[Test] The Raven Remastered : une nouvelle édition plutôt utile

Caractéristiques

    • Nintendo Switch
    • Playstation 4
    • Ordinateur/PC
    • Xbox One
  • Développeur : King Art Games
  • Editeur : THQ Nordic
  • Date de sortie : 22 janvier 2018
  • Acheter : Cliquez ici

Pour les amateurs de romans policiers à l’ancienne

image gameplay the raven remastered
Direction l’Orient Express !

The Raven, voilà un titre qui, peut-être, ne vous rappelle pas grand chose. Sorti en 2013 sur PC, puis en 2014 sur PlayStation 3, ce jeu d’aventure avait pourtant quelques forces à faire valoir. On se situe clairement dans un post-Point and click, dans la lignée des récents Sherlock Holmes. Joué et terminé à l’époque, le soft nous avait partiellement séduit, notamment grâce à un personnage principal qui se démarquait (ce n’est pas souvent qu’on incarne un enquêteur grassouillet, à la calvitie plus que naissante), une ambiance de roman policier très « agathachristienne », et des énigmes loin d’être évidentes. Quelques défauts lui empêchaient, cependant, d’atteindre les cimes du genre. L’éditeur, THQ Nordic, et le studio de développement, King Art Games, tentent d’amoindrir ces quelques retenues avec The Raven Remastered.

Comme tout jeu d’enquête, l’histoire de The Raven Remastered est d’une importance capitale. Notre avatar est Anton Jakob Zellner, un policier suisse ayant dépassé la quarantaine. L’action se place en l’an de grâce 1964, alors qu’un des joyaux les plus précieux au monde, l’œil du Sphinx, a été dérobé. Pas par n’importe qui : le coupable, qui a été repéré par les gardes du musée, portait un masque très similaire à celui d’un célèbre cambrioleur : le Corbeau. Problème, celui-ci a été abattu quelques années auparavant. On fait donc face à un véritable copycat du larcin de haute volée, ce qui inquiète fortement l’inspecteur français Nicolas Legrand. Celui-ci, aidé par des services secrets, met en place un stratagème pour attraper le vil antagoniste. Et c’est ici que le récit débute, alors qu’une deuxième pierre précieuse est transportée dans l’Orient Express, le train légendaire où notre bon vieux Zellner se trouve…

The Raven Remastered fait de suite penser à un autre jeu d’enquête, que nous avons testé dans notre webzine : Agatha Christie : The ABC Murders. L’ambiance y est pour beaucoup, mais aussi le gameplay. Contrairement aux Sherlock Holmes, on fait face à un titre qui multiplie les pures énigmes, bien plus que les déductions et autres mécaniques du genre. Cela saute aux yeux dès le premier chapitre (le soft en propose trois, pour une durée de vie d’une dizaine d’heures) : on discute avec des personnages secondaires plutôt bien caractérisés, et l’on se doit de progresser en retrouvant tel objet, en l’associant avec une autre trouvaille. Il ne manque plus qu’un pointeur à l’écran, et le parallèle avec le Point and click serait encore plus évident. Dès lors, on se sent en territoire connu, mais avec une simplification du principe assez bien vue. Si certains casses-tête peuvent s’avérer bloquant, en général on perçoit une logique infaillible. On pensera au besoin d’enflammer une torche, toujours dans le premier chapitre : il est certain que vous allez vous creuser les méninges, et que la solution vous arrachera un « eurêka ! ».

Une nouvelle édition qui vaut surtout pour ses sous-titres français

image test the raven remastered
Un remaster qui vaut surtout pour ses sou-titre français et sa HD.

Que les joueurs pas trop adeptes du genre se rassurent : The Raven Remastered ne se veut pas aussi imperméable que les Point and click des années 1990 (ah, le bon temps). Une touche est réservée au dévoilement des points d’intérêts, au sein du décor traversé. Bien entendu, cette astuce se paie, par le biais de points engrangés à l’occasion d’énigmes résolues. Attention, cependant, car abuser de cette astuce aura un impact en fin de chapitre, lors de la notation, laquelle se fait en rapport du total de points que vous embarquez. Aussi, on pourra compter sur un bloc-notes, lequel se remplit au grès de nos découvertes, et parfois avec des informations là aussi à monnayer. Autrement, l’avatar se dirige avec le stick. On émet, ici, deux retenues. La première concerne les déplacements, pas toujours simples dans les environnements réduits. Aussi, et même si l’on ne fait pas face à de gigantesques terrains de jeu, on aurait apprécié l’ajout d’une commande pour courir.

Autrement, on fait toujours face à un titre qui se joue avec un certain plaisir, si vous êtes du genre à apprécier les énigmes policières à l’ancienne. The Raven Remastered met le paquet dans l’interrogatoire des personnages secondaires et, même si cela manque de répliques à véritable impact, on est plutôt sous le charme de cet univers. Un constat qui doit beaucoup à une véritable nouveauté : les sous-titres en français. Le soft, en 2013, ne les proposait pas, et cela représentait un véritable frein à l’achat. La traduction s’avère aussi salvatrice que de bonne facture, ainsi que les doublages, proposés en anglais ou en allemand. Il faut signaler ici qu’une erreur s’est glissée dans les options : pour profiter de cet apport, il faut placer l’option sur Non, et pas sur Oui. Espérons qu’un patch viendra à bout de ce détail sans grande importance. Bien entendu, qui dit Remastered dit finition revue et corrigée. Ici, cela signifie surtout un passage à la haute définition. Loin d’être révolutionnaire, cet apport a un peu de mal à se déguster sur grand écran, et ce malgré une bien meilleure finesse que lors de la sortie sur PlayStation 3. En portable, sur la Nintendo Switch, c’est d’une propreté à toute épreuve, même si les modèles 3D ont toujours ce rendu de l’époque. Enfin, rappelons que le titre brille par une bande originale, signée Benny Oschmann, de bonne facture, qui inscrit bien l’aventure dans le style d’Agatha Christie.

Note : 13/20

The Raven Remastered pourra plaire à un public en recherche d’un jeu d’aventure, à tendance Point and click, au cheminement calme mais tout de même intriguant. Pensé comme un hommage aux romans policiers à l’ancienne, le titre reste conseillé pour la qualité de son univers. Un peu moins pour ses déplacements, même si on s’y fait au final. Cette ressortie aurait pu encore plus bonifier ses fondations, mais on se contente tout de même de deux apports très agréables : les sous-titres français, et la haute définition. De quoi replonger dans l’enquête avec satisfaction.

6/10

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