[Critique] Crazy Rich Asians : Love & money

Caractéristiques

  • Réalisateur(s) : Jon M. Chu
  • Avec : Constance Wu, Henry Golding, Michelle Yeoh, Gemma Chan, Lisa Lu, Awkwafina, Ken Jeong, Sonoya Mizuno...
  • Distributeur : Warner Bros France
  • Genre : Comédie, Romance
  • Nationalité : Américain
  • Durée : 2h01
  • Date de sortie : 7 novembre 2018

Un feel-good movie glamour

Carton de l’été aux Etats-Unis, Crazy Rich Asians vient égayer le mois de novembre en salles, et devrait facilement s’imposer comme la comédie romantique de cette fin d’année. A partir d’une intrigue tenant sur un timbre poste, quoique adapté d’un feel-good book de Kevin Kwan, Jon M. Chu parvient à livrer un film attachant et qui, à défaut d’être hilarant, prête souvent à sourire. Le pitch ? Une jeune prof d’économie sino-américaine tombe de haut lorsqu’elle apprend que son petit-ami, dont elle est follement amoureuse, est en réalité l’héritier de la plus riche famille de Singapour. A l’occasion du mariage d’un cousin, elle va faire leur connaissance, mais Nick, qui doit reprendre l’empire familial, va avoir le plus grand mal à imposer cette jeune femme d’origine modeste…

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Photo : Warner Bros France

Vous l’aurez compris, Crazy Rich Asians joue en partie sur le contraste entre le monde dans lequel vit l’héroïne, Rachel (le monde « réel » en somme, comme le spectateur) et le monde, forcément exotique et décalé, de la famille Young, entre tradition chinoise et excentricités en tous genres. De ce côté-là, on pourrait avoir le sentiment, par moments, d’assister à un épisode d’une émission de télé-réalité façon Housewives. Pourtant, dans son côté clinquant, voire par moments féérique (le mariage), Crazy Rich Asians se révèle bien plus convaincant qu’un nanar tel que Sex & the City 2, qui finissait par en devenir écoeurant à force de nous donner l’impression de feuilleter les pages d’un magazine de luxe. Ici, et c’est là la grande force du film de Jon M. Chu, ce sont les personnages et leurs relations (l’histoire donc), qui prime sur l’accessoire. On peut s’identifier à eux — enfin, surtout au trio principal Nick, Rachel et Astrid — et leurs tribulations nous maintiennent en haleine, quand bien même l’issue heureuse ne fait pas le moindre doute.

Une comédie romantique portée par ses personnages

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© Warner Bros France

La question de l’argent et du milieu d’origine est également étonnamment bien traité, de même que les relations difficiles entre Chinois restés en Asie et sino-américains. Dans les films de ce genre, souvent, on parle du choc des cultures entre un personnage blanc confronté à une minorité, ou bien, à l’inverse, comment un héros issu d’une minorité va être perçu par des personnages blancs. Ici, tout le casting est asiatique et, le film se déroulant entièrement à Singapour, c’est Rachel la sino-américaine qui va devoir s’adapter aux coutumes locales et ceci doublement, puisque les us de la famille Young ne sont pas ceux de tous les ressortissants de cette île. Alors qu’il aurait pu sombrer dans l’humour lourdingue et grotesque pour traiter de ces questions, Crazy Rich Asians s’avère assez sobre, et même parfois subtil, en particulier en ce qui concerne le personnage de Michelle Yeoh, qui incarne la mère de Nick. La star donne une profondeur bienvenue à cette femme en apparence froide et parfois cruelle, qui a dû se battre pour en arriver là où elle est. Son affrontement avec Constance Wu (Rachel), est sans doute le plus gros point fort du film : un duel parfaitement mené, qui finit même par en devenir émouvant lorsque l’on est également amenés à comprendre le comportement de la matriarche.

Pour le reste, Crazy Rich Asians oscille entre comédie romantique, film de copines et comédie tout court dans la joie et la bonne humeur. On retrouve quelques incontournables du genre, aussi bien en terme de scènes (la séance de shopping, le spa, le mariage de princesse, la fête…) qu’en termes de personnages (la meilleure amie hystérique, le styliste gay…), et le tout, sans être d’une originalité folle, est globalement plaisant et bien mené. On regrettera le cliché de la meilleure amie fascinée par l’argent de la famille qui pousse des cris de crécelle en découvrant la maison (assez irritant), ou encore le fait qu’au-delà des quatre personnages principaux, le reste des protagonistes soient limités à de simples archétypes, y compris celui d’Awkwafina (Ocean’s 8), décidément abonnée à ce genre de rôles rigolos mais superficiels.

La réalisation de Jon M. Chu maintient notre attention d’un bout à l’autre, sans innover pour autant et, de ce côté-là, malgré l’immense succès que le film a remporté — et continuera sans doute de remporter à l’étranger — il nous est permis de douter qu’il restera dans les annales. Malgré tout, cette sympathique comédie romantique, qui est le premier film hollywoodien au casting 100% asiatique depuis 25 ans, est suffisamment fraîche, bien menée et attachante pour nous faire passer un agréable moment alors que les premiers frimas commencent à se faire sentir.

6/10

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