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[Critique] First Man – Le premier homme sur la lune : Biopic Spatial

Caractéristiques

  • Titre original : First Man
  • Réalisateur(s) : Damien Chazelle
  • Avec : Ryan Gosling, Claire Foy, Corey Stoll, Kyle Chandler, Jason Clarke, Shea Wigham, Ciaran Hinds, Lukas Haas....
  • Distributeur : Universal Pictures France
  • Genre : Drame, Biopic
  • Nationalité : Américain
  • Durée : 142 minutes
  • Date de sortie : 17 Octobre 2018

Un biopic réussi

Un peu moins de deux ans après la sortie de La La Land, Damien Chazelle revient avec un nouveau long-métrage. Cette fois-ci, il s’affaire à réaliser un biopic sur Neil Armstrong, le premier homme à avoir mis le pied sur la Lune. Tiré de la biographie officielle First Man: The Life of Neil A. Armstrong de James R. HansenFirst Man – le premier homme sur la lune raconte donc l’histoire de l’astronaute sur 9 années. De sa période en tant que pilote d’essai à la mission Apollo 11, mais aussi sa vie personnelle et ses motivations. Une réussite ?

Force est de reconnaître que lorsqu’on prononce le nom de Neil Armstrong, en dehors du premier pas sur la lune, le grand public ne connaît pas forcément grand chose de sa vie. Du coup, que ce biopic s’intéresse précisément à cela est aussi excitant qu’émouvant. Outre le fait qu’on le suive aussi bien durant sa période en tant que pilote d’essai, qu’en tant qu’astronaute lors de Gemini 8 et Apollo 11, on découvre également sa vie personnelle. Marié à Janet, Neil a eu 3 enfants. 2 garçons et une fille, Karen. Celle-ci est décédée d’un cancer à 4 ans. L’impact qu’a eu cette perte est le moteur du personnage. Il est en deuil et pour surmonter cette épreuve, il va se plonger dans le travail. Le problème, c’est qu’il choisit l’un des métier les plus dangereux pour son époque, le taux de mortalité des pilotes d’essai étant alors très haut. Néanmoins, le défi technologique posé ne pouvait que plaire à cet ingénieur.

Quand on sait par ailleurs qu’il était très proche d’Ed White, l’un des trois astronautes ayant perdu la vie lors de l’incendie d’Apollo 1,  la perte et le deuil se retrouvent très logiquement au cœur du film. Toute cette partie est très bien traitée, de même que toute la dimension “humaine” du personnage : Damien Chazelle s’intéresse ainsi tout autant aux relations d’Armstrong avec ses collègues ou sa famille. Et c’est là que l’on découvre le rôle de son épouse, femme au foyer soutenant son mari jusqu’à un certain point.

image ryan gosling neil armstrong astronaute first man film damien chazelle
© Universal Pictures France

Outre le fait de nous faire découvrir la vie personnelle d’Armstrong, le scénario de Josh Singer nous montre, au travers du personnage, les programmes Gemini et Apollo. On découvre ainsi comment la NASA a fait pour envoyer un homme sur la Lune, ce qui représentait un défi technologique pour l’époque à plus d’un titre. Là encore, la trame narrative est admirablement gérée. D’ailleurs, le film pourrait très bien faire suite au chef d’oeuvre L’Étoffe des Héros de Philip Kaufman, puisqu’il reprend l’histoire de la conquête spatiale après le projet Mercury. Qu’il s’agisse de Gemini ou Apollo, chaque programme, chaque mission, possède son objectif, et on se rend compte que les échecs ont été nombreux avant d’aboutir. Tout en étant fidèle à la manière dont les choses se sont déroulées, cette partie est traitée de manière suffisamment accessible pour que le spectateur se sente tout autant investi dans l’intrigue que lorsque le film se concentre sur la vie personnelle de Neil Armstrong.

Une réalisation immersive

image ryan gosling first man
© Universal Pictures France

Côté réalisation, Damien Chazelle reste très proche de ses personnages par ses choix de cadrages, que ce soit lors de moments intimes ou lors des missions. Les scènes où Armstrong pilote un avion, où est à bord de Gemini 8, d’Apollo 11 ou encore les scènes sur la Lune sont filmées de manière remarquablement immersives, grâce aussi à un excellent travail sur le son, au point de nous croire aux côtés des astronautes ! Et ceci de la première à la dernière scène. Evidemment, il rend aussi bien le côté épique de ces scènes lorsqu’une fusée décolle ou encore lors de l’alunissage du LEM (le module lunaire), le tout en respectant scrupuleusement l’Histoire. Une très belle réussite.

Il est bien aidé par la photo de Linus Sandgren (La La Land, Battle of the Sexes) qui offre une photo réaliste, loin des couleurs de La La Land. Le chef op est lui-même bien aidé par la reconstitution soignée des décors d’époque, ou de la Lune, de Nathan Crowley (Dunkerque, The Greatest Showman). On est un peu plus circonspects face au montage. Si celui-ci impulse un très bon rythme (on ne voit pas passer les 2h20), et qu’il dose très bien le passage de la vie personnelle à la partie scientifique, on sent clairement que certaines scènes ont été coupées pour rendre le film plus court et plus fluide, et qu’il y avait encore à dire. Dommage ! Enfin la musique de Justin Hurwitz est pour une fois en retrait, mais se révèle très juste lorsqu’elle fait son apparition.

image ryan gosling enfant first man damien chazelle
© Universal Pictures France

Côté casting, dans le rôle de Neil Armstrong, Ryan Gosling fait ce qu’il fait le mieux : être stoïque et garder ses émotions pour lui la plupart du temps ! Cela correspond bel et bien au personnage, même si dans quatre ou cinq scènes, dans lesquelles il dévoile la fragilité de son personnage, on ne peut pas dire qu’il change radicalement sa façon de jouer. Certains aiment, d’autres détestent… Claire Foy (la série The Crown) s’avère excellente dans le rôle de Janet. Elle n’a pas forcément besoin de mots pour que l’on puisse ressentir ce que son personnage éprouve et cela explose quand elle parle. Une très belle performance ! Jason Clarke (La Planète des Singes: L’Affrontement, Terminator Genisys) est lui aussi très bon dans le rôle d’Ed White. Il joue de manière très juste un rôle qui est là pour que le spectateur s’implique émotionnellement dans le film. Corey Stoll (Ant-Man) est quant à lui parfait dans le rôle de Buzz Aldrin. Il apporte un peu d’humour et la relation Gosling/Stoll marche très bien dans la dernière partie du film. Le reste du casting est composé de solides prestations de Kyle Chandler, Shea Wigham, Ciaran Hinds et Lukas Haas.

Au final, First Man – le premier homme sur la lune est un excellent biopic sur Neil Armstrong et la course à la Lune. Mais, plus que ça, il s’agit tout simplement d’un excellent film et d’une belle expérience à vivre en salles. Un long-métrage solide, qui aura sûrement son mot à dire lors de la course aux Oscars…

8/10

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