article coup de coeur

[Test – Playstation 4] Full Throttle Remastered : un classique toujours efficace

image logo full throttle remasteredCaractéristiques

  • Test effectué sur : Playstation 4
  • Existe aussi sur : PS Vita, PC
  • Genre : Point & Click
  • Éditeur : Double Fine Productions
  • Développeur : Double Fine Productions
  • Sortie : 18 avril 2017

Test

C’est devenu une sorte de rendez-vous annuel : Double Fine Productions (Everything) livre un remaster d’un des classiques du jeu d’aventure sorti chez feu LucasArts (éditeur que l’on regrette terriblement, soit écrit en passant). Après Day Of The Tentacle et Grim Fandango, c’est au tour du très rutilant Full Throttle de passer à la moulinette HD, en se ravalant la façade en profondeur, telle une Nicole Kidman décomplexée. Rappelons que ce grand jeu a connu un grand succès critique lors de sa sortie initiale, le 30 avril 1995, et qu’il est aujourd’hui reconnu comme l’un des meilleurs softs de son créateur, le génial Tim Schafer. Toute la question est de savoir si le jeu a assez bien vieilli pour ne pas décevoir les nouveaux venus…

Scénario : 5/5

image playstation 4 full throttle remastered
Image issue du Playstation Share.

C’est incroyable comme le bon travail scénaristique est un élément qui vieilli toujours bien. Full Throttle Remastered est aussi séduisant aujourd’hui qu’en 1995, et ce sans que Double Fine Productions ne modifie une seule syllabe de son récit. Aucun ajout, aucune suppression, on redécouvre la trame d’origine dans ses moindres détails. On retrouve Ben, le chef des Putois, un gang de motards qui évolue dans un monde dystopique. Alors qu’ils sont en rade d’argent, les voilà qui rencontrent Malcolm Corley, directeur de Corley Motors, et le patibulaire Adrian Ripburger, son vice-directeur. Ce dernier propose une mission à Ben, que notre avatar refuse. Cette réponse négative va provoquer une série d’événements, qui conduiront notre héros au cœur d’un véritable complot…

Full Throtte Remastered développe une histoire qui tranche avec les précédents jeux signés Tim Schafer. En effet, si l’on retrouve tout de même une bonne grosse dose d’humour, la tonalité est tout de même plus cinématographique. On aime particulièrement cette atmosphère subtilement « sciencefictionnesque », entre Mad Max et Easy Rider, qui donne lieu à des rencontre toujours savoureuses. On retiendra notamment celle avec Maureen, d’une importance capitale pour l’histoire, ou encore tout ce passage chez les Caverneux, sortes de secte de bikers qui ont troqué leurs yeux contre un système de vision par lunettes thermiques. Comme nous le verrons plus bas, Full Throttle Remastered est un jeu court, ramassé pourrait-on écrire, et le rythme du récit se trouve bonifié par ce choix. Ainsi, on n’a pas l’impression de s’ennuyer, et la grande majorité des situations servent au développement de l’univers. du grand art.

Gameplay : 3/5

image test full throttle remastered
Image issue du Playstation Share.

Globalement, Full Throttle Remastered  est bien plus simple dans ses énigmes que les autres jeux d’aventure signés LucasArts. Ce qui, par ailleurs, en fait une porte d’entrée idéale vers tout ce pan vidéoludique du point & click des années 1990, parfois un peu redoutable côté difficulté. Les seules soucis sont, hélas, dus à des énigmes pas très bien pensées, on pense évidemment au passage en moto, pendant lequel il faut dézinguer d’autres motards afin de dégoter des lunettes thermiques capables de nous ouvrir les portes de la tanière des Caverneux. Un passage pas vraiment agréable à jouer, difficile et même injuste : il n’existe aucun indice afin de deviner les moyens de battre les ennemis que la route nous propose.

Cette retenue signalée, Full Throttle Remastered est tout de même une réelle satisfaction dans son gameplay. D’ailleurs, les puristes remarqueront une ou deux petites nouveautés, comme la possibilité de mettre en surbrillance les éléments importants du décors, et ce à l’aide d’un simple bouton. Idéal si vous n’arrivez pas à trouver un certain tuyau chez Maureen, par exemple. Signalons que Double Fine Productions n’impose rien : si vous voulez vous passer de ce genre d’initiative, une option existe afin de retrouver la prise en mains d’antan. Aussi, vous pourrez passer du rendu mis à jour à celui de 1995, et ce en une seule pression sur le Touchpad. Une feature toujours aussi impressionnante, tant elle permet de se rendre compte de l’énorme travail effectué.

Technique et ambiance sonore : 5/5

image jeu full throttle remastered
Image issue du Playstation Share.

Double Fine Productions a tout fait pour donner à Full Throttle Remastered un aspect dessin animé absolument délicieux. Ce qui marque, c’est cette réussite dans le coup de lifting en profondeur : le studio a réussi à garder toute la saveur de la direction artistique d’origine. On reconnaît chacun des personnages, en fait ils sont même exactement comme on pouvait se l’imaginer quand, en 1995, le rendu jouait plus sur la sensation que sur l’exactitude. Ici, c’est le contraire, et l’on peut s’en rendre compte en passant d’un graphisme à l’autre en direct. C’est beau, fin, propre, un réel plaisir de gamer.

Le son n’est pas en reste : là aussi on a l’impression que le contenu d’origine a été grandement bonifié dans Full Throttle Remastered . Tout d’abord, sachez que le jeu embarque la version française, mais aussi l’originale en anglais, avec le doublage remarqué (et remarquable) de Mark Hamill. Des voix dont le rendu trouvent une certaine pureté, avec encore un peu de souffle et certaines transitions approximatives (surtout décelable dans la VF), mais on s’en accommode très bien. Autre grande satisfaction, les compositions de l’excellent Peter McConell (The Bard’s Tale, Grim Fandango, Broken Age) ont été réorchestrées, et dorénavant elles sonnent plus « riches » à l’oreille. Là encore, vous pourrez le croire sur pièce, en passant au rendu de 1995.

Durée de vie : 3/5

image full throttle remastered
Image issue du Playstation Share.

Mis à part ses deux ou trois passages à la difficulté assez mal dosée, Full Throttle Remastered ne posera que très peu de problèmes, et ce même aux moins habitués au point & click. Comptez six heures afin d’en voir le bout, ce qui en fait un jeu dans la moyenne basse du genre. On pourra doubler ce chiffre en se relançant dans un run, afin de profiter d’un bonus plaisant : un commentaire audio notamment assuré par Tim Schafer. Aussi, vous pourrez écouter la bande originale en dehors du jeu, et admirer les sublimes artworks du talentueux Peter Chan.

Note finale : 16/20

Au final, Full Throttle Remastered s’adresse aussi bien à ceux qui ont plié plié le jeu original des dizaines de fois, qu’au nouveaux venus attirés par l’aura du soft. On peut réellement parler de mise à jour, avec une refonte graphique fidèle et qualitative. On regrettera peut-être que la volonté de coller en tous points au titre d’origine n’ait pas permis à Double Fine Productions de revoir certains passages qui, déjà en 1995, posaient quelques soucis de gameplay, mais on a ressenti un tel plaisir dans cette redécouverte qu’il serait dommage d’en tenir rigueur. Full Throttle Remastered est, donc, une sortie justifiée et assez aguichante pour que le joueur s’y penche de plus près.

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato est un journaliste culturel spécialisé dans le cinéma (cursus de scénariste au CLCF) et plus particulièrement le cinéma de genre, jeux vidéos, littérature. Il rejoint Culturellement Vôtre en décembre 2015 en tant que co-rédacteur en chef. Manque clairement de sommeil.
Mickaël Barbato

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