[Test – PlayStation 4] Dissidia Final Fantasy NT : la baston exigeante

Caractéristiques

    • Playstation 4
    • Arcade
  • Développeur : Team Ninja
  • Editeur : Square Enix
  • Date de sortie : 30 janvier 2018
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Un bon jeu de combat, qui se révèle au fil des parties

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Cloud prend de la hauteur, quoi de plus logique ?

Si, dans l’inconscient collectif, Final Fantasy reste une série purement J-RPG, force est de constater que la licence a su s’accorder quelques respirations. Jeux de rythme, petites expériences sur smartphones, et même un soft de pêche en réalité virtuelle, Square Enix (Nier Automata) est friand de ces sorties de route, et l’on ne peut que les comprendre à la vue de l’engouement suscité. Parmi les belles réussites, Dissidia : Final fantasy, sorti en 2009 sur PSP, figure en bonne position. Jeu de combat en 1 vs 1, ce titre a su convaincre notamment grâce à un aspect action-RPG engageant. Quelques années plus tard, et après une première suite intitulée Dissidia 012, voilà qu’une troisième itération pointe le bout de son épée. Dissidia Final Fantasy NT, sorti en 2015 en borne d’arcade, se voit adapté exclusivement sur PlayStation 4. Et l’on va voir que cette sortie se justifie.

Débutons par les mécaniques qui régissent Dissidia Final Fantasy NT. La plus grande modification, par rapport aux précédents opus, se situe dans le nombre de combattants sur le champ de bataille : on passe de 1 vs 1 à 3 vs 3, tout en ne gardant qu’un seul personnage sous le commandement du gamer. Oui, c’est un peu à la mode en ce moment, mais cela est dû uniquement à l’envie de Square Enix d’ouvrir son jeu au multijoueur, et pourquoi pas vers la scène eSports. Pour le reste, il faut savoir que le développement est signé Team Ninja, que l’on a vu récemment aux commandes de l’excellent Nioh. Un studio très pointu, qui n’hésite pas à verser dans la difficulté et les informations affichées à outrance. C’est une partie de ce que l’on retrouve dans le jeu qui nous intéresse aujourd’hui.

Des mécaniques un peu hermétiques, mais qui favorisent le skill

Dissidia Final Fantasy NT est un jeu qui s’apprivoise, que l’on doit parcourir à fond, sous peine de passer à côté de sa substantifique moelle. Pour ce faire, Team Ninja a pensé à un tutoriel, et grand bien leur en a pris. On vous conseille plus que fortement de vous y plonger longuement, en prenant à cœur de tout bien comprendre, sinon les premières parties ne vous seront que peu passionnantes. Dans cet entraînement nécessaire, vous apprendrez la différence entre les différentes classes : Combattants, Assassin et Tireur. Autant vous prévenir : il vous faudra quelques temps avant d’arrêter votre choix. Car si la force brute du premier est séduisante au départ, la rapidité du second a aussi quelque chose de particulièrement tentante. Le troisième est certainement le plus difficile à apprécier dès le départ, tant il demande une certaine virtuosité dans la gestion des commandes. Surtout, vous vous apercevrez qu’il faut réellement se spécialiser dans ce corps de métier, sous peine de s’inscrire dans l’échec programmé, ce qui n’arrangera pas du tout votre team…

Vous allez devoir en retenir, des manœuvres ! Dissidia Final fantasy NT a le mérite de justifier chacune d’elles, mais on ne peut nier que les débuts sont compliqués, pour les plus novices d’entre nous (comme votre humble serviteur, autant être transparent). La première des règles à retenir est celle qui différencie PV et Bravoure. Chaque personnage se voit doté d’une jauge de vie, et celle-ci ne peut être anéantie qu’avec une bonne grosse attaque PV (touche Carré), qui ne sera possible qu’après avoir accumulé assez de bravoure, grâce à l’offensive du même nom (touche Rond). Un peu obscure lors des deux ou trois premières joutes, cette mécanique prend tout son sens au fil du temps, rajoutant une saveur tactique bien profonde. Et ceci n’est que le commencement : la touche Triangle, associée à une direction (avant ou arrière), est assignée aux Aptitudes Ex, sortes de magies qui permettent de renforcer les coéquipiers, ou d’affaiblir les adversaires. Plus vous gagnerez des niveaux, et plus vous en débloquerez, ce qui imprime un véritable sentiment de progression.

