[Test] Blacksad Under The Skin : attachant mais brouillon

Caractéristiques

    • PlayStation 4
    • Xbox One
    • PC
  • Développeur : Pendulo, Ys Intractive
  • Editeur : Microïds
  • Date de sortie : 14 novembre 2019
  • Acheter : Cliquez ici

Blacksad : Under The Skin respecte l’esprit de la BD

image test blacksad under the skin
John Blacksad va encore avoir des ennuis…

Voilà quelques mois, nous avions croisé la route de Blacksad : Under The Skin, à l’occasion d’une preview que vous avez été nombreux à lire. Ceci est du genre à nous rassurer car, pour nous aussi, ce jeu d’aventure est entouré d’une aura attirante. L’idée d’inscrire cette série de bande dessinée culte dans le jeu d’aventure à forte tendance Point and click fait sens et, sur notre première prise en mains, nous étions convaincu du potentiel de la bête. Restait au studio de développement Pendulo (aidé par Ys Interactive), un spécialiste du genre qui a su livrer quelques titres de qualité (Yesterday, Runaway), et à son éditeur Microïds, la tâche toujours difficile qu’est le dernier coup de polish, histoire de régler quelques défauts que nous avions relevé.

Pour des raisons évidentes, nous n’aborderons aucun événement précis du script. L’histoire figure en bonne position dans la liste des qualités de Blacksad : Under The Skin. Si les auteurs de la bande dessinée, Juanjo Guarnido et Juan Diaz Canales, n’ont pas écrit le scénario mais se sont retrouvés pour la supervision du titre, on doit tout de même féliciter Pendulo pour avoir livré un récit qui fait très bien illusion. Tout comme dans la BD, l’ambiance archi film noir transpire de chaque situation, avec un respect des codes qui force le respect. C’est un bonheur pour tout cinéphile qui se respecte, tant on retrouve chaque passage obligé : la boxe, la pègre, la femme fatale, les bagarres bien punchy, les personnages qui ne cessent de cacher une profondeur que l’on se doit de découvrir, etc. Aussi, heureuse est l’écriture du personnage principal, John Blacksad. C’était sans doute le plus difficile : il fallait trouver le bon équilibre pour ne pas faire passer son spleen pour de la complainte vulgaire. Et le piège a été évité, ouf. Sachez que le jeu est intégralement doublé et sous-titré en français, avec un soin tel que cela ajoute encore plus de force à l’ensemble.

Pour ce qui est de l’ambiance, Blacksad : Under The Skin fait un sans-faute. C’est malheureusement moins le cas du côté du gameplay même si, de notre point de vue, les bonnes idées l’emportent sur les regrets. Tout d’abord, sachez que le jeu s’inspire grandement de la série vidéoludique Sherlock Holmes. On retrouve la même forme d’enquête : trouver des indices, recueillir des témoignages, recouper le tout et, parfois, faire face à quelques séquences plus animées (QTE, mini-jeux). On se déplace dans des décors en 3D, on découvre des points d’intérêt, tout cela est très classique et fonctionnel. Plus intéressantes sont les mécaniques d’analyse et de déduction. Dans la première, notre avatar passe en revue un personnage qui lui fait face, histoire de détecter tout comportement inhabituel. Pratique quand il s’agit de déceler le mensonge. La déduction, elle, se calque sur ce qu’on a pu voir chez le détective anglais précédemment cité : il faut attacher deux faits afin d’obtenir une solution.

Le pas chat-loupé de Joh aurait pu se faire plus rapide

image ps4 blacksad under the skin
Aller John, il faut se presser !

Mais la vraie bonne idée, celle qui fait que l’on espère voir Blacksad : Under The Skin être suivie d’un deuxième jeu, c’est l’influence de notre comportement sur l’aventure ou, pour être plus précis, sur les autres personnages. C’est encore assez balbutiant (d’où notre envie d’une suite), mais sachez que chacun de vos choix auront une incidence sur la manière dont est perçu l’avatar. Les statistiques, centralisées dans le menu Votre Blacksad, vous renseigneront si vous êtes plus finaud qu’obtus, résolu que prudent, silencieux que bavard etc. Par exemple, accepter ce pot-de-vin est une possibilité alléchante pour un matou au bord de la ruine, mais cela aura des conséquences. Tout reste encore un peu schématique, et l’on aurait voulu encore plus de ces moments, très réussis, où l’on se dit : « tiens, ici je paye un choix ». Malheureusement, ils sont finalement peu nombreux et, surtout, cela vole en éclat dans un dernier quart qui nous mène vers une fin jouée d’avance.

Ces bonnes sensations indéniablement portée par Blacksad : Under The Skin sont contrebalancées par des retenues notables. On l’avait écrit dans notre preview : notre avatar se traine lamentablement. On comprend le dilemme : une accélération du rythme de marche de John n’allait-elle pas briser l’ambiance ? A-t-on déjà vu un détective courir sur une scène de crime ? Seulement, un jeu vidéo se doit de tout de même être user friendly, même quad il demande un effort au gamer. Et il est difficilement supportable de passer des minutes entières à rejoindre un endroit. Surtout que le soft multiplie les allers et retours, notamment entre un restaurant et la salle de boxe, par le biais d’une looooongue allée très peu engageante. Cela a l’air de moindre importance, mais croyez-nous : on a parfois eu l’envie de remuer l’écran pour vérifier si ça ne pouvait pas arranger la chose (eh bien non, snif). Aussi, les angles de caméra ne sont pas toujours optimaux, et cela peut porter à confusion dans la découverte d’indices importants. Tourner en rond alors que la solution est sous le pif du personnage, ce n’est pas spécialement agréable.

Du côté du visuel, on est partagé. Blacksad : Under The Skin est techniquement assez moyen. Malgré un gros et salvateur patch day one, on a tout de même rencontré quelques bugs de collision, des transitions hachées, et des animations trop raides. On sent clairement qu’il aurait peut-être fallu encore quelques semaines à Pendulo pour rendre un travail plus propre. Par contre, la direction artistique est à notre goût avec un vrai travail sur les sources de lumière, la colorimétrie, etc. L’univers de Blacksad est bien rendu, jusque dans l’ambiance sonore. Celle-ci est portée par les musiques du toujours très doué Inon Zur (Dragon’s Dogma, Fallout 3), qui rend une bande originale idéalement jazzy.

Note : 13/20

Blacksad : Under The Skin restera comme une bonne adaptation, mais non dénuée d’imperfections. Parmi celles-ci, on trouve l’impossibilité incompréhensible de presser le pas, une notion de choix et conséquences sympathique mais finalement peu exploitée, et une technique en demi-teinte. Dommage, car le récit nous a intéressé d’un bout à l’autre, l’ambiance se veut agréablement fidèle à la BD, et les mécaniques sont fonctionnelle. Voilà pourquoi on aimerait voir une suite : les bases sont là, mais elles doivent encore être solidifiées.

6/10

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