[Test] Astérix et Obélix XXL 3 : une aventure inégale mais surprenante

Caractéristiques

    • PlayStation 4
    • Xbox One
    • Nintendo Switch
    • PC
  • Développeur : OSome Studios
  • Editeur : Microïds
  • Date de sortie : 21 novembre 2019
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Astérix et Obélix XXL 3 tente de renouveler la série

image test asterix et obelix xxl 3
Astérix et Obélix XXL3 joue sur les fondamentaux de la licence. Ici, les romains.

Astérix et Obélix XXL 3 : Le Menhir de Cristal est enfin sorti ! Si Astérix et Obélix XXL 2 n’était pas un grand hit, son récent remaster a su démontrer que le résultat valait bien l’étonnant engouement populaire qu’il a provoqué. « Étonnant »… pas tant que ça. Tout d’abord, le premier opus était aussi une réussite, très fidèle à l’esprit de la licence. Ensuite, il faudrait que tous les éditeurs comprennent que le jeu d’aventure en 3D, genre quasiment disparu si l’on excepte l’éternel Mario ou le méritant Yooka Laylee, reste populaire, même si la masse de fidèles est bien moindre qu’auparavant. Mais, et surtout, c’est la licence en elle-même qui est aux devants de ce succès : Astérix continue de passionner, et ce même si les derniers albums sont des échecs artistiques assez inquiétants.

Alors que l’on s’attendait tous à voir débarquer Astérix et Obélix XXL 3, la nouvelle édition du précédent opus ne laissant aucun doute, les premiers extraits de gameplay sont arrivés en plein été 2019. Et là, ce fut l’étonnement général. Ce troisième épisode, développé par OSome Studios (déjà aux commandes du remaster, mais aussi de l’encourageant White Night) et édité chez Microïds, allait rompre avec les codes de la série. Terminé le jeu d’aventure en 3D avec gestion libre de la caméra : il est désormais question d’une 3D à angle imposé. Aussi, la simplicité du concept original (en gros, on tabasse des romains et on explore) fait place à une coopération très dans l’air du temps, drapée d’une dose de réflexion avec l’apport du fameux menhir de cristal. Si l’on a entendu, très fort, les hurlement d’orfraie de certains fans, on était tout de même curieux de voir ce que ça allait donner, même si l’accord peut se faire autour du regret de quitter la 3D à l’ancienne.

C’est assez fou à écrire, mais sachez que l’histoire d’Astérix et Obélix XXL 3 : Le Menhir de Cristal s’avère bien plus agréable que celle du dernier album, Astérix et la Fille de Vercingétorix (même si la BD reste bien plus réussie que l’horrible Transitalique). Ce n’est pas non plus un grand scénario, mais il a au moins la qualité de nous motiver, ce qui n’est jamais de refus. Aussi, sachez que le récit est original, il ne s’agit aucunement d’une adaptation, que ce soit d’un film ou d’une bande dessinée. Comme souvent, tout commence par un événement qui va frapper Panoramix. Alors que l’éternel village gaulois coule des jours à peu près paisibles, le druide reçoit un courrier de l’une de ses collègues, Hella Finidrir, qui officie à Thulé. Elle l’informe d’une situation tendue : César est entrain de conquérir le territoire, et rien ne semble pouvoir l’arrêter. Rien, sauf un menhir magique (ou Snaefellhelgajökull, pour les intimes), tout en cristal et qui, si son pouvoir est réveillé, pourrait bien faire tomber le ciel sur la tête de ces satanés romains. Vous l’aurez compris, Astérix, Obélix et Idéfix se mettent en route pour trouver ce qui déclenchera la fureur du menhir, en l’occurrence trois pierres aux propriétés bien utiles pour le gameplay.

De bonnes phases, mais des maladresses qui ternissent le résultat

image gameplay asterix et obelix xxl 3
La caméra est parfois trop éloignée de l’action.

