[Test – Nintendo 3DS] Etrian Odyssey 5: des donjons si passionnants…

Caractéristiques

    • Nintendo 3DS
  • Développeur : Atlus
  • Editeur : Deep Silver
  • Date de sortie : 3 novembre 2017
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Introduction

Malheureusement moins en vue qu’auparavant, le Dungeon-crawler revient parfois se rappeler à notre bon souvenirs, du moins si vous êtes du genre papy gamer. Si vous êtes encore nostalgique des heures passées sur Dungeon Master, à griffonner des feuilles à petits carreaux afin de cartographier vos péripéties, alors vous connaissez sans doute la licence Etrian Odyssey. Née en 2007 sur Nintendo DS, développée par Atlus (Persona 5), cette série a su résister aux modes qui passent, et continuer à croire à son concept fondamental. Ce nouvel épisode canonique, qui nous parvient en Europe grâce au bienveillant éditeur Deep Silver (Shin Megami Tensai 4 : Aocalypse, Utawarerumono : Mask Of Deception, bref l’un des amis des amateurs de jeux japonais), réussit-il à ne pas se perdre dans un labyrinthe de bonnes intentions ?

Histoire : 3/5

Sauf exception, le genre du Dungeon-crawler s’appuie sur des scénarios que l’on peut résumer à des prétextes, sans aucune condescendance. En effet, le gameplay, l’exploration reste la priorité de ces jeux, et Etrian Odyssey 5 : Beyond The Myth ne déroge pas à la règle. L’action se déroule sur les terres d’Arcania, un continent qui abrite l’Yggdrasil, un arbre entouré de légendes divers et variées. Parmi elles, le fait que celui qui arrivera à son sommet pourra formuler un vœu, et le voir s’exaucer. Il s’agit là du seul récit, qui servira de motivation tout du long. La narration se veut minimaliste, pas spécialement mise en avant par la mise en scène. Cependant, il faut souligner que l’histoire a le bon goût de ne pas nous imposer de complications, de passages trop dialogués, ce qui valorise le rythme. Et c’est une bonne chose. Par contre, il est regrettable que le jeu ne soit pas localisé en français.

Gameplay : 4/5

Etrian Odyssey 5 est l’un des Dungeon-crawler les plus passionnants à jouer, tant Atlus régurgite avec classe chacune des mécaniques les plus intéressantes du genre. Tout d’abord, vous allez devoir créer une guilde, dans laquelle votre personnage sera le leader. Vous aurez le choix entre une dizaine de classes, de quoi bien personnaliser votre aventure, et vous fabriquer un groupe équilibré selon votre vision des choses, votre ressenti. Bien entendu, on ne peut que vous conseiller de faire attention à la complémentarité au sein de l’équipe, tant les différentes épreuves sauront mettre à mal vos capacités. Sachez que vous aurez le droit d’expérimenter, car votre guilde pourra accueillir jusqu’à trente personnages, ce qui laisse une très bonne marge de manœuvre.

Une fois les différentes possibilités d’évolutions bien évaluées, il va falloir aller se frotter à ce qui nous intéresse principalement dans Etrian Odyssey 5 : les donjons. Le principe est simple et pas du tout original : l’Yddgrasil possède, en son sein, tout un cheminement, découpé en étage. S’y lancer, c’est découvrir chaque environnement, et ne pensez pas acheter une map à un pauvre PNJ qui vous aura mâché le boulot. Non, il va falloir cartographier, et ce à l’aide de votre stylet. Chaque mur rencontré, chaque porte franchie, chaque piège déjoué : on vous conseille de bien tout notifier, car vous allez passer du temps dans ces dédales, et pas seulement les traverser. Outre l’objectif principal, des quêtes secondaires devront être menées à leur terme, du moins si vous espérez monter en level plus rapidement.

Car il faut en être conscient : Etrian Odyssey 5 est un soft difficile, qui va vous opposer de véritables problématiques, et vous faire voir plus d’une fois son écran de game over. Les combats vous demanderont de l’application, surtout qu’ils mélangent les sensations classiques à d’autres un peu plus novatrices. On fait face à un système en tour par tour, et il faudra tirer le meilleur des spécificités des classes de vos personnages. Jusqu’ici rien d’étonnant, mais l’on note la mécanique de l’union, qui fera appel à plusieurs de vos héros afin de délivrer une action combinée.  Par exemple, lancer une série de sorts de soin. Cela ajoute un peu de piquant aux joutes, au prix d’une jauge complète, donc un choix à ne pas prendre à la légère. On reste dans l’adversité, avec les Foes, des ennemis carrément redoutables, qui hantent les dénivelés de leur présence visible, contrairement aux simples monstres. Il va falloir étudier leurs mouvements, et ne s’engager dans un duel avec eux que si vous vous sentez prêts à résister au défi avancé qu’ils proposent…

Ambiance visuelle et sonore : 4/5

Etrian Odyssey 5 sort en fin de vie de la Nintendo 3DS, alors que les assets de cette dernière n’a plus un seul secret pour Atlus. Dès lors, on n’est pas spécialement étonné du rendu ingame, avec des textures un peu baveuses mais joliment colorées, et des jeux de lumière charmants. À hauteur de cette console, la technique est satisfaisante, et doublée d’une direction artistique très soignée. Le travail de l’illustrateur Yuji Himukai (Shin Megami Tensei : Devil Children) est mémorable, constitue une véritable force pour cet opus.

L’ambiance sonore n’est pas oubliée, elle qui se constitue notamment des musiques de Yuzo Koshiro (Shenmue, Streets Of Rage 2, Secret Of Mana). Le compositeur étant présent depuis le premier opus de la licence, on sent qu’il maîtrise parfaitement son sujet, même si les morceaux ont tendance à accompagner le jeu plutôt qu’à donner de la personnalité. On apprécie tout de même l’atmosphère qui s’en dégage, assez zen par moment. Quant aux bruitages, ils sont d’une assez bonne qualité pour ne pas gêner. Dommage que les voix japonaises n’aient pas fait le voyage, il va falloir se contenter d’un doublage anglais pas catastrophique, mais pas glorieux non plus.

Durée de vie : 5/5

Etrian Odyssey 5 est un jeu pour les acharnés de Dungeon-crawler. Si la quête principale vous demandera un peu moins de cinquante heures, sachez qu’il vous faudra au moins le triple pour pousser le jeu dans ses derniers retranchements. Entre la multitude de quêtes annexes, les grosses sessions de levelling qui vous attend, un New game plus immanquable, le défi des Foes, vous allez en avoir pour un très long moment.

Note finale : 16/20

Etrian Odyssey 5 : Beyond The Myth en impose de par la solidité de sa formule. Si les grands fans hardcores du genre Dungeon-crawler pourront peut-être regretter un petit manque d’originalité, ils ne pourront que s’incliner humblement face à l’aventure proposée. Avec son exploration parfois punitive, souvent apte à nous récompenser, le titre est une ode au genre, qui se joue au chaud, sous la couette, mais pas sans faire attention à sa difficulté assez prononcée. Si votre âme de cartographe est en appétit, alors sachez que vous avez là de quoi la rassasier pendant un long, très long moment : il faudra bien 150 heures pour faire le tour du contenu. En prime, sachez que la version boîte embarque un art book de 24 pages, histoire de profiter pleinement de la très bonne direction artistique signée Yuji Himukai. De quoi craquer prestement, donc.

8/10

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