[Test] Romance of the Three Kingdoms XIV : prenant mais répétitif

Caractéristiques

    • PlayStation 4
  • Développeur : Koei Tecmo
  • Editeur : Koei Tecmo Europe
  • Date de sortie : 28 février 2020
  • Acheter : Cliquez ici

Un jeu de stratégie qui se destine aux fans de l’histoire de Chine

image gameplay romance of the three kingdoms 14
Romance of the Three Kingdoms 14 vous plonge dans un conflit général.

Quand on vous dit Koei Tecmo, vous pensez de suite à plusieurs grosses licences : Atelier, Dead or Alive, Dynasty Warriors ou encore Attack of Titans. On a moins à l’esprit des softs plus de niche, et pourtant ils font partie intégrante de l’histoire très costaude de cet éditeur japonais. Par exemple, on peut citer l’excellent Project Zero, que l’on espère sur le chemin du retour pour bientôt. Encore plus brumeux, et très important pour la diversité du jeu vidéo, on compte aussi des softs de stratégie historique : Nobunaga’s Ambition, qui s’occupe du Pays du Soleil Levant, et Romance of the Three Kingdoms, dont le focus est placé sur la Chine. Que de chemin parcouru pour cette série, depuis le premier opus sorti en 1985, et à la base pas du tout destinée à sortir des frontières nipponnes. Aujourd’hui, grâce au travail formidable de Koch Media à la distribution, on peut découvrir les récentes itérations. Avec la quatorzième, couronnée d’un joli succès dans les charts, on va voir si le concept sait se renouveler.

Romance of the Three Kingdoms XIV est un jeu de stratégie, mais le terme « historique » qu’on lui accole a son importance. Certes, tout est très romancé (le titre ne ment pas), mais il faut s’attendre à une forte dose de contexte écrit. Dès les premiers pas dans le jeu, on nous demande de choisir parmi plusieurs scénarios, qui représentent tous une période précise au sein du grand temps troublé que fut le conflit des Trois Royaumes. Bien entendu, on retrouve par exemple les Turbans Jaunes, menés par un Zhang Jiao très présent. D’autres grands noms viