[Critique] Hellgate : l’un des plus gros navets de tous les temps

Caractéristiques

  • Réalisateur(s) : William A. Levey
  • Avec : Ron Palillo, Abigail Wolcott, Carel Trichardt, Petrea Curran, Evan J. Klisser
  • Distributeur : New World Pictures
  • Genre : Comédie, Horreur
  • Nationalité : USA
  • Durée : 91 minutes
  • Date de sortie : 18 mai 1989

Le navet c’est bon dans une soupe, pas sur un écran

image film hellgate
N’embarquez surtout pas dans ce long calvaire…

Excaver des films de genre est une activité qui se rapproche de l’archéologie. Il faut creuser bien des filons maudits avant de tomber sur une pièce de qualité. Et c’est précisément ce que l’on opère, chez Culturellement Vôtre : débroussailler, afin de mettre en avant des œuvres pas toujours reconnues à la hauteur de leur valeur. Bon, on se fade aussi pas mal de grosses daubes, entendons-nous bien. Une catégorie qui accueille un renfort de poids, avec cet Hellgate, cataclysmique en tous points.

Sorti en 1989, Hellgate est le film idoine pour bien différencier nanar et navet. On parle bien de deux valeurs différentes, pas de chipotage qui rappellerait celui des chasseurs incarnés par les Inconnus. Le nanar, on y survit grâce à son humour certes injustifié mais salvateur au possible. Le navet, rien ne le sauve de la médiocrité profonde. C’est le cas ici. Le scénario s’avère décousu au possible, alors même qu’il s’appuie sur des éléments légers, à potentiel tout à fait acceptable. Dans les premiers instants, on fait connaissance avec trois jeunes personnages : Pam, Bobby et Chuck, tous rassemblés dans un manoir à l’abandon. Alors qu’ils attendent l’arrivée du quatrième larron, Matt, ils se racontent des histoires de fantômes. Dont une qui, dans l’univers du film, est considérée comme vraie : celle du malheureux destin de Josie, sublime jeune fille enlevée par des bikers, et tuée devant les yeux de son père. Depuis, ramenée à la vie par son paternel à la suite de la découverte d’une pierre ultra étrange (elle ranime les morts, oui, mais elle fait aussi exploser tout un tas de trucs : pratique), elle hante les environs, et surtout la ville juste à-côté : Hellgate.

Un scénario catastrophique en tous points

Écris comme ça, Hellgate n’a rien de folichon, mais rien de bien insupportable non plus. Vous devinez que les choses déraillent bien vite. On fait face à une comédie horrifique, très clairement, et comme d’habitude avec ce genre très spécial, qui s’appuie sur deux sentiments opposés, le déséquilibre est complet. Le réalisateur, William A. Levey, ne sait plus où donner de la tête avec scénario incroyablement faisandé. Son histoire, qui se rapproche un peu d’une sorte de légende de la Dame Blanche à la sauce eighties, bifurque vers le film de village fantôme, un peu à la 2000 Maniacs, mais sans le gore, ni le malsain. L’écriture des personnages se révèle ridicule, incapable de faire vivre ces demeurés au-delà d’une pauvre vanne sans saveur, lâchée sans aucune conviction par un acteur  à la dérive. Une fois le quatrième personnage principal débarqué à la petite sauterie, ça part en live : on ne comprend plus grand chose. Le quatuor se rend à Hellgate, tombe sur un motard au physique de culturiste, puis l’un des garçons, sous le charme de Josie, embarque ses amis dans le village fantôme. Ici, une errance se met en place, alors que des revenants (sûrement la famille de l’équipe technique, tant ils se foutent royalement de ce qu’ils sont entrain de faire) hantent les lieux. Les spectateurs aussi sont comme perdus, entre incompréhension et ennui le plus profond.

Hellgate est une souffrance de quasiment tous les instants. Les allers et venus des personnages n’ont aucun sens, on passe notre temps à se chercher la justification de leurs actions, alors même que la conclusion du film est claire comme de l’eau de roche. Mais le chemin pour y parvenir fait office de calvaire. Et ne comptez surtout pas sur l’intervention d’effets spéciaux un peu funs, pour relever la recette maudite : ils sont aussi mauvais que mal utilisés. Car le réalisateur, William A. Levey, connu pour avoir signé Blackenstein et Monaco Forever (première vraie apparition de Jean-Claude Van Damme, dans le rôle d’un karatéka gay), peut se targuer de livrer l’une des pires mise en scène qui nous ait été donné de subir. La palme revenant à ces ralentis insensés, surlignant des actions sans la moindre trace d’intérêt. Sa manière de mettre en évidence la nullité profonde de son casting est, aussi, un élément vertigineux. Si l’on ne sera pas trop dur avec les différents acteurs, comme Ron Palilo, on imagine qu’ils n’était pas sur le plateau pour la qualité du scénario, on ne peut que souligner la catastrophe qu’ils provoquent. Non, rien n’est à sauver de ce Hellgate, même pas le fait d’en venir à bout.

1/10

Réagir à l’article

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *