[Critique] Ralph 2.0 : Un univers visuel qui casse la baraque

Caractéristiques

  • Titre original : Ralph Breaks the Internet
  • Réalisateur(s) : Phil Johnston & Rich Moore
  • Avec : (les voix originales de) John C. Reilly, Sarah Silverman et Gal Gadot (avec les voix françaises de) François-Xavier Demaison, Dorothée Pousséo et Jonathan Cohen
  • Distributeur : The Walt Disney Company France
  • Genre : Animation, Comédie
  • Nationalité : Américain
  • Durée : 1h51
  • Date de sortie : 13 février 2019

Une suite meilleure que l’original

Six ans après le premier opus, Ralph la Casse est de retour avec Vanellope dans une suite à sa juste mesure, Ralph 2.0., en partie produite par Jennifer Lee, qui dirige désormais le département animation des studios Disney. Autant le dire tout de suite, nous ne nous attendions pas à grand chose de ce nouvel opus. Si Les mondes de Ralph était sympathique, il nous avait aussi semblé quelque peu oubliable en raison de quelques défauts du scénario. Aussi avons-nous été agréablement surpris de voir cette suite prendre des chemins de traverse pour aller là où nous ne l’attendions pas forcément. C’est d’ailleurs ce que réclame le personnage de Vanellope dès le départ : cette petite fille issue du jeu vidéo Sugar Rush s’ennuie ferme dans son arcade où elle répète toujours les mêmes manœuvres dans le même circuit, et elle veut à présent de l’imprévu. On ne peut s’empêcher de penser que les scénaristes ont également en tête les attentes du public, et autant dire que celui-ci va être servi durant 1h51 !


Rappelons les bases du concept : Ralph la Casse et Vanellope sont des personnages de jeux vidéo vivant dans les jeux d’une arcade aux Etats-Unis. Aussi différents qu’on peut l’imaginer, ils sont pourtant devenus les meilleurs amis du monde, et sont désormais inséparables. Mais, lorsque Ralph 2.0. commence, on sent que Vanellope en a marre de sa routine et s’ennuie. Ralph introduit alors de l’imprévu dans son jeu (ce qui donne lieu à une ouverture drôle et enlevée), mais les choses tournent mal : le volant du jeu est cassé et le propriétaire de l’arcade envisage de fermer Sugar Rush purement et simplement car le volant en question coûte 200$ sur eBay, ce qui est plus que ce que le jeu lui rapporte. Soucieux de réparer sa bêtise et d’aider Vanellope, Ralph a alors l’idée de se rendre non pas sur, mais à l’intérieur d’Internet par la connexion WiFi afin d’acheter la pièce et sauver le jeu de son amie. Ils vont découvrir un univers à la fois fascinant et inquiétant, et leur amitié sera testée…

Une inventivité visuelle enthousiasmante

image ralph et vanellope face à internet ralph 2.0 disney
© The Walt Disney Company

Par sa représentation inventive d’Internet, Ralph 2. 0 se révèle un film d’animation assez jubilatoire, à l’univers foisonnant. On sent clairement l’influence de Zootopie — Nick renard à d’ailleurs droit à un petit caméo — mais aussi de Vice Versa, et on s’amuse de voir le fonctionnement d’Internet et ses recoins plus ou moins sombres sous la forme d’une ville en trois dimensions. Il y a le spam en vendeur de rue relou qui agite ses pancartes sous le nez des passants-internautes, les liens sponsorisés qui tentent d’appâter les gens sur les réseaux sociaux pour liker des vidéos qui font le buzz, et un moteur de recherche érudit qui tente de deviner notre requête avant même qu’on ait pu en placer une.

Le tout est merveilleusement bien trouvé et mérite véritablement le détour, même si (et cela pourra en agacer quelques-uns) le placement de marque est roi : Spotify, Instagram, YouTube, eBay (qui a droit à plusieurs scènes), Google, Facebook, le site américain Oh My Disney… Les logos de dizaines de sites apparaissent en plus ou moins gros d’un bout à l’autre même si, de manière assez intéressante, Disney a préféré inventer un site de vidéos à buzz plutôt que de situer une partie de l’intrigue à l’intérieur de YouTube.

Une histoire d’amitié plus conventionnelle, mais attachante

image vanellope et princesses disney ralph 2.0
© The Walt Disney Company

En ce qui concerne l’intrigue, celle-ci est plus conventionnelle : Vanellope a envie d’autres horizons tandis que Ralph apprécie sa routine. Il va donc y avoir des frictions entre eux lorsque la petite fille découvrira un jeu en ligne sans aucune règle, où l’imprévu est roi, et dominé par une pilote rebelle qu’elle prend pour modèle. L’évolution de l’intrigue et le message qui en découle sont un peu attendus, mais fonctionnent bien néanmoins. Ralph 2.0 reste une ode à l’amitié, et se double ici d’un message sur la liberté de poursuivre ses rêves.

Le mélange d’inventivité visuelle et de fond un peu « gentillet » (mais pas guimauve pour autant) qui caractérisait le premier film est bel et bien présent, mais la manière dont les réalisateurs Phil Johnston et Rich Moore bousculent l’univers de leurs héros emporte véritablement l’adhésion. Ainsi, en tant qu’amateurs des classiques Disney, nous ne pouvons qu’être enthousiasmés par la scène au pavillon des princesses du site Oh My Disney, qui permet d’articuler de manière drôle et pertinente le rapport des princesses au chant, aux hommes et à l’eau ! Et puis, que dire de l’affrontement final, où Ralph et Vanelloppe doivent combattre un virus d’un genre spécial représentant la face sombre du gentil géant ? La maestria visuelle de la séquence a de quoi laisser pantois et on appréciera également l’intervention des princesses à la rescousse du gentil gaillard, pour une fin drôle et attachante.

Hommage aux jeux vidéo et à l’univers numérique sur fond d’histoire d’amitié, Ralph 2.0 plaira autant aux adolescents qu’aux adultes, qui sont plus particulièrement visés ici. Par ses références, le film ne semble en effet pas vraiment indiqué aux plus jeunes, même si un enfant de 10-12 ans pourra s’y retrouver grâce à l’intrigue et son discours sur l’amitié, mais aussi aux références plus actuelles aux réseaux sociaux. On est en tout cas enthousiastes devant les trésors d’inventivité visuelle déployés ici, et qui viennent bousculer une histoire certes attachante et assez drôle dans les dialogues, mais plus conventionnelle.

7/10

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