[Test] Dead or Alive 6 : un retour en bonne et due forme

Caractéristiques

    • PlayStation 4
    • Ordinateur/PC
    • Xbox One
  • Développeur : Team Ninja
  • Editeur : Koei Tecmo Europe
  • Date de sortie : 1er mars 2019
  • Acheter : Cliquez ici

DOA à l’heure de la modernité

image gameplay dead or alive 6
On retrouve la licence avec grand plaisir.

Si l’attention des amateurs de jeux de combat s’est, pendant quelques années, retournées vers le gameplay 2D, avec le retour en grâce de Street Fighter (et de l’un de nos chouchous, The King of Fighter 14), on note tout de même une nette percée de la 3D, depuis quelques mois. Tekken 7, mais surtout l’excellent Soulcalibur 6 en sont en partie responsables, ainsi que l’annonce de la sortie du très attendu Dead or Alive 6. Plus de six ans après la parution du cinquième opus, voilà que la licence, autrefois bichonnée par la Team Ninja, et le désormais très rare Tomonobu Itagaki (ici remplacé par Yohei Shimboroi), fait son come back. Pour le meilleur ? Réponse dans notre test.

Avant d’aborder le gameplay, revenons sur l’enrobage scénaristique de ce Dead or Alive 6. La licence, si elle n’est pas spécialement passionnante de ce côté, a tout de même droit à un univers assez développé pour ne pas passer inaperçu. C’est si vrai, d’ailleurs, que la Team Ninja n’hésite pas à nous proposer une foule de détails, écrits ou en vidéo, à l’intérieur de différents modes. Histoire est l’endroit où le joueur découvrira le récit de tous les personnages, au sein de différentes timelines, lesquelles proposent des moments-clés à jouer plus ou moins intéressants. Il faut appuyer sur le fait que l’exercice de style fonctionne, et ce même si l’on avait clairement oublié les précédents événements : on se prend à déverrouiller des parties du récit, et la légèreté de l’ensemble provoque une ambiance plutôt cool même si, on le verra plus loin dans ce test, tout le côté sexy a été brimé.

Que les amateurs de détails se rassurent, la Team Ninja ne les a pas oublié. Pour les plus fanatiques de la licence, Dead or Alive 6 propose DOA Central, une sorte d’encyclopédie qui contient toutes les informations sur le jeu. Et ceci qu’elles soient de l’ordre des statistiques du joueur, mais aussi de textes explicatifs. On pourra aussi y écouter les musiques, et admirer les replays sauvegardés. Dans la partie Bibliothèque, on retrouvera toutes les informations sur la terminologie de la licence. Le projet Epsilon a été évoqué, et vous ne savez absolument pas de quoi il s’agit ? C’est ici que la réponse se trouve, du moins si vous avez débloqué cette définition. Autre élément, et véritable sucrerie : les anecdotes. En fait des documents qui approfondissent les personnages et leurs relations, là encore de manière tout à fait frivole. Par exemple, on peut y découvrir un dialogue ente Leifang et Hitomi, concernant ce qu’ils ont prévu pour fêter la Saint-Valentin. Certes, c’est de l’ordre du détail, mais on apprécie tout de même la profusion de ces informations, qu’il faudra collecter en combattant.

Le gameplay connaît quelques très bonnes nouveautés

image test dead or alive 6
Marie Rose se lance dans une ruée fatale, ça va faire mal.

