[Test] Flipping Death : les morts gouvernent les vivants

Caractéristiques

    • PlayStation 4
    • Ordinateur/PC
    • Xbox One
    • Nintendo Switch
  • Développeur : Zoink AB
  • Editeur : Rising Star Games
  • Date de sortie : 5 octobre 2010
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La fin n’est que le début

image gameplay flipping death
Le monde des morts, certes obscur mais bourré d’animations.

Il est plus que difficile de se faire un nom, dans le milieu parfois cruel du jeu vidéo indépendant. Si de belles histoires surgissent ici ou là, comme celles qui mène à Guacamelee 2, rare sont les élus, finalement. Le studio Zoink AB peut se targuer de faire partie de ceux-ci. Après s’être fait la main sur de petits titres sans grand relief, à destination des smarthones ou de Facebook (voire de la Wii, avec le très oubliable WeeWaa), cette boîte suédoise a su se retrousser les manches, et atteindre un tout autre niveau de qualité avec Stick It to the Man!, un jeu d’aventure en 2D qui, très clairement pose les bases du titre qui nous intéresse ici. Puis, ce fut au tour de Fe, dont le charme purement atmosphérique ne parvenait pas à sauver un gameplay rachitique. Zombie Viking, lui, n’est pas spécialement parvenu à marquer les mémoires. Avec Flipping Death, Zoink AB tente de revenir vers une recette qui lui réussit mieux…

Flipping Death, c’est du jeu d’aventure pur et dur, une sorte de Point & Click sur un plan en 2D, et qui s’affranchit de la visée à la souris. Dès lors, il est logique d’être attentif au récit, qui poussera le joueur à évoluer dans cet univers. On incarne Penny, jeune femme débordant d’énergie. Peut-être un peu trop. Toujours est-il que son employeur la licencie pour excès de zèle, ce qui lui mine le moral. On peut le comprendre. Elle compte sur son petit ami pour le lui remonter, alors il la conduit à une soirée entre potes. Seulement, sur le chemin ils ne peuvent éviter un accident. Désormais à pied, le couple coupe par un cimetière. Toujours une mauvaise idée. L’occasion ou jamais pour Penny de démontrer tout son talent pour l’absurde déconnade : elle fait l’hystérique dans une crypte. Le sol s’affaisse. Elle tombe. Elle meurt. Fin.

Ou plutôt début. Flipping Death propulse Penny dans le monde des défunts. Désormais sous forme spectrale, la jeune femme va devoir remplacer la Mort, qui a bien besoin de bonnes vacances loin, très loin des âmes en peine. Du coup, notre avatar se voit offrir la fameuse faux. L’objectif, lui, va mettre un peu de temps pour devenir assez clair. Et c’est dû à la personnalité de notre avatar, frais, gentil, mais assez bordélique. La narration passe principalement par les dialogues, remarquablement doublés, et surtout traduits dans notre bonne vieille langue de Molière. Un très bon point, surtout que le soft peut parfois s’avérer assez bavard. Le scénario, lui, évolue plutôt bien, même si l’on remarque un peu de précipitation dans le dernier acte, sans trop de surprises.

Un scénario plaisant, sans plus, agrémenté d’un gameplay inventif

image jeu flipping death
Le monde des vivants présente des personnages à posséder.

De manière assez étonnante, c’est dans son gameplay que Flipping Death gagne grandement en intérêt. Non pas que l’histoire ne soit que peu passionnante, mais l’univers visuellement très riche ne fait que cacher une écriture assez prudente. On écrivait, plus haut, à propos d’une sensation de Point & click, sans doute dû à un début qui peut rappeler l’excellent Grim Fandango. Seulement, ici, l’avatar se dirige au stick gauche. Aussi, on a droit à une touche pour le saut. Peut-on, pour autant, parler de jeu de plateforme ? Non, pas vraiment, même si certains segments, très peu amusants, vous demanderont une certaine précision dans vos bonds. On remarquera, aussi, une physique un peu étrange, trop flottante, et ce même pour un spectre. Pour atteindre des endroits trop en hauteur, notre héroïne peut aussi balancer son arme, puis se téléporter là où cette dernière s’est logée. Le level design exploite cette capacité assez mollement, car l’intérêt est ailleurs…

Pour avancer dans Flipping Death, il va falloir récupérer différentes âmes, dans le monde des morts, afin de prendre possession d’un être humain, dans la dimension des vivants. L’objectif est de passer de l’un à l’autre, afin de résoudre des énigmes, ou d’atteindre des objectifs secondaires parfois très funs. Les corps possédés seront aptes à agir sur leurs environnements, selon leurs capacités précises. Par exemple, s’il faut atteindre un levier en hauteur, la mission sera de dégoter un habitant dont les membres peuvent s’étendre. Après une vraie période d’adaptation, car le jeu ne prend pas spécialement le temps de vous prendre par la main, il est indéniable que cette mécanique apporte tout un lot de casses-tête assez logiques, sans doute un peu trop aisés mais inventifs. Signalons aussi que chaque personnage a droit à sa carte à collectionner dédiée. Les jusqu’au-boutistes s’amuseront à toutes les réunir, poussant la durée de vie à un peu plus de six heures de jeu.

Flipping Death peut se vanter d’étaler un univers visuellement aussi riche que charmant. On pense beaucoup à ce qu’a pu faire le Tim Burton de la première époque, grâce à une vraie maîtrise du contraste entre les univers. Chez les vivants, les couleurs pétillent de partout. Tandis que, chez les morts, l’ambiance est plus morose, mais tout de même assez énergique. Les fonds sont animés idéalement, on sent que Zoink AB a cherché à donner une cohérence à l’ensemble, à nous le rendre palpable, et ce même s’il s’agit d’environnements purement fantastiques, extraordinaires au sens premier du terme. Nous n’avons pas croisé de ralentissement, et la 2D fera plaisir aux amateurs de celle-ci. Enfin, le domaine sonore n’est pas en reste et apporte grandement à la bonne tenue de l’ensemble.

Note : 14/20

Flipping Death parvient à contrer une écriture certes rigolote mais prudente, grâce à un concept bien à-propos. L’univers visuel confine au sublime, même si le résultat ne peut empêcher quelques écrans trop bondés. Surtout, c’est cette capacité à passer d’un monde à l’autre, de celui des morts à celui des vivants, qui séduit tout au long de cette aventure longue de six bonnes heures. Zoink AB peut être fier d’avoir redressé la barre, après un ou deux échecs, pour livrer un titre que les amateurs de jeux d’aventure peuvent retenir.

7/10

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