[Test] Ghost Giant : le PlayStation VR côté émotions

Caractéristiques

    • PlayStation VR
  • Développeur : Zoink AB
  • Editeur : Just For Games
  • Date de sortie : 19 avril 2019
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Zoink AB déploie ses qualité sur PlayStation VR

image gameplay ghost giant
Il va falloir prendre soin du petit Louis.

On a tous craint de voir la réalité virtuelle se cloisonner à l’excès, trouver ses genres les plus représentatifs et se contenter de compter sur des valeurs sûres. En gros, la plus grande frayeur qu’on pouvait évoquer, alors que le PlayStation VR débarquait voilà quelques années, c’était la recrudescence exagérée de jeux à la première personne, et d’expériences au gameplay plus que limité. Heureusement, en 2019 cette retenue est désormais balayée. Bien entendu, les FPS restent très présents, mais l’originalité d’un Resident Evil 7, par exemple, a su donner un sacré coup de fouet à ce secteur. Aujourd’hui, on est assez étonné par l’inventivité de certains studio, qui ont accouché de jeux comme Astro Bot : Rescue Mission ou Immortal Legacy, des jeux parfois imparfaits mais tout de même intéressant, vidéoludiquement parlant. Ghost Giant s’ajoute-t-il à la liste ?

Ghost Giant est développé par Zoink AB, studio que l’on connaît bien pour son Flipping Death. Distribué par Just For Games, le jeu peut avant tout compter sur un univers enchanteur. L’histoire prend place dans le monde coloré de Sancourt. Le joueur incarne le fantôme géant du titre, et un seul être peut sentir votre présence : Louis, un chat anthropomorphique, tout mignon dans son design super deformed. La vie de ce protagoniste n’est pas des plus palpitantes : il habite avec sa mère, les deux demeurant dans une ferme de tournesols. Seulement voilà, un jour la maman s’absente, beaucoup trop pour que ce soit normal. C’est à partir de cet instant que vous allez devoir intervenir, afin non seulement d’aider Louis, mais aussi d’autres personnages tous plus émouvants les uns que les autres.

La qualité première de Ghost Giant se situe dans son atmosphère, son récit, c’est un fait. D’ailleurs, cela commence à devenir une habitude pour Zoink AB, studio qui sait écrire des personnages attachants, dans des univers bourrés de personnalité. On se souvient de Fe, un de leurs précédents titres, dont la direction artistique, et l’émotion qui s’en dégage, a marqué les joueurs. Le soft ici abordé est sans doute leur plus abouti à ce niveau, tant on ne ressent aucune baisse de régime du début à la fin. La narration est même exemplaire, notamment grâce à l’immersion obtenue par le biais du PlayStation VR. Certes le tout est un peu court, il vous faudra cinq heures pour en voir le bout, mais on sent qu’il n’en fallait pas plus, notamment pour ne pas banaliser les quelques réactions touchantes de Louis. Précisons ici que les voix sont en version originales, et que les sous-titres sont proposés en français. Un bon point.

Des sentiments puissants, mais un gameplay imparfait

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La direction artistique de Ghost Giant est l’une de ses grandes forces.

Comme d’habitude avec Zoink Games, c’est du côté du gameplay que cela se corse un peu. C’est moins rageant que dans Fe, qui était réellement nivelé vers le bas par sa prise en mains, mais on note tout de même une ou deux mécaniques qui ne fonctionnent pas aussi bien qu’elles le devraient. Ghost Giant vous propose d’incarner un regard extérieur, et large, sur l’aventure de Louis. Du coup, vous êtes un peu Dieu, et il faut venir en aide au personnage en observant les situations, en manipulant des objets, ce genre de choses. Un jeu de réflexion donc, qui vous proposera treize situations, toutes construites pour vous faire prendre part à l’aventure du mieux possible. Le problème principal vient de la gestion des PlayStation Move : ils manquent de précision et, comme la caméra se fait très éloignée dans certains cas, cela peut poser problème pour bien exploiter les environnements. Il n’est pas rare de prendre plus de temps que nécessaire pour empoigner un élément, par exemple, ce qui peut faire perdre un peu de temps.

Une vue pas toujours idoine, cependant il serait injuste de ne pas noter tout ce qui fonctionne. Et Ghost Giant propose bien des qualités. Tout d’abord, saluons Zoink AB pour avoir fait preuve d’une certaine inventivité dans le but de bien exploiter le casque PlayStation VR. C’est plutôt rare qu’un soft aille jusqu’à exploiter le micro de la sorte, et ça fonctionne bien. Manipuler la caméra (seulement latéralement) se fait très simplement. Si le tout s’accompagne d’un fort style contemplatif, avec des moments entiers de pure observation tranquille, on devra tout de même faire marcher nos neurones, pour des énigmes pas spécialement ardues mais tout de même prenantes. On a parfois l’impression d’être projeté dans la peau d’un enfant qui découvre une maison de poupées : notre position omnisciente fait partie intégrante de la saveur du titre, PlayStation Move en mains.

Ghost Giant peut compter sur l’expertise technique de Zoink AB, studio qui connaît parfaitement ses limites budgétaires, donc en joue de manière imparable. La direction artistique, toute en couleurs chatoyantes et formes arrondies, provoquent un émerveillement de tous les instants. Les textures sont précises juste ce qu’il faut, donnant l’impression heureuse d’un monde vivant, sans éléments de décors qui se répètent de trop. Les environnements profitent de pas mal d’animations, ce qui ajoute à l’immersion. On a bien un chouïa d’alliasing, mais le phénomène est réduit à sa plus minime expression. Ajoutons une très agréable bande originale, signée par l’artiste maison Joel Bille. Elle s’avère tout à fait dans le ton émotif du scénario, et participe pleinement à cet emballage artistique très efficace.

Note : 15/20

Encore une belle petite expérience pour le PlayStation VR ! Comme à son habitude, Zoink AB soigne le récit de Ghost Giant, et fait tout pour que l’ambiance nous reste en mémoire. Pari réussit à ce niveau : on n’oubliera pas Louis de sitôt. Seul bémol, et c’est là encore une spécificité de ce studio,le gameplay n’est pas entièrement satisfaisant, notamment à cause d’une imprécision des PlayStation Move, ou plutôt de la manière dont ils sont utilisés. Cela ne porte pas trop atteinte au résultat, lequel est conseillé pour les joueurs en quête de softs aussi plaisants que charmants.

7/10

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