[Critique] Annabelle 3, la Maison du Mal : un film sans ambition

Caractéristiques

  • Titre original : Annabelle Comes Home
  • Réalisateur(s) : Gary Dauberman
  • Avec : Mckenna Grace, Madison Iseman, Katie Sarife, Vera Farmiga, Patrick Wilson
  • Distributeur : Warner Bros.
  • Genre : Horreur
  • Nationalité : USA
  • Durée : 106 minutes
  • Date de sortie : 10 juillet 2019

L’opus de trop ?

image critique annabelle 3
Le résultat manque de peps.

 

Septième opus de l’univers Conjuring, et troisième volet mettant en vedette la terrible poupée Annabelle qui, après une préquelle réussie, revient hanter le sous-sol de la maison du couple Warren. On retrouvera par conséquent avec plaisir Vera Farmiga et Patrick Wilson dans leurs rôles emblématiques, mais qui se contenteront dans, Annabelle 3, la Maison du Mal, de rôles secondaires afin de laisser place à la jeune McKenna Grace jouant une Judy Warren plus jeune que dans les épisodes canoniques.

Complété de Madison Iseman et Katie Sarif, ce nouveau casting presque entièrement féminin (à l’exception du soupirant de la babysitter) propose de bonnes prestations, même si l’écriture de leurs personnages (et du film en général) se révèle paresseuse, ou parfois carrément inepte. Le rôle de Daniela (Katie Sarif) par exemple, qui sera à l’origine de la libération d’Annabelle, est exaspérant de naïveté (voire de stupidité), et ce malgré des motivations fort compréhensibles. Annabelle 3, la Maison du Mal, dans son ensemble, tombe lui dans le piège habituel des personnages qui semblent passer la moitié de l’intrigue à faire semblant de ne pas remarquer que quelque chose ne va pas dans la maison et ses alentours.

Même pas peur !

Outre donc la nonchalance du casting, c’est bien par le biais du scénario que le film se ramasse. Annabelle 3, la Maison du Mal constitue sans nul doute l’un des épisodes parmi les plus mous du genou de la saga. Non que le long métrage soit dénué de qualités, entre autre esthétiques (la scène d’introduction près du cimetière distille une ambiance superbe) mais pour un film d’horreur censé faire peur, on tressaille à peine plus qu’une puce anémique. C’est simple, même un cardiaque agoraphobe et claustrophobe parviendrait à se détendre durant ce résultat, tant les sursauts et apparitions sont téléphonées.

Pourtant quand on constate que le réalisateur et co-scénariste de Annabelle, la Maison du Mal s’appelle Gary Dauberman, on est en droit d’espérer un peu de mordant dans les péripéties. Mais que nenni. C’est suite à une étude plus poussée du C.V. de ce monsieur qu’on comprend que le résultat s’avère sans surprise, car bien que le film constitue sa première réalisation, Gary Dauberman n’est pas étranger au monde de l’angoisse, puisqu’il a scénarisé les précédents volets d’Annabelle ainsi que, La Nonne, et Ça, Volume 1 & 2. Toutes ces œuvres, à l’exception d’Annabelle 3, la Naissance du Mal ont pour point commun de souvent s’avérer visuellement de bonne facture mais tout public, ce qui dans le cas d’un long métrage d’horreur relève rarement du compliment.

La peur du vide

Ce qui est attrayant en revanche, c’est la galerie (bien que modeste) des spectres libérés au contact de la poupée maudite : de l’armure japonaise possédée au chien noir (un loup garou plutôt), en passant par une représentation de Charon le Nocher des Enfers, on peut écrire que Annabelle 3, la Maison du Mal aura réussi sa campagne marketing, et aura de quoi nourrir d’autres spin-offs selon l’engouement du public. Il arrive même parfois qu’on oublie Annabelle et le démon qui l’habite, au profit des petits nouveaux. Ce qui peut cependant constituer également un problème car justement on aura déjà trop vu certains à l’œuvre pour qu’ils nous surprennent dans leurs propres films.

Sous des ressors artificiels, le film nous balade donc dans une sorte de train fantôme de fête foraine sans réel déplaisir mais rabâchant une formule déjà usée. Et si Annabelle 3, la Maison du Mal n’est pas aussi soporifique que La Malédiction de la Dame Blanche, elle n’a finalement pas grand chose à raconter et semble n’exister que pour étoffer le bestiaire de la saga. Et nous faire patienter jusqu’à la sortie de Conjuring 3 en 2020.

5/10

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