[Critique] Le Tigre Rouge : Van Damme s’échauffe dans un pur nanar

Caractéristiques

  • Titre original : Karaté Tiger ou No Retreat, No Surrender
  • Réalisateur(s) : Corey Yuen
  • Avec : Kurt McKinney, Kim Tai Chung, Jean-Claude Van Damme, Kathie Sileno, Kent Lipham, Ron Pohnel
  • Distributeur : New World Pictures
  • Genre : Action
  • Nationalité : USA
  • Durée : 85 minutes
  • Date de sortie : 2 mai 1986

Quand il faut se lancer…

image van damme le tigre rouge
Le grand écart originel.

Jean-Claude Van Damme aura dû souquer ferme, pour véritablement lancer sa carrière. Après de la figuration dans Rue Barbare, de la cascade pour Portés Disparus, et même quelques minutes de rôle sous le costume du Predator, JVCD se voit confier un personnage un chouïa plus consistant. Et pas chez n’importe qui ! Car Le Tigre Rouge est tout de même réalisé par Corey Yuen, que vous connaissez peut-être pour ses collaborations avec Jet Li (La Légende de Fong Sai-Yuk). Le metteur en scène, issu de l’Académie d’étude du théâtre chinois, a aussi été en cours avec Jackie Chan et Sammo Hung, deux légendes du cinéma d’arts martiaux. Bref, une pointure du combat made in Hong Kong, mais beaucoup moins à l’aise derrière la caméra.

On ne va pas faire durer le suspens, déjà bien éventé par le titre de la critique. Le Tigre Rouge est un véritable nanar pur jus, de ceux qui parviennent à vous faire rire, en dépit de l’action décrite à l’écran. Du moins en dehors des combats. L’histoire est à la fois simple, et partiellement non aboutie. On s’intéresse à Jason, le fils d’un maître de dojo, à Los Angeles. Un personnage joué par le tout jeune Kurt McKinney, lequel n’est pas n’importe qui : un vrai champion du monde de Taekwendo. Un soir, après un cours, ce dernier reçoit la visite de mafieux, accompagnés de deux brutes, dont un certain Ivan Le Rouge. Oui, incarné par notre Van Damme presque national. Mais ici, tout comme dans L’Arme Absolue, le belge n’est pas là pour faire le gentil. Sur ordre de son patron, il brise le genou du père de Jason, dans le but de récupérer le dojo. La petite famille s’enfuit, direction Seatlle. Mais les ennuis suivent…

Entre Bruceploitation éhontée et scénario douteux

Alors, pourquoi un nanar ? Tout d’abord, Le Tigre Rouge, en version française, est un véritable bonheur pour bisseux déviants. La palme revient à… Jean-Claude Van Damme, et ses rares répliques, qui font intervenir un doubleur très zélé sur l’accent russe. Du pur génie. On aura aussi quelques séquences uniquement présentes afin de combler les creux d’un récit totalement à la dérive. La mafia disparaît, avant de réapparaître comme par magie pour un final musclé. Entre les deux, on verse dans le film d’entrainement, un peu à la Kickboxer (mais sans une once de ses qualités, entendons-nous bien), en suivant un Jason revanchard, ressentiment dirigé contre des méchants judokas qui lui ont foutu la honte devant la fille qu’il aime. À partir de cet instant précis, c’est parti pour ce qu’on peut classer dans la catégorie Bruceploitation, ces œuvres qui exploitaient le succès de Bruce Lee, en engageant des sosies plus ou moins honteux. Ici, c’est l’histoire qui fonce dans ce sens : Jason veut prendre exemple sur son idole. Alors, il se construit un dojo, loin de son père, qui rejette toute violence. Et là, devinez quoi ? Le grand Bruce sort d’un portail magique, afin de filer quelques conseils à l’adolescent en crise. Il faut voir le pauvre Kim Tai Chung, connu pour avoir terminé Le Jeu de La Mort après le décès du grand Bruce, singer les attitudes de ce dernier. Fou rire garanti.

Bon, vous suivez ? Bien évidemment, cette apparition, aussi peu crédible que l’espoir de voir un bon film Marvel un de ces quatre matins, est une sorte de demi clou du spectacle. Si l’on n’avait pas l’espoir du retour, à l’écran, de Jean-Claude Van Damme, on aurait pu arrêter là toute envie de produire un article. Après de nouvelles aventures sans grand intérêt, comme une baston avec un poivrot, histoire de redonner au père de Jason le goût de la grosse salade de phalanges, il est enfin temps de revenir sur le ring. Sans aucune logique du récit, la mafia repointe le bout de son nez, en véritable deus ex machina éhonté. Soit, si c’est pour qu’on s’amuse un peu, pourquoi pas. Un combat est organisé, aux règles incompréhensibles. De toutes façons on s’en fiche, les gangsters reprennent la main et lancent le tout jeune Van Damme dans la bataille. Et vous savez quoi ? Eh bien, c’est pas si mal que ça. Les qualités martiales du belge ne sont pas des plus incroyables, mais on sent que Corey Yuen a cherché à chorégraphier tout ça. Quelques coups portent vraiment, pas certain que ce fut apprécié par les acteurs. Mais on apprécie la performance, rythmée et pêchue. Pas de quoi voir, dans ce film, autre chose qu’un nanar, mais tout de même, on peut le conseiller aux jusqu’au-boutistes de JVCD, voire aux amateurs de pâles copies de Karaté Kid. Mais si, ils existent !

2/10

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