[Critique] Stephen King’s Doctor Sleep : Une bonne suite de Shining?

Caractéristiques

  • Titre original : Doctor Sleep
  • Réalisateur(s) : Mike Flanagan
  • Avec : Ewan McGregor, Kyliegh Curran, Rebecca Ferguson, Cliff Curtis, Jacob Tremblay, Carl Lumbly et Bruce Greenwood.
  • Distributeur : Warner Bros France
  • Genre : Thriller, Fantastique
  • Nationalité : Américain
  • Durée : 152 minutes
  • Date de sortie : 30 octobre 2019

Une bonne adaptation du livre et une bonne suite du film

Il y a quasiment quarante ans (en 1980) sortait en salles Shining de Stanley Kubrick. Oeuvre culte de l’horreur, mais adaptation peu fidèle du livre de Stephen King, qui n’aimait pas le le film, au point que l’auteur a réalisé sa propre adaptation du bouquin en mini-série de trois parties en 1997. En 2013, King sort la suite en livre, intitulée Doctor Sleep. Aujourd’hui, sa transposition à l’écran, réalisée par Mike Flanagan (The Mirror, Ouija: Les Origines), sort en salles. Le film est autant une adaptation du livre qu’une suite au film de Kubrick. Est-ce réussi ?

Le long-métrage commence là où Shining se terminait. Danny (encore enfant) et sa mère ont déménagé en Californie, loin de la neige. Toujours hanté par ce qu’il s’est passé à l’hôtel Overlook, l’enfant doit apprendre à maîtriser son don. Devenu adulte, celui-ci est SDF et alcoolique, mais on va lui donner une chance de rebondir. En parallèle, des êtres ayant reçu le même don que Danny l’utilisent pour tuer d’autres personnes comme eux afin de prolonger leur vie.

Enfin, une adolescente, Abra, ayant la même faculté, mais beaucoup plus puissante que celle de Dan, va attirer l’attention de ces êtres qui vont la pourchasser. Le scénario de Mike Flanagan suit donc trois storylines distinctes. La première développe celle de Danny, qui doit vaincre ses démons et trouver la paix. Cela se fera en plusieurs étapes et de manière plutôt intelligente. L’homme a vécu un traumatisme et s’en sortir n’est pas aisé. La seconde histoire se concentre sur Rose et son groupe du Nœud Vrai. On apprend à comprendre ce groupe qui tue des personnes ayant le shining pour vivre le plus longtemps possible. Là aussi, c’est introduit de manière intelligente, car le groupe ne tue pas systématiquement. Le don est différent selon la personne et, si celui-ci peut servir leur communauté, alors il est converti. Enfin, l’histoire d’Abra. Une jeune adolescente au pouvoir exceptionnel. Courageuse, elle veut s’interposer contre le Nœud Vrai car elle a pressenti leurs meurtres.

Tout est présenté de la bonne façon. On passe facilement d’une histoire à une autre jusqu’à ce que celles-ci se rejoignent pour amener au final. Alors oui, disons-le tout de suite : Doctor Sleep n’est pas un film d’horreur comme son prédécesseur, mais plutôt un thriller fantastique. Oui, il y a quelques scènes d’horreur, mais très peu au final. Ce n’est pas le thème ni l’esprit de cette suite. D’ailleurs, c’était sûrement le meilleur choix à faire pour ne pas souffrir de la comparaison avec son aîné.

Le long-métrage développe bien ses thèmes jusqu’à leurs conclusions logiques. Seul bémol : la conclusion pour le personnage de Danny qui, malgré une certaine logique, aurait été meilleure si celle du livre avait été choisie. D’ailleurs, en parlant en termes d’adaptation, il y a des différences entre le roman et le film. Cela est principalement dû au fait que le long-métrage est une suite du film Shining et non du livre. Celui-ci ayant beaucoup de différences avec l’oeuvre de King, il a fallu les adapter dans la suite filmique de Doctor Sleep. A part la conclusion de l’arc de Danny, les différences restent assez mineures.

De bons acteurs et une réalisation plutôt inspirée

image ewan mcgregore doctor sleep

Côté technique, Mike Flanagan s’en sort aussi plutôt pas mal. Sa réalisation est stylisée, avec quelques bonnes idées de mise en scène. Il s’approprie bien l’univers, jusqu’à la recréation d’une scène de Shining. Même s’il fait quelques références au maître Kubrick dans certains plans, on sent que cela tient surtout de l’hommage, et non du plagiat, ce qui n’est pas plus mal. Le réalisateur est bien aidé par la photo de Michael Fimognari qui donne le ton juste visuellement pour chaque scène. La musique de The Newton Brothers est plutôt pas mal, même si elle ne restera pas dans les mémoires. Seul le thème original de Shining, qu’ils reprennent, redonne des frissons. Enfin, le montage, là aussi de Flanagan, qui est décidément partout, s’avère efficace. Les 2h30 passent assez vite et on ne s’ennuie pas malgré un rythme assez lent.

Côté casting, Ewan McGregor (Jean-Christophe et Winnie) est très bon dans le rôle de Danny. On sent le traumatisme qu’à subi son personnage au travers de son interprétation. Une prestation sérieuse. Rebecca Ferguson (Mission: Impossible – Fallout) s’en sort pas mal dans le rôle de Rose. Il y a tout même quelques scènes où elle surjoue légèrement, mais cela reste assez convaincant. Jacob Tremblay (The Predator) n’est présent que très peu de temps à l’écran mais apporte surtout, avec son jeu, de l’émotion à une scène assez déchirante. Mais on retiendra surtout la prestation de la jeune Kyliegh Curran dans le rôle d’Abra. Malgré son jeune âge, on sent de la maturité dans sa façon de jouer, aussi courageuse et téméraire que son personnage. Le reste du casting est complété par les performances solides de Cliff Curtis, Carl Lumbly et Bruce Greenwood.

Au final, Stephen King’s Doctor Sleep est un bon thriller fantastique. Evidemment, la comparaison sera inévitable avec le chef d’oeuvre de Stanley Kubrick, mais les deux longs-métrages sont de deux genres différents. Ceux qui s’attendent à un film d’horreur seront déçus. Les autres y trouveront une bonne histoire, bien développée, avec une solide mise en scène et des acteurs impliqués.

7/10

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