisés à comprendre, dans leur construction, les choses se corseront assez vite, grâce à un level design parfois vicieux. De quoi vous poser quelques problématiques en vous lançant dans l’objectif qui habite chacun de ces lieux : dénicher les cercles d’invocations, les ouvrir en y associant des gemmes (lesquelles vous récompenseront en fin de joute), battre les monstres qui en sortent, afin de débloquer le combat final.

Demon Gaze 2 est simple d’accès, mais propose tout de même une belle profondeur de gameplay. Bien évidemment, chaque donjon est l’occasion de trouver des secrets, et autres passages cachés. On a aussi droit à toute une mécanique de drague, décidément très prisée dans le jeu vidéo japonais. Chacun des démons, filles ou garçons, pourront être l’objet de rendez-vous, ce qui donne lieu à de petites histoires (dialoguées, bien évidemment). Lorsque le niveau de confiance atteint l’un des paliers, un mini-jeu se met en place : il faut toucher la partie sensible de votre compagnon : nez, front, épaule, et d’autres. Ce qui aura comme effet de débloquer des nouvelles compétences. On abordait, plus haut, les gemmes d’ouverture de cercle. Là aussi, le concept, simple, s’avère amusant à maitriser. En effet, chacune de ces pierres est associée à une arme, un objet ou un équipement, et la victoire vous assure de gagner ce que votre choix a dicté. De plus, certaines gemmes pourront accentuer les chances de remporter du butin de qualité.

Demon Gaze 2 ne révolutionne pas le Dongeon-crawler, mais il en incarne une possibilité différente. Les combats sont typiques de cette volonté de se démarquer, tout en gardant des sensations proches de ce qu’attendent les amateurs du genre. On a droit à du tour par tour tout ce qu’il y a de plus classique, sauf que le studio Experience Inc. vous propose une version automatique, en appuyant sur Triangle. Sympa pour les phases de levelling, même si elles ne seront pas nombreuses, au final. Qui dit bagarres dit équipement, et là aussi rien on fait face à de l’attendu, sauf concernant la décoration des chambres. En effet, votre base pourra abriter vos démons. Chacune des pièces qui acceuillent des démons, que vous devrez acheter (la révolution, oui, mais le business aussi !), mais aussi la vôtre, pourront accueillir un objet de décor, qui vous accordera un bonus de statistiques à ne surtout pas négliger. Enfin, on ne peut que souligner le caractère linéaire de l’aventure, qui ne propose qu’un nombre très limité de quêtes annexes. Tout pour plaire à un public large.

Ambiance visuelle et sonore : 3/5

image playstation 4 demon gaze 2
On sent bien que le jeu provient de la Vita.

Demon Gaze 2 n’est pas beau. C’est, du moins, ce que vous pourrez penser en découvrant les phases d’exploration. Si les choses s’améliorent dans certains donjons, il ne faut pas s’attendre à autre chose qu’un jeu provenant de la Vita. C’est surtout la répétition des textures qui saute aux yeux, tandis que les jeux de lumière proposent le strict minimum qu’on est en droit d’attendre d’un soft pour Playstation 4. Heureusement, les choses s’arrangent dans le character-design, et tout ce qui est proposé en 2D. C’est même plutôt mignon, plein d’un charme bien japonais, et fluide. Au final, c’est cette impression qui surnage.

La bande originale de Demon Gaze 2 est composée par Naoaki Jimbo, qui avait déjà livré celle de la première itération. On a beaucoup apprécié la capacité de l’artiste de proposer des mélodies entraînantes, assez énergiques, qui n’hésitent pas à faire appel à des voix. Le thème du dernier donjon, par exemple, nous reste en mémoire. Notons aussi la présence des voix japonaises, carrément indispensables pour la bonne tenue de l’expérience, même si l’on regrette que tous les dialogues ne profitent pas de doublages.

Durée de vie : 5/5

image nis america demon gaze 2
Ca change de Skyrock !

Elle est impressionnante. Terminer le scénario de Demon Gaze 2 vous demandera une quarantaine d’heures, mais ce n’est pas une fin en soi. Même si aucun New game plus n’est disponible, sachez que la conclusion ouvre certaines possibilités, qui vous demanderont un sacré investissement. Si vous êtes du genre à essorer vos jeux, alors vous êtes partis pour une centaine d’heures de pérégrinations…

Note finale : 15/20

Demon Gaze 2 est un digne représentant du Dongeon-crawler à la japonaise, et plus particulièrement ceux qui ont tendance à se laisser aller à des phases de dialogues assez longues. Si vous acceptez ce petit côté Visual novel, pas désagréable tant il est baigné d’humour et de légèreté, alors vous embarquerez pour une expérience plaisante, couplée à un gameplay qui se facilite la vie, du moins dans la forme. Multipliant les mécaniques attendues mais indissociables au genre, le soft se permet quelques petites sucreries, qui pourront faire oublier la prudence globale du titre. Ajoutons à cela une durée de vie imposante, et une bande originale de qualité, et l’on obtient un résultat probant.

7/10

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