article coup de coeur

[Test] Slay The Spire : un gros coup de coeur

Caractéristiques

    • PlayStation 4
    • Nintendo Switch
    • Mac
    • PC
  • Développeur : Mega Crit
  • Editeur : Humble Bundle
  • Date de sortie : 15 novembre 2019 (version physique)
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Slay The Spire livre un concept passionnant

image gameplay slay the spire
Slay The Spire va vous envouter pendant des heures…

Alors que la fin d’année vient de lâcher de grosses cartouches vidéoludiques, on pensait en avoir terminé avec les coups de coeur. Mais que nenni gentes dames et nobles damoiseaux : pas de repos pour les braves. C’est ainsi que la sortie physique de Slay The Spire, distribuée chez Just For Games (une boîte qui monte, qui monte), nous donne l’occasion de découvrir un titre qui était passé dans les mailles de nos filets, en tout début d’année 2019, alors que le soft débarquait au format dématérialisé après une longue période d’accès anticipé. Une erreur d’inattention de notre part, puisque le jeu, signé Mega Crit, est une véritable bombe.

Passons rapidement sur le contexte scénaristique de Slay The Spire, car il se fait très minimaliste. On incarne un personnage qui s’enfonce dans un donjon étendu sur trois étages, et c’est à peu près tout. D’ailleurs, on se doit de vous rassurer de suite : cette absence de récit, de présence de l’écriture, se veut parfaitement justifiée. En effet, on se rend rapidement compte que le meilleur conteur, dans ce soft, n’est autre que le joueur. C’est lui qui va devoir choisir sa route et, par conséquent, se construire son épopée. Signalons ici que le titre est entièrement traduit en français, et c’est une excellente chose.

Slay The Spire, c’est surtout un concept qui apporte une pierre luxueuse à l’édifice Roguelite. C’est incroyable comme ce genre, une remise au goût du jour du Roguelike, a su grandir et s’imposer au fur et à mesure d’associations saugrenues, notamment grâce à l’inventivité du domaine indépendant. Ici, c’est le jeu de cartes, et plus précisément de construction de deck, qui est associé aux codes du Roguelite. Il est donc toujours question d’inclure l’échec dans l’expérience, et même l’apprentissage, mais non sans motiver drastiquement les joueurs vers ce possible game over. (ici avec un gain d’expérience) Le but reste bel et bien de survivre le plus possible, et ce afin d’atteindre et de terrasser le dernier boss, un coeur fichtrement puissant. Avant cela, le joueur aura traversé traversé trois étages, divisés en salles, elles-mêmes de différents types. Ils sont signalés sur la map par le biais de symboles : ennemis, ennemi puissant, salle de repos, marchand et la surprise (souvent un événement qui propose un choix cornélien). Le gamer a une emprise sur tout ça, puisqu’il peut choisir entre différents chemins, et autres croisements. Et chaque run se veut différent : la création aléatoire est de la partie.

Addictif au possible

image test slay the spire
Le marchand réserve parfois de bonnes cartes soldées.

Un concept évidemment addictif, qui devient carrément passionnant avec le système de combat qui rappellera, en partie, bien de bons souvenirs aux fans de Baten Kaitos (l’élite !). Slay The Spire vous demande donc de vous bagarrer non pas en contrôlant l’arme de votre avatar, mais des cartes qui lancent différents actions, de l’attaque à la défense en passant par une foule d’autres effets. On débute la partie avec une dizaine de cartes dans le deck, un chiffre un peu juste mais destiné à évoluer drastiquement. En effet, chaque opposant vaincu vous en apporte une nouvelle, et d’autres méthodes vous permettront de gonfler encore votre réserve, notamment le marchand. Plus vous vous enfoncerez dans le dédale de salles, plus vos cartes seront potentiellement puissantes, et demanderont parfois plus d’énergie afin d’être utilisées. Bien entendu, les subtilité s’accumulent, et l’on se prendra vite à rechercher les meilleurs enchainements possibles.

Les ennemis rencontrés dans Slay The Spire sont du genre prévenants : ils annoncent leur prochaine action. Mais ne croyez pas que cela facilite l’expérience. Ce choix pousse surtout le joueur sur le chemin de la stratégie, d’autant plus que le système de défense s’avère très ingénieux. Par exemple, l’adversaire va lancer une attaque à quinze de dégât. Il faut alors espérer que votre deck vous propose des boucliers capables de couvrir cette offensive, au moins en partie. Tout cela est nappé de quelques idées puissantes, comme la gestion des potions à effet (rajouter de l’énergie, de la santé etc), mais aussi la présence de plusieurs personnages jouables, qui apportent des spécificités. On débute avec le classique Soldat, puis on pourra débloquer la Silencieuse et le Défectueux. La première joue beaucoup sur l’effet de poison, mais aussi le gain de surins, des attaques qui ne coûtent pas d’énergie. La maitriser est assez difficile, son style se fait plus prudent, mais le résultat reste agréable. Le défectueux, lui, renouvelle totalement la prise en mains. Il est question d’utiliser des orbes à pouvoir, mais surtout de bien gérer sa défense. Là, clairement, le challenge se fait très ardu, et pas toujours récompensé comme il se doit.

La durée de vie de Slay The Spire se veut gigantesque. Au-delà de l’aventure, vous pourrez avoir accès aux Ascensions, qui ajoutent des défis aux niveaux. On pourra aussi se lancer dans des défis quotidiens, et tenter de compléter le codex. Si vous accrochez, vous dépasserez certainement la centaine d’heures de jeu, c’est dire si le soft propose un contenu ample. Visuellement, notre constat est plus mesuré. Aucun ralentissement en vue, et les textures sont précises comme il faut. Le souci n’est donc pas d’ordre technique, mais se déclare dans la direction artistique. Elle n’est pas détestable, loin de là, par contre la saveur se veut générique au possible. Cela manque aussi un peu d’effets à l’écran, et surtout d’animations. Enfin, la bande originale, signée Clark Aboud, accompagne idéalement l’univers heroic-fantasy. On regrette juste que les thèmes ne soient pas assez nombreux, ils deviennent donc assez rapidement répétitifs.

Note : 17/20

On avait raté la sortie de Slay The Spire début 2019, cette sortie physique nous fait comprendre cette erreur : ce jeu est l’un des plus passionnants de cette année. Roguelite autant que jeu de construction de deck, il devient vite addictif et les runs s’enchainent jusqu’au petit matin. Intelligent dans ses mécaniques, et costaud côté contenu, il vous occupera pendant un nombre d’heures incalculable. Tout juste regrette-t-on une direction artistique sans éclat, et un personnage (le Défectueux) vraiment trop complexe à maitriser, mais cela ne fait pas oublier une seconde notre constat : voilà un titre incontournable.

8/10

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