[Critique] Tolkien : Biopic (trop) classique

Caractéristiques

  • Réalisateur(s) : Dome Karukoski
  • Avec : Nicolas Hoult, Lily Collins, Colm Meaney, Craig Roberts, Anthony Boyle, Derek Jacobi...
  • Distributeur : 20th century fox france
  • Genre : Biopic, Drame
  • Nationalité : Britannique
  • Durée : 112 minutes
  • Date de sortie : 19 Juin 2019

Un biopic classique et plan-plan

Retraçant la vie du célèbre auteur des romans Le Hobbit et Le Seigneur des Anneaux, Tolkien est un biopic qui doit sans aucun doute son existence au succès des deux trilogies de la Terre du Milieu. Le long-métrage revient sur la jeunesse et les années d’apprentissage du célèbre J.R.R. Tolkien. Orphelin, il trouve l’amitié, l’amour et l’inspiration au sein d’un groupe de camarades de son école. Mais la Première Guerre Mondiale éclate et menace de détruire cette « communauté ». Que vaut ce biopic ? Découvrons-le tout de suite.

Dire que Tolkien est un auteur majeur du 20ème siècle serait un euphémisme tant celui-ci a apporté à fantasy grâce à ses romans sur la Terre du Milieu. Alors, quand on s’attaque à adapter sa vie sur grand écran, il faut le faire bien. Est-ce le cas ici ? Oui et non. Les scénaristes David Gleeson et Stephen Beresford ont décidé de parler surtout de la jeunesse de l’écrivain, jusqu’à la Première Guerre Mondiale. Montrer le parcours de cet orphelin et ce qui l’a construit tout au long de sa jeunesse est intéressant, mais le problème, c’est que les thèmes abordés (l’amitié, l’amour, la construction de soi) sont redondants. On nous répète toujours la même chose avec de gros sabots pour qu’à la fin du film, le pathos soit là. Et ça ne marche pas.

La seule chose qui fonctionne vraiment, ce sont les événements où il est souligné que cela lui servira plus tard dans l’écriture de ses œuvres. Cependant, même de ce côté-là, il y a un certain manque de subtilité. Autre problème : le traitement de la Première Guerre Mondiale. Celle-ci a eu un énorme impact sur l’auteur et le problème c’est qu’on passe trop peu de temps dessus. Avec une structure en flashbacks, on passe maximum dix minutes, sur 112, sur cette partie de sa vie, ce qui est bien trop peu pour comprendre l’influence qu’elle a vraiment eu sur celui-ci.

Est-ce qu’on s’accroche tout de même aux personnages et aux liens qui les unissent ? Oui, les relations sont assez bien développées et le passage des histoires d’amitié ou d’amour avec Edith se font sans forcer. Il est en tout cas clair que même si le scénario omet beaucoup de choses de la vie de Tolkien, ceux qui ne connaissent pas son histoire et qui sont fans de son univers y trouveront sûrement leur compte. Pour les autres…

De bonnes idées visuelles

image nicholas hoult tolkien

Et pourtant, malgré ces réserves au niveau du scénario, il faut dire que la réalisation de Dome Karukoski relève le niveau. On sent clairement que les films de Peter Jackson ont eu une influence visuelle sur le long-métrage. Il y a beaucoup d’éléments visuels qui sont des rappels aux deux trilogies. Que ce soit au début du long-métrage avec Tolkien qui quitte la campagne anglaise qui ressemble à Hobbitebourg, ou encore sur le champ de bataille (comme on peut le voir en exemple sur la photo ci-dessus), tout semble nous les rappeler. Est-ce un mal ? Non, clairement pas. Par contre, on peut regretter, que, sûrement pour un en faire un film tous publics, que les scènes de batailles de la Grande Guerre soient édulcorées de toute violence et ne montrent pas l’horreur qu’était cette dernière.

Le tout est effectué par un tour de passe-passe assez déconcertant. Dommage ! Pour le reste, la réalisation reste très classique. La lumière très naturelle de Lasse Frank Johannessen s’adapte bien au ton de l’époque. La reconstitution des décors ou des costumes d’époque sont aussi de qualité. Alors oui, au vu de la répétition des thèmes abordés, certaines scènes se ressemblent, du coup,  il y a des longueurs, l’ennui nous guette et les 1h52 semblent presque trop. Enfin, il faut reconnaître le travail de composition de Thomas Newman. Sa musique est inspirée et il utilise même des chants en Quenya (la langue principale des elfes dans Le Hobbit et Le Seigneur des Anneaux).

Côté casting, Nicolas Hoult (X-Men: Dark Phoenix) s’en sort plutôt pas mal en Tolkien. Sa prestation est très correcte. Il en est de même pour Lily Collins qui apporte tout son charme naturel à Edith. Les seconds rôles, Colm MeaneyCraig Roberts et Anthony Boyle, ont aussi des prestations solides. Petit coup de cœur sur la performance de Derek Jacobi qui malgré son peu de temps à l’écran, offre toute son expérience et sa classe au professeur Wright.

Au final, Tolkien est un biopic classique avec des défauts narratifs qui entraînent des longueurs.  Le long-métrage s’en sort tout de même avec de bonnes idées visuelles et des prestations plus que correctes. Il fera découvrir aux fans de l’univers de la Terre du Milieu l’histoire de son créateur. Pour les autres…

5/10

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