[Test] Train Sim World : un train de retard ?

Caractéristiques

    • PlayStation 4
    • Ordinateur/PC
    • Xbox One
  • Développeur : Dovetail Games
  • Editeur : Dovetail Games
  • Date de sortie : 24 juillet 2017
  • Acheter : Cliquez ici

L’appel du rail

image train sim world
Les locomotives sont bien modélisées, contrairement aux environnements.

Au-delà de ce qu’une parie des joueurs peut penser de la licence Farming Simulator, il est désormais acquis qu’il existe une place au soleil pour les simulations que l’on qualifiera de professionnelles. Ce réalisme de situation n’est plus seulement utilisé pour accompagner des sports, tels le football, le basket ou la Formule 1. Il est aussi au centre des attentions de celles et ceux qui veulent se mettre dans la peau d’un conducteur de poids lourds, d’avions… ou de trains. Dovetail Games, éditeur britannique, est une entité qui a su sentir ce fait, en proposant, depuis des années, la série des RailWorks. Aujourd’hui, celle-ci a laissé sa lace à une véritable relance : Train Sim World, laquelle débarque sur PlayStation 4. En temps et en heure par rapport à la date de sortie indiquée, ce qui devrait donner un coup de fouet à la SNCF.

On ne va pas faire durer le suspens plus que de raison : Train Sim World se destine avant tout aux fondus de locomotives. Dovetail Games livre là une véritable simulation, ne pensez pas vous contenter d’appuyer sur R2 pour faire avancer le monstre du rail ! D’ailleurs, c’est quelque chose qui peut surprendre dans les premières heures, voire carrément décontenancer : le soft est assez abrupt dans sa prise en mains, et ce malgré un tutoriel plus qu’utile, mais finalement peu éclairant. La plupart des petites subtilités, vous les capterez à force de vous tromper ou, dans le meilleur des cas, par le plus agréable des hasards. Afin de ne pas faire fuir les cheminots en culotte courte, le jeu vous propose une partition : plusieurs scénarios sont à parcourir. C’est utile dans l’esprit, mais le manque de diversité vient assez vite contrer ce ressenti.

Ce n’est pas pour autant que Train Sim World propose des histoires à proprement parler. Pas de suspens à la Speed, on s’en serait douté. On parlera plus de mises en condition qui diffèrent, et de ce côté c’est une petite réussite. La difficulté progresse plus ou moins, et c’est surtout l’occasion de découvrir le contenu du jeu. Sur ce point, par contre, la déception pointe le bout de sa casquette. Il est dommage que le titre ne propose que trois pays : l’Angleterre, l’Allemagne et les États-Unis. On aurait tellement apprécié parcourir le réseau français, ou japonais… Il faudra se contenter de ce trio, surtout qu’il a tendance à se répéter, côté direction artistique, comme nous le verrons plus bas dans ce test. Aussi, cela manque clairement de locomotives, voire de choses à débloquer. Dommage, surtout qu’il existe un système d’XP, mais cantonné à un rôle superficiel. Des activités limitées donc, tout comme l’est le quotidien d’un cheminot, entre deux stations.

Pas assez gamer-friendly

image jeu train sim world
Attention à bien comprendre la méthodologie des démarrages.

Train Sim World va vous faire embarquer dans la peau d’une personne aux responsabilités gigantesques. Le gameplay met en avant ce principe, et rien ne vous sera épargné. Depuis le démarrage du train, qui vous demande de suivre une méthodologie très précise, jusqu’à l’arrêt en gare, c’est à vous de faire le nécessaire pour que le trajet se déroule au mieux. Et c’est là, justement, que le bât blesse réellement. S’il est évident que cette simulation recréée avec soin le stress d’un parcours dans les temps, le voyage, lui, n’est que peu intéressant. Pour être plus clair : si la distance qui sépare deux gares doit être effectuée en quinze minutes, le joueur va devoir rester autant de temps devant son écran, à ne gérer que les passages réglementés. Le réalisme est poussé jusque là, ce qui contentera sans doute les fondus du métier, mais largement moins les novices.

Train Sim World est fondamentalement pensé pour les passionnés. On peut même écrire qu’il s’agit d’un jeu de niche, destiné à un public très précis, lequel pourra sans doute y trouver son compte. C’est pour celui-ci que Dovetail Games a poussé le concept jusque dans quelques détails intéressants. Par exemple, la physique des trains, qui diffère entre chacun des trois proposés, se ressent particulièrement lors des démarrages, ou des passages en pente. On voit pointer pas mal d’idées intéressantes, mais celles-ci sont encore à creuser, pour une prochaine itération. Surtout, si l’éditeur s’y attèle, il faudra que le studio de développement se fasse plus précis dans les manœuvres à effectuer. Proposer, pourquoi pas, une sorte de carnet de route, afin que le joueur s’en sorte un peu mieux avec les signalisation. Un exemple d’améliorations salvatrices parmi tant d’autres. En l’état, le soft est très sec, et c’est bien dommage. C’est particulièrement vrai pour les missions de fret, plus mouvementées que les autres, mais dont la difficulté est due à un manque criant d’indications.

La volonté de coller à la réalité atteint aussi l’environnement des cheminots. Train Sim World soigne les cabines de ses stars des rails, mais aussi l’intérieur des rames et leurs modèles 3D. À ce niveau, on est clairement satisfait. Par contre, il suffit de passer en caméra extérieur pour s’apercevoir que ce soin n’a pas été prolongé jusque dans les environnements. Ceux-ci laissent à désirer, et la vitesse ne peut pas maquiller ces textures très limitées. Étant donné que notre avatar va devoir se coltiner des instants de vide, ou tout du moins de très grande tranquillité, on aurait apprécié plus de détails dans le paysage, histoire de faire passer le temps. Par contre, l’ambiance sonore est plus travaillée qu’espérée, avec un bon niveau de détails.

Note : 10/20

Train Sim World tombe dans le piège de la simulation un peu trop de pointe. Dovetail Games aurait sans doute gagné à penser son jeu de manière plus gamer-friendly, notamment en mettant à disposition des informations plus précises, concernant certaines manœuvres. Aussi, le contenu n’est que peu satisfaisant, avec seulement trois locomotives et trois pays à parcourir. Si, comme Nathalie Kosciusko-Morizet, on a tout de même vécu un ou deux moments de grâce, notamment lors des missions de fret, on déplore tout de même un emballage pas assez soigné. Trop d’attentes, pas assez beau, le jeu pourra finir par vous tomber des mains, du moins si vous n’êtes pas, à la base, passionnés par les métiers du rail. Par contre, il est fort à parier que ceux-ci trouveront un peu plus leur compte, jusque dans le stress d’un horaire bien tenu. C’est déjà ça.

5/10

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