[Critique] L’arme Absolue : navet léger pour fans déviants

Caractéristiques

  • Titre original : Black Eagle
  • Réalisateur(s) : Eric Karson
  • Avec : Jean-Claude Van Damme, Sho Kosugi, Doran Clark, Bruce French
  • Distributeur : Metropolitan Filmexport
  • Genre : Action
  • Nationalité : USA
  • Durée : 93 minutes
  • Date de sortie : 28 décembre 1988

Un film d’action oublié, et oubliable

image film l'arme absolue
JVCD en mode patibulaire, dans un film sans grand intérêt.

Si vous êtes dans une phase d’approfondissement de la carrière de Jean-Claude Van Damme, quelques films vous paraîtront plus obscurs que d’autres. Parmi ceux-ci, L’Arme Absolue, aussi connu sous son titre américain Black Eagle, est intriguant. Sorti juste après le fantastique Bloodsport, mais sans doute entré en production un peu avant, l’œuvre ne propulse pas JVCD au rang de personnage principal. Au contraire, on le retrouve dans le rôle du vilain très costaud, comme dans Le Tigre Rouge. On sentait bien que le long métrage n’était pas du genre important dans la carrière du belge, et c’est effectivement le cas.

L’Arme Absolue prend racine sur l’île de Malte, au large de laquelle un avion de guerre américain, embarquant une technologie secrète, s’est crashé. La CIA est évidemment paniquée, et se doit de récupérer l’engin, avant que les russes ne s’en chargent. Pour ce faire, le service secret envoie son agent le plus qualifié pour la mission : Ken Tami. Pour s’assurer de sa motivation, la CIA fait venir, sur l’île infestée d’espions, les deux enfants de l’agent. Voilà pour le pitch, qui va vite s’avérer un peu trop tarabiscoté pour ce que le film nous raconte. Les personnages ne facilitent pas la chose, surtout côté russe, en ne réussissant pas à véritablement se caractériser au-delà des clichés du mauvais film d’espionnage.

Une mise en scène plate au possible

Pourtant, L’Arme Absolue n’est pas tout à fait un très mauvais film d’action. On a de la course poursuite, un peu se suspens et de la baston. C’est, d’ailleurs, cette dernière qui est mise en avant. Et comme faire autrement quand les deux têtes d’affiche sont Sho Kosugi et Jean-Claude Van Damme ? C’est le premier qui se paie la part du lion, mais aussi le poste de chorégraphe des combats. On remarque que le japonais utilise très bien les qualités martiales plutôt limitées du besogneux JVCD, en mettant l’accent sur le spectaculaire, plus que sur l’efficace. Le belge qui, ici, incarne un russe peu bavard mais un peu dragueur à ses heures perdues, nous gâte de ses grands écarts dont il a le secret. Et, intelligemment, le réalisateur Eric Karson (La Fureur du Juste, Angel Town), construit un crescendo grâce aux duels entre ses deux stars. Si le premier est plongé dans l’obscurité, et rapide, ce ne sera plus le cas pour le suivant, et le dernier est accompagné d’un petit pic de tension.

L’Arme Absolue n’a pas grand chose à proposer, au-delà de ses deux combattants. C’est surtout la mise en scène, d’une platitude absolue en-dehors des bastons, qui nous pose le plus de problème. On s’ennuie parfois ferme, sans aucun espoir que la situation évolue, à ce niveau purement formel. La photo, aussi, rappelle certaines bobines honteuses de Godfrey Ho. Aucune idée forte, et clairement un budget rikiki ne poussant pas le réalisateur à dépasser cet handicap. Les amateurs de ce genre de navet, pas totalement désagréable mais tout de même parfois atterrant, pourront se régaler d’un doublage français typique de cette époque, avec un accent asiatique carrément improbable. Voire des prestations d’acteurs secondaires navrantes mais rigolotes. S’en contenter sera la seule façon de ne pas s’ennuyer ferme, en-dehors des séquences à tatanes…

3/10

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