L’écran multiplie les informations utiles, mais s’avère parfois surchargé

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L’affichage est parfois confus, du moins le temps de s’y faire.

Précisons ici que les combats se déroulent en arènes, dans une liberté de mouvement en 3D. Dès lors, vous comprendrez l’importance des sauts, qui peuvent être doublés voire triplés, et de la gestion de la course, limitée par une jauge. Afin de vous concentrer sur un seul adversaire, parmi les trois qui vous font face, il existe un système de sélection de celui-ci. Là encore, la prise en mains peut créer l’étonnement, avant de laisser la place à une logique indéniable. En jouant des gâchettes L2 et R2, le joueur apprendra vite à concentrer ses attaques sur une cible qui lui correspond. Cette manipulation peu naturelle gagnera en subtilité, au fil des parties et du sacro-saint gain de skill. Dissidia Final Fantasy NT est ce genre de jeu qui multiplie les indications logiques. Si vous êtes en capacité de viser, il est normal que l’adversaire le puisse aussi. C’est indiqué à l’écran, via des lignes courbes envahissantes, mais intéressantes pour comprendre les forces en présence. Team Ninja a choisi, sciemment, de placer le joueur dans des conditions visuelles complètes, au risque de paraître parfois brouillonnes.

Qui dit liberté de mouvement, dit animation du terrain. Les batailles sont rythmées par les apparitions de cristaux. Et vous feriez bien de les briser au plus vite, car ceux-ci vous accorderont le droit de lancer les fameuses Invocations, si chères à la licence. En pressant le pavé tactile, vous lancerez ces attaques dévastatrices, qui plongeront les lieux dans un déluge d’effets certes abusés, mais terriblement jouissifs. Shiva, Ifrit, Bahamut, ces monstres titanesques sont aussi l’occasion d’effets, avant et après la supplication. Par exemple, accélérer le régénération de la valeur de base de la Bravoure, ce qui apporte une aide non négligeable. Ou encore briser plus rapidement la garde des adversaires tout en renforçant les attaques, parfait pour un groupe qui frappe fort. Au nombre de sept, ces incantations révèlent, là encore, une profondeur tactique indéniable, qui favorise la maitrise et non les simples atomes crochus à tendance fan service.

Un mode solo étrangement organisé, mais finalement engageant

Pourtant, il est clair que Dissidia Final Fantasy NT s’adresse aussi à celles et ceux qui aiment la licence. Le mode Histoire, s’il est plutôt maladroit dans sa construction, plaira au public conquis par les la série signée Square Enix. La clé du jeu se trouve dans le grind, le levelling : il va falloir combattre, en ligne ou hors ligne, pour développer les personnages, débloquer différents bonus dans la boutique (objets, icônes et musiques)… et faire évoluer le scénario. Celui-ci reste assez flou, faisant la part belle aux clins d’œils vers les anciens Dissidia, tout en jonglant avec les références aux jeux canoniques de la licence. Le tout reste tout de même assez sympathique, du moins si l’on rentre dans le trip. Le fonctionnement de ce mode est des plus étranges, mais là aussi il peut s’avérer agréable au final. Combattre en online ou en solo fait gagner des mémoriæ. Celles-ci devront être utilisées pour déverrouiller des sections du récit, au sein d’un grand sphérier à embranchements. La plupart du temps, il s’agit de cinématiques, mais parfois on aura droit à des combats, voire même des boss. Ces derniers vous donneront bien du fil à retordre, voire beaucoup trop, tant leur résistance pose problème.

Une partie Histoire pas aussi oubliable qu’on pouvait le craindre, tandis que les modes de combat sont, eux, satisfaisants. En solo, vous devez enchainer un certain nombre de joutes, tout en gérant le niveau de difficulté. Si, au départ, on se contente du niveau Bronze, il va vite falloir voir au-dessus, afin d’évoluer plus vite. L’Or apporte déjà un peu plus de gains, mais pareil : ce ne sera pas suffisant si vous ne voulez pas perdre énormément de temps en grindant. Seulement, vous vous rendrez vite compte qu’au-delà de ce niveau, Dissidia Final Fantasy NT devient une expérience à la limite de l’humain. C’est sans aucun doute la faiblesse de la partie en solitaire : elle est tellement retors qu’elle pourra décourager à court terme, et finira par se résumer à un faire-valoir du multijoueur. Dommage, car les combats restent prenants, même sans amis dans la partie.

