[Critique] Outlander Saison 3 : la saison de la maturité

Caractéristiques

  • Créé par : Ronald D. Moore
  • Avec : Caitriona Balfe, Sam Heughan, Tobias Menzies, Duncan Lacroix, Sophie Skelton, Richard Rankin et Laura Donnelly
  • Saison : 3
  • Année(s) de diffusion : 2017
  • Chaîne originale : Starz
  • Diffusion françaisee : Netflix

Du changement au programme

Adaptation du troisième tome de la saga de Diana Gabaldon (aussi consultante sur la série), Le Voyage, cette troisième saison, de treize épisodes, d’Outlander est celle du changement. La seconde se terminait sur un bond dans le temps de vingt ans pour Claire, l’époque évoluant de 1948 à 1968. Sacrée ellipse. Avec sa fille Brianna, le personnage retournait en Écosse pour, au final, découvrir que Jamie n’est pas mort lors de la bataille de Culloden.

Cette troisième saison d’Outlander s’articule en trois parties. La première nous expose les vingt ans qui se sont écoulés, et ce qui est arrivé à nos deux protagonistes. La seconde s’attache  à décrire leurs retrouvailles et les difficultés, engendrées par le temps qui est passé. Et enfin, la troisième partie : le voyage. Comme on pouvait s’y attendre, le couple formé par Claire et Jamie se retrouvera, mais ce n’est pas ici le plus intéressant. Le premier segment est très certainement le plus captivant. Le tandem phare de la série est séparé, et l’on découvre la vie qu’ils ont vécu durant vingt années, éloigné l’un de l’autre. Deux expériences différentes à deux époques différentes. Cela permet de donner de la consistance à Claire et Jamie, en tant que personnages autrement qu’un « simple » couple. Une bonne idée, qui renforce notre attachement aux protagonistes, mais surtout qui permet d’observer une certaine évolution. Cette partie est, aussi, celle qui regorge le plus de moments d’émotion. Les retrouvailles attendues se font alors attendre, mais ce n’est pas sans déplaisir, car quand elles interviennent ils doivent affronter les affres du temps. Chacun doit accepter ce que l’autre a vécu, et ce n’est pas une partie de plaisir. Enfin, de nouvelles aventures se profilent avec le voyage. Pas la partie la plus prenante de cette saison, mais elle nous permet de voir d’autres paysages, et de propulser Claire et Jamie dans de nouvelles aventures.

Plus soignée dans sa réalisation

image caitriona balfe outlander sam heughan

Cette troisième saison d’Outlander est celle aussi de la fin du premier gros arc narratif de la série. Elle clôt la plupart des grosses storylines développées depuis les débuts du show, et voit la disparition, plus ou moins violente, de plusieurs personnages. Une évidence car la série part dans de nouvelles directions, qui seront intéressantes à suivre. On sent aussi que le programme a grandi. Il a gagné en maturité, et pas qu’au niveau des protagonistes. La narration s’avère beaucoup plus fluide, et l’on décèle moins de longueurs que dans les précédentes saisons. Elle gagne aussi en qualité de réalisation. Si l’on pouvait déjà louer la précision de la reconstitution d’époque pour les saison 1 et 2, dans cette troisième on sent que cela va encore plus loin, et c’est certainement grâce à une augmentation du budget. On peut y découvrir de superbes châteaux écossais, une reconstitution d’Édimbourg ou encore le Boston des années 1940 à 1960. Seul petit bémol : le passage en Jamaïque. Un peu comme pour la France dans la seconde saison, on sent que ce n’est pas très authentique. Dommage. La production, pour cette partie, est allée en Afrique du Sud pour profiter des décors de la série Black Sails. Par contre, les costumes sont toujours aussi magnifiques et soignés. Enfin les effets spéciaux sont de bonnes factures comme, par exemple, ceux du voyage en mer.

Pour qu’Outlander fonctionne, il faut que les acteurs soient à la hauteur. Il n’est plus à prouver que l’alchimie entre Caitriona Balfe et Sam Heughan marche à l’écran. Les deux acteurs offrent de nouvelles performances d’une belle justesse. Le fait de les avoir séparé leur donne de nouvelles possibilités de jeu pas inintéressantes. Tobias Menzies offre un beau baroud d’honneur à Black Jack et Frank Randall. On est encore un peu circonspect sur le choix de Sophie Skelton dans le rôle de Brianna. Celle-ci ayant tendance à surjouer par moment mais sa performance s’affine au fur et à mesure. La musique de Bear McCreary (Battlestar Galactica, The Walking Dead) est toujours des plus sublimes. Le compositeur a de nouvelles possibilités sonores à explorer, et ce n’est pas plus mal. Enfin, la réalisation, en général, s’avère beaucoup plus soignée, là aussi surement grâce à une hausse du budget. On a le droit à de superbes plans, surtout à l’extérieur et à l’intérieur des châteaux écossais. Cette troisième saison d’Outlander est la plus ambitieuse en terme d’échelle mais aussi de narration et c’est un pari gagné. Ronald D. Moore (Star Trek: La Nouvelle Génération, Battlestar Galactica) et son équipe nous offrent la saison la plus accomplie. Elle boucle parfaitement le premier gros arc narratif de la série, tout en donnant les premiers indices de ce qu’elle deviendra dans le futur.

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8/10

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