[Test] Jenny Leclue – Detectivu : entre satisfaction et frustration

Caractéristiques

    • Nintendo Switch
    • Xbox One
    • iOS
    • Android
    • PlayStation 4
    • PC
  • Développeur : Mografi
  • Editeur : Mografi
  • Date de sortie : 26 août 2020
  • Acheter : Cliquez ici

Jenny LeClue mène une enquête plaisante

image test jenny leclue detectivu

Issu d’une campagne Kickstarter menée à son terme, mais qui aura pris son temps pour se matérialiser, Jenny LeClue – Detectivu sort du smartphone pour atterrir sur Nintendo Switch. Certes, il ne s’agit clairement pas de la plus grosse sortie de cette fin d’année, loin de là, mais les gamers qui apprécient l’aventure, le jeu d’enquête, ont ce titre dans leur radar. Alors, on s’est dit qu’il était nécessaire de sortir la loupe et le bloc note, afin de se plonger dans un univers effectivement plus intéressant qu’il n’y parait de prime abord.

Tout d’abord, il faut appuyer sur ce qui est un fait indéniable : Jenny LeClue – Detectivu est un jeu très porté sur la narration. L’histoire est centrale et, heureusement, elle est écrite avec un certain talent. Le joueur rentre dans cet univers par le biais de ce qu’on pourrait presque appeler un jeu dans le jeu, comme pour rappeler la figure stylistique du film dans le film. Le premier personnage que l’on découvre, c’est Arthur K. Finklestein, écrivain stakhanoviste ayant à son actif des dizaines de livres, tous ayant comme héroïne une certaine Jenny LeClue, fillette rouquine et à lunette, dont les enquêtes ont rythmé quelques trente-sept bouquins. Seulement voilà, le dernier en date a été pulvérisé par la critique, et le public semble se désintéresser peu à peu de ce qu’il a hier adulé. Le fait est que les aventure de l’enquêtrice tournaient en rond, sans grand enjeux dramatiques pour relever la sauce. Du coup, l’éditeur demande à ce qu’Arthur aille cette fois-ci plus loin, avec un meurtre.

Après cette introduction très réussie, Jenny LeClue -Detectivu nous plonge dans un univers en cours d’écriture. Cette figure de style, si elle reste purement superficielle, est l’une des grandes forces de cette expérience. Alors que l’on incarne la toute jeune enquêtrice, on a droit à l’intervention du « réel ingame », par le biais de l’écriture. La narration se fait réellement puissante, c’est une vraie bonne surprise. Le récit se fait lui aussi étonnant. La rouquine doit trouver le vrai coupable d’un meurtre qui, jusqu’ici, est imputé à la mère de Jenny. Voilà qui a le bienfait d’instaurer un contexte bouillant, ce qui nous pousse à avancer constamment. La galerie de personnages secondaires se charge aussi de distiller une ambiance décidément très travaillée. De même, on a beaucoup de sympathie pour la manière dont l’avatar brise parfois le quatrième mur, quand il s’agit de se moquer des propos du narrateur, lequel n’est autre qu’Arthur K. Finklestein. On a droit à des rebondissements, à une dose de bon humour parfois grinçant, mais l’on regrette tout de même une fin précipitée, qui ouvre vers une suite obligatoire. Cela, on n’en est vraiment pas fan, on nous laisse dans un état de frustration. Le tout est sous-titré en français, avec quelques coquilles et des mots qui sont passés dans les mailles du filet.

La fin se fait trop frustrante

image gameplay jenny leclue detectivu

Côté gameplay, Jenny LeClue – Detectivu se fait beaucoup plus classique, ce qui n’est pas obligatoirement une mauvaise chose. On s’attendait à un point & click classique, on obtient en fait des phases en 2D avec scrolling vertical. On pourra donc signaler une impression de linéarité, ce qui laisse quand même un petit regret. Toujours est-il que, dans les environnements traversés, l’avatar peut fouiller le décor ou tailler la bavette avec des personnages. Comme dans tout un tas de jeux d’enquête, on pense par exemple au récent Blacksad : Under The Skin, il est aussi question de trouver des indices, et de bien observer les spécificités physiques d’un suspect. On peut alors déplacer un curseur sur une représentation du protagoniste, la base. C’est tout de même une petite anicroche : le gameplay ne propose pas réellement d’idées originales, on a l’impression de tout avoir croisé ailleurs. Et ce même si les mécaniques restent bien utilisées, entendons-nous bien.

Jenny LeClue – Detectivu se boucle en à peu près huit heures, et ce chiffre pourra être gonflé grâce aux objets cachés à détecter grâce à la loupe. On a aussi la possibilité de recommencer le jeu en New game plus, ou de changer de costume. Une petite rejouabilité pas de refus, donc. Techniquement, le soft se tient relativement bien. La direction artistique se fait naïve juste ce qu’il faut pour qu’on ait l’impression d’assister à un bon dessin animé. On a même droit à des effets de lumière plaisants. Les musiques et autres bruitages se révèlent à l’avenant : c’est plein de personnalité, et cela nous fait bien rester dans le trip.

Note : 14/20

Jenny LeClue – Detectivu est un bon petit jeu d’enquête et d’aventure en 2D. Sa principale force réside dans son écriture très soignée. Malheureusement, on n’apprécie pas du tout cette fin abrupte, qui nous force à attendre un second épisode que l’on espère déjà en chantier. Reste que le gameplay, classique au possible, fonctionne bien, et la direction artistique se charge d’apporter une dernière touche ravissante. Du bien bon, qui aurait dû s’éviter une apothéose aussi frustrante.

7/10

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