article coup de coeur

[Test] Labyrinth of Refrain Coven Dusk : un très bon D-RPG

Caractéristiques

    • PlayStation 4
    • Nintendo Switch
  • Développeur : Nippon Ichi Software
  • Editeur : NIS America
  • Date de sortie : 21 septembre 2018
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Nippon Ichi en pleine forme

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NIS America soigne la sortie du titre avec des sous-titres français.

Ah, le Donjon-RPG, aussi appelé Dungeon-Crawler, voilà un genre que nous apprécions, chez Culturellement Vôtre. Ses origines remontent à très longtemps, à l’époque où les smartphones n’existaient pas. Oui, quand on jouait à Dungeon Master, en 1987, les selfies n’étaient pas à la mode. Bref, il s’agit clairement d’un style de jeu aux codes bien établis. Vue subjective, déplacement en case par case, combats au tour par tour, et une troupe de personnages à gérer. Ce sont ces piliers que l’on retrouve dans le très attendu Labyrinth of Refrain : Coven Dusk, une nouvelle licence de Nippon Ichi, le studio créateur de l’énorme saga Disgaea. La réussite est-elle encore au rendez-vous ? Nous allons voir que oui !

Tout d’abord, sachez que Labyrinth of Refrain : Coven Dusk est sorti, au Japon, en juin 2016. Il s’agissait, alors, d’un soft destiné à la PlayStation Vita. Deux ans de décalage pour la sortie occidentale, mais sachez que le titre s’en trouve tout chouchouté. Outre que son potentiel fun s’exprime pleinement sur PlayStation 4 et Nintendo Switch, c’est un autre élément qui rend cette sortie si événementielle : l’éditeur NIS America a permis la localisation des sous-titres en français. Une véritable aubaine, tant le jeu déploie un récit parfois verbeux, mais dans le bon sens. Le joueur plonge dans un univers très typique des travaux de Nippon Ichi, et nous suivons les aventures de la sorcière Dronya, accompagnée de son apprentie Luca. Ensemble, ils apprivoisent le Tractatus De Monstrum, un volume qui témoigne des connaissances humaines quant au labyrinthe qui s’étend sous la ville de Refrain. Un livre dont vous êtes le héros, puisque le joueur l’incarne, en fin de compte.

Un Dungeon-RPG pas aussi classique qu’il n’y paraît

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Les combats peuvent être âpres.

Pour être plus précis, Labyrinth of Refrain : Coven Dusk vous propulse dans la peau de l’instrument de Dronya. La sorcière est motivée par la découverte d’un secret bien mystérieux, ce qui la pousse à rester assez vague sur son identité. Cela lui laisse, à elle et son apprentie, toute possibilité de parcourir le fameux labyrinthe. Dans celui-ci, le Tractatus De Monstrum contrôlera des avatars, sous forme de pantins de bois qui se matérialisent en vrais guerriers. La création de ceux-ci vous revient : classe, nom, sexe, apparence, vous décidez à votre convenance, même si l’on vous conseille de débuter par un trio pouvant supporter la position en première ligne. Vous allez vite vous rendre compte que la gestion des serviteurs embarque un esprit tactique assez poussé, et très amusant à maitriser.

Labyrinth of Refrain : Coven Dusk ne se contente pas d’énumérer les codes du Dungeon-RPG, il rajoute quelques mécaniques très fines, afin d’imprimer une véritable personnalité au titre. Les serviteurs pourront être des mages, des guerriers, des archers, et d’autres classes, mais il faudra surtout les inscrire au sein d’une cabale. Pour faire simple, il s’agit d’une système de jobs : vous choisissez une voie, et elle débloque des capacités. Seulement, la mécanique va plus loin. Une cabale peut embarquer un ou plusieurs serviteurs, ce qui ajoute une profondeur tactique saisissante car il faut penser les associations, dans le but d’obtenir de meilleurs effets. À haut niveau, ce ne sont plus cinq pantins qui forment le groupe, mais une petite armée qui vous accompagnera dans les dédales. Cela construit une impression d’évolution bien puissante.

Pariez sur votre potentiel

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Vous serez heureux de rencontrer ces antichambres…

Et des dédales, vous allez en traverser dans Labyrinth of Refrain : Coven Dusk. On y retrouve les grands classiques du genre : la représentation des ennemis sous forme de symboles affichés (ou non, cela dépend des cas) sur la carte, la découverte de cette dernière au fur et à mesure de l’exploration, des détails (porte, trésor, piège) qui s’inscrivent automatiquement. Là aussi, Nippon Ichi rajoute quelques éléments aptes à épicer la recette. Le plus intéressant est sûrement celui qui vous donne la possibilité de casser les murs. Enfin, quand ceux-ci ne forment pas la limite du niveau. C’est une idée qui ajoute de la profondeur, en poussant le joueur à être attentif au level design. Une belle réussite, surtout pour qui n’apprécie pas spécialement les phases de recherche de passages secrets.