La flamme tactique redouble dans un mode online palpitant

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Les invocations sont toujours aussi impressionnantes !

Dissidia Final Fantasy NT redouble d’intensité en ligne. C’est dans ces conditions que l’aspect tactique prend le plus de relief, car ici il est hors de question de la jouer solo, du moins si vous avez envie de survivre plus que quelques secondes. L’équilibre de votre team devient primordial, surtout que ce n’est pas le cas de tous les groupes que vous croiserez en ce moment. Attention à ne pas vous lancer avec trois personnages de la même classe, car cela brisera l’élan de bien des rounds. La communication se fait importante, et les tâches se doivent d’être remplies avec application. L’assistance est synonyme de succès, il ne faut surtout pas laisser le Tireur esseulé, sinon c’est la défaite assurée. C’est aussi ici que le joueur se rend compte s’il connaît réellement son avatar préféré. Votre sens du timing va être mis à contribution, et hors de question de sous-utiliser les Aptitudes EX, sous peine de pénaliser votre équipe. Alors oui, tout cela instaure une vraie pression, mais rassurez-vous : on passe tous par un apprentissage difficile. Seule vraie ombre au tableau, le matchmaking peut parfois mettre un peu de temps à se décider, alors même que le jeu est bien peuplé. Aussi, on vous conseille de jouer avec Internet en filaire, et non en wifi, sous peine de provoquer un petit lag de temps en temps.

Comment terminer ce test autrement qu’en abordant la technique et les musiques ? On vous le signifiait plus haut : Team Ninja n’est pas avare en effets pyrotechniques. Cela créé parfois des conditions de jeu alambiquées, et l’écran se charge trop pour ne pas toucher directement la lisibilité du joueur. On pensera surtout aux Invocations qui, lorsqu’elles sont couplées avec des Aptitudes Ex, des lignes de visées, et l’affichage des différentes informations à l’écran, provoquent un joyeux bazar. Aussi, la caméra pourra parfois devenir un peu névrosée, surtout quand la cible s’envole. Cela reste rare, mais a parfois des conséquences directes sur la partie. Au-delà de ces retenues, Dissidia Final Fantasy NT est une belle prouesse technique : le framerate reste constamment à 60 fps, ce qui n’est pas une mince affaire. Aussi, les fans de la licence seront aux anges : les modèles 3D des 28 personnages sont parfaits en tous points, les arènes (au nombre de 14) rappelleront bien des événements, et les animations s’avèrent très soignées. Le tout baignant dans des compositions signées par trois artistes : Takeharu Ishimoto (The World Ends With You), Keiji Kawamori (Kingdom Hearts HD 1.5 + 2.5 ReMIX), Tsuyoshi Sekito (The Last Remnant). Des morceaux qui proviennent de tous les Final Fantasy, réarrangés ou en version originale. De quoi réchauffer le cœur des amateurs de la série, indubitablement.

Note : 15/20

Dissidia Final Fantasy NT n’est pas exempt de tout reproche, surtout dans ses premières heures de jeu, abruptes voire hermétiques. On se trouve là face à un titre qui se révèle sur le moyen voire long terme, tant il propose un gameplay qui se bonifie au fil de l’évolution du skill du joueur. La durée de vie, elle, se fait assez phénoménale. Si vous voulez tout débloquer, tout voir du mode Histoire, maitriser chacun des 28 personnages (qui ont chacun leurs spécificités), mais aussi atteindre un bon niveau online, il va falloir dépasser amplement la centaine d’heures ! Un investissement à hauteur du potentiel caché de ce titre, qui ne doit surtout pas être jugé sur les premières parties, sous peine de passer à côté d’un résultat exigeant, parfois brouillon, mais finalement assez passionnant pour mériter qu’on s’y attarde sur la longueur.

7/10

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