Les combats de Dead or Alive 6 se placent-ils à la hauteur des espérances ? Avant d’y répondre (et toc, encore un peu de patience), il faut tout de même établir, justement, ce qui était désiré, à l’aune de 2019. La licence Dead or Alive est née en arcade, puis a populairement explosée avec sa suite, sur Dreamcast, qui foutait des torgnoles aux autres softs du genre, aussi bien dans son gameplay que visuellement. Le maître-mot, pour ces débuts, était l’exigence. Moins qu’un Virtua Fighter, certes, mais tout de même dans un cadre assez prononcé. Surtout, ce qui a fait la légende de la série, au-delà du physique whatthefuckesque des héroïnes, c’est son système de parade, associé à une nervosité très surprenante, qui fit date. Au point, d’ailleurs, que toute modification peut s’avérer dangereuse pour l’équilibre, on se souvient encore des contres beaucoup trop techniques à placer, dans la quatrième itération. Aussi, il fallait sauvegarder l’esprit, l’ADN, mais aussi choyer les nouveaux venus, lesquels passent peut-être moins de temps, aujourd’hui, à poncer un jeu de combat…

Bonne nouvelle, Dead or Alive 6 parvient à un certain équilibre de la formule. Bien entendu, le bouton de garde reste la véritable subtilité du soft, mais la Team Ninja a eu le courage d’introduire de nouvelles mécaniques, tout en imprégnant l’ensemble d’une véritable facilité de prise en mains. Que les débutants ne soient pas effrayés par le chiffre du titre : contrairement à un minutieux Guilty Gear, il est tout à fait possible de s’amuser en prenant le train en marche. Bon, pour s’en sortir au mieux, il faudra tout de même passer une par une phase d’apprentissage, bien soutenue par un Entraînement très efficace, proposant aussi bien de répéter les gammes générales, que de s’appliquer à découvrir les spécificités de chacun des vingt-six personnages disponibles (oui, c’est assez peu comparé au précédent épisode, soit écrit en passant). On vous conseille d’y passer du temps à répéter vos gammes, surtout avant de vous aventurer en ligne, car les joutes qui s’y déroulent sont, déjà à l’heure actuelle, d’un bon niveau.

Vous êtes un fan absolu de la licence, et vous pensez pouvoir zapper cette phase ? Détrompez-vous, car Dead or Alive 6, sans renverser la table, introduit quelques nouveautés, et pas du genre anecdotiques. La première, celle qui ne peut se louper, c’est l’intervention du Spécial. En appuyant sur R1, on se lance dans une ruée fatale qui, si elle touche l’adversaire, enchaine jusqu’à un dernier coup impressionnant. L’intérêt est donc dans la puissance, et l’on conseille de la garder pour vous sauver les miches : une fois placée, il est peu probable de la ressortir dans le même duel. Pour être utilisée, il faudra remplir de la jauge de rupture, en infligeant des offensives mais aussi en les recevant. Et ce n’est pas tout. La super prise approfondit cet aspect, en demandant un sens du timing très serré. Mais c’est surtout le coup briseur, qui réduit à néant toute velléité ennemie, qui sera crucial à maitriser, si vous faites face à un véritable challenge. Ainsi, la courbe de progression se fait sentir, et bien vite on ne peut plus du tout se contenter des différente hauteurs de frappes, toujours aussi savoureuses à utiliser, c’est à souligner.

Un peu léger en personnages et stages, malgré une bonne durée de vie

image dead or alive 6
Dans le genre humiliation, ça se pose là !

Dead or Alive 6 s’appuie sur des bases toujours aussi solides. Coups hauts, à mi-hauteur ou bas sont toujours de la partie, et la mécanique de garde reste toujours aussi précise. Par exemple, une défense accroupie est parfaite contre les frappes hautes, cependant elles sont totalement inefficaces contre les coups à mi-hauteur. Cette spécificité, vous devez la digérer, car la clé de la maitrise y trouve son origine. Sans une certaine habilité à utiliser la touche Carré, vous ne serez capables que de sortir des offensives sans trop de logique, tant la lecture des mouvements adverses ne s’analyse que par ce point de vue défensif. Et, autant vous prévenir, les joueurs qui n’utilisent pas la garde, en ligne, se remarquent comme le nez au milieu de la figure. Aussi, on peut toujours tourner autour de l’adversaire, histoire de trouver le meilleur angle pour placer un bon combo. Enfin, jouer avec les décors reste un plaisir réservé à celles et ceux qui connaissent le jeu par cœur, avec ces dégâts dus aux changements de terrain. On pense au stage Forbidden Fortune, et les tentacules agressives du Kraken.