Voilà, donc, de quoi justifier la nouvelle approche qu’est Astérix et Obélix XXL 3. Débutons par ce qui est, à nos yeux, la plus grande qualité du jeu : les phases d’utilisation des propriétés du menhir. Les trois pierres à récupérer (glace, feu et magnétique) donnent lieu à des puzzles plutôt bien fichus, assez agréables à déjouer. La mécanique se répète peut-être un peu et, surtout, ces passages restent finalement assez rares (quel dommage), mais funs. On remarque, pour introduire un deuxième bon point, que ces petits casses-têtes sont tout de même plus pensés pour le jeu en coopération que pour le solo. Que les solitaires se rassurent : le titre est entièrement jouable seul. Par contre, OSome Studios a clairement mis l’accent sur l’expérience en duo, laquelle est accessible à tout moment, même en pleine partie. Sans non plus atteindre l’amusement que peut provoquer un Beat’em all (et là, on pense à la borne d’arcade Astérix signée Konami), le fait de pouvoir tabasser du romain avec un ami reste une possibilité délicieuse.

Astérix et Obélix XXL 3 propose donc une aventure en trois phases : les énigmes que l’on a abordé plus haut, l’exploration et les donjons. Dans la première, et qu’on ne s’y trompe pas, il est surtout question d’action, de grosses mandales gauloises. On découvre le territoire, on accumule des casques afin de se payer des améliorations dans les magasins, on cherche quelques objets à collecter, et l’on se défaits de nombreux ennemis étonnamment divers et coriaces. Les donjons, eux, se résument à une succession d’arènes à nettoyer, le tout dans des camps romains. Faites du bon boulot, et vous serez récompensés par une médaille d’or, d’argent ou de bronze (on pourra y revenir afin d’obtenir de meilleurs scores). Pour se défaire des ennemis, il faut taper dans le tas avec de bien classiques coups normaux, et une attaque spéciale propre au personnage que vous incarnez : Astérix boit de la potion magique et gagne en puissance, Obélix envoie Idéfix afin de mordre dans le lard. Notons aussi que le menhir pourra être utilisé pour ses propriétés de défense et d’attaque, la première étant la plus utile, surtout contre les archers. Aussi, la durée de vie se révèle honnête pour le genre : comptez entre sept à huit heure pour en voir le bout, une douzaine si vos cherchez à tout voir.

Tout cela serait très satisfaisant si quelques nuages ne venaient pas obscurcir le tableau proposé par Astérix et Obélix XXL 3. En premier lieu, la caméra n’est pas à la hauteur. Et ce dans les deux sens du terme : trop éloignée, elle nous coupe de la relative beauté des environnements, mais aussi elle est parfois contre-productive en terme de visibilité. Dommage, car cela tire vers le bas la prise en mains. Aussi, on a parfois l’impression que les coups manquent d’agressivité, et les ennemis marquent trop peu l’impact, ce dernier s’avérant donc imprécis. Aussi, la technique ne nous a pas convaincu. Si la direction artistique est à sauver, ce n’est pas le cas de la fluidité, qui connait de sacrées baisses de régime vers la fin du cheminement. Aussi, on a rencontré quelques bugs de collision, notamment avec l’allié contrôlé par l’IA qui se plante parfois dans des endroits improbables. L’ambiance sonore relève un peu le niveau, avec un beau travail sur les thèmes, bien meilleurs que ceux d’Astérix et Obélix XXL 2 (sortez le champagne !) car enfin dans l’esprit de la licence. Signalons aussi un doublage soigné, c’est un bon point qui ne tombait pas sous le sens en l’absence de Roger Carel et du regretté Pierre Tornade.

Note : 12/20

Oui, Astérix et Obélix XXL 3 prend à revers les fans des deux premiers opus, en bousculant les codes de cette série. Et oui, on compte parmi ceux qui regrettent la disparition du jeu d’aventure en 3D à l’ancienne. Mais tout de même, le soft d’OSome Studios peut compter sur quelques qualités surprenantes, comme des énigmes réussies, un vrai respect du ton de la BD, et une coopération plutôt amusante. Reste que la caméra n’est clairement pas une réussite, tout comme la technique, et l’ensemble s’avère tout de même assez répétitif. Au final, voilà un titre qui nous laisse partagé entre un certain fun ressenti et des tares immanquables.

6/10

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