Dans ces niveaux, les combats ne seront pas rares. Là encore, Labyrinth of Refrain : Coven Dusk propose autant de classicisme que d’originalité. On fait face à un tour par tour très solide, avec des attaques, de la défense, et de la magie. On pourra aussi avoir accès d’autres options, contre un point de renforcement. Les monstres offrent une adversité plus ou moins marquée, certains seront plus sensibles aux armes contondantes par exemple, alors à vous de bien équilibrer votre groupe. Quand le joueur bat l’adversaire, il engrange des points d’expérience, et de Mana (qui sert à débloquer des capacités bien utiles, comme la sortie express du labyrinthe). L’XP fait l’objet d’un soin particulier, puisque vous êtes en possibilité de la parier. Contre un point de renforcement, cette récompense rejoint la réserve, en gagnant en taux. Au prochain combat, vous pourrez débloquer ce capital, ou continuer de parier en ajoutant le fruit de votre labeur. Au bout de quelques paris, le taux multiplie presque par trois la mise, ce n’est pas rien ! Un système incroyablement prenant, car le jeu n’est pas du genre à éliminer le danger. Oui, c’est tentant de parier, mais si l’on tombe sur un ennemi trop balèze, tout est perdu. Et, croyez nous, cela peut créer quelques réactions rageuses.

Des dédales comme s’il en pleuvait

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Labyrinth of Refrain : Coven Dusk provient de la Vita, et parfois ça se voit!

Qui dit sorcière dit chaudron, cela va de soi. Et qui dit chaudron, dit ingrédients à plonger dedans. En l’occurrence, ce seront des armes qui pourront servir de moyen d’évolution pour celles que vous portez. Donc ne les vendez surtout pas au magasin, gardez cette possibilité pour les objets, car le prix de rachat ne vole pas bien haut. Ces différentes possibilités sont disponible dans la carriole de Dronya. C’est ici aussi qu’on rend compte de l’avancée de l’histoire. C’est aussi ici qu’on trouve un point négatif, avec la redondance des objectifs proposés par Labyrinth of Refrain : Coven Dusk. Si ceux-ci tirent profit d’un univers visuel qui sait se renouveler, on se voit trop souvent intimer l’ordre de se rendre vers un lieu précis, afin de récolter un objet important, avant de le ramener à la base. Cela manque un peu de diversité, et c’est dommage.

Comme nous le précisions en ouverture, Labyrinth of Refrain : Coven Dusk est un jeu PlayStation Vita, à la base. Le portage se fait relativement bien : l’image est plus fine que ce qu’on pouvait craindre. Par contre, les textures ne sont pas à la hauteur de ce qu’une PlayStation 4 peut afficher, en moyenne. Dès lors, on se demande si le support idéal n’est pas la Nintendo Switch. Au-delà de cette considération, Nippon Ichi a la bonne idée de renouveler ses décors. Certes, on traverse des environnements très vus et revus, pour ce genre de jeu, mais les développeurs ont toujours une idée afin de briser la monotonie. On est aussi très satisfait du design des personnages, signé Takehito Harada, un habitué de la licence Disgaea. C’est aussi le cas pour Tenpei Sato, le compositeur. On adore son travail depuis un moment (La Pucelle : Tactics était un bonheur auditif), et le jeu ici abordé prolonge ce sentiment. Ses thèmes accompagnent bien les protagonistes, les situations, et les différents niveaux.

Note : 16/20

Les créateur de Disgaea sont en grande forme, et le joueur ne peut que s’en satisfaire. Si vous appréciez le genre Dungeon-RPG, alors Labyrinth of Refrain : Coven Dusk est un passage obligé en cette fin d’année décidément très chargée. Si l’on regrette un manque de saveur du côté des objectifs de mission, on est tombé amoureux de la profondeur du gameplay, bien plus tactique qu’il n’y paraît. Si vous y accrochez, c’est une bonne centaine d’heures de jeu qu’il vous faudra, afin de voir la fin. Rajoutez en quelques dizaines si vous êtes du genre à pousser les personnages au bout de leur potentiel. Nippon Ichi n’a pas fait les choses à moitié, surtout que le soft est entièrement sous-titré en français. Un sortie importante, assurément.

8/10

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