Les niveaux, justement, parlons-en. Et c’est ici que Dead or Alive 6 commence à un chouïa prendre à faire tiquer : sur son contenu à débloquer, assez éloigné de ce qu’on a pu apprécier par le passé. Les stages sont au nombre de quatorze, l’entrainement compris. Ce n’est pas trop peu, mais on aurait apprécié encore plus d’environnements, et sans doute un ajout de folie dans ces lieux. Cela reste assez standard, tout comme les costumes à débloquer. C’est sans doute ici qu’on pourra émettre notre plus gros regret : le soft est clairement une réponse au scandale porté par l’annulation de la sortie européenne de Dead or Alive Xtreme 3, et l’interdiction grotesque de l’utilisation de certains costumes en tournoi. L’ADN de la série, c’est aussi la collectionnite aiguë d’habits, d’accessoires à débloquer, au prix d’efforts monomaniaques intenses. Si le prix ingame à payer reste assez costaud, il va falloir grinder et pas qu’un peu, on reste circonspect devant l’aspect très correct des tenues, notamment féminines. Et comme on fait partie de celles et ceux qui ne pensent pas qu’un jeu vidéo peut suffire à expliquer le sexisme de certains, cet effet kiss cool nous est particulièrement désagréable. Heureusement, le mode Quête DOA se charge d’ajouter un peu de passion, manette en main, avec une centaine de missions, proposant trois objectifs chacune, du genre bloquer deux frappes inférieures, ou effectuer trois frappes en faisant un pas de côté. Aussi, les jusqu’au-boutistes pourront viser l’obtention de chacun des 1073 titres à collecter. Oui, 1073, vous avez bien lu.

Pour conclure, il faut coucher quelques mots concernant le visuel, et l’auditif. Dead or Alive 6 compte sur un univers coloré et foufou pour déployer une direction artistique satisfaisante. Les personnages, comme Kasumi et Hayabusa, ont toujours autant la classe, et si l’on compte une ou deux véritables fautes de goût (La Mariposa est redoutable, mais elle reste assez insupportable), globalement on reste sous le charme. On a, donc, plus de mal avec les stages, tous trop génériques pour éveiller l’attention. Mais le vrai souci provient de la technique pure. Si les effets de lumière ont fait un bond en avant, depuis le cinquième opus, et si l’on se réjouit de l’apparition des dégâts sur les corps, on reste circonspect devant les visages assez pauvres, et l’aliasing, du moins sur PlayStation 4 non Pro. Par contre, le tout reste d’une fluidité sans fausse note. Enfin, sachez qu’il est possible d’opter pour un doublage anglais ou japonais. Enfin, pour nous le choix est très vite fait : la seconde langue est indispensable. Quant à la bande originale, signée par Hiromu Akaba (A.O.T. 2) et Yosuke Kinoshita (Dead or Alive 5), elle manque de thème immédiatement identifiable mais se charge de bien rythmer les duels.

Note : 15/20

Dead or Alive 6 était attendu, et le résultat a de quoi charmer un public assez large. Vous n’êtes que peu connaisseurs de la licence ? Ou, au contraire, vous avez retourné dans tous les sens les précédents opus ? Alors vous trouverez ici de quoi vous amuser. Certes, on doit dorénavant faire sans la folie du character design d’antan, qui fait place à un résultat plus prude, plus pensé pour ne pas choquer les esprits puritains (et malheureusement très intrusifs), mais la substantifique moelle répond bien présent. On a toujours grand plaisir à lire dans les gardes de l’adversaire, et l’ajout de la jauge de rupture a de quoi modifier quelques réflexes, mais dans le respect du gameplay de la série. Si, globalement, tout n’est pas parfait, on tient tout de même là un jeu de baston assez croquant pour craquer.

7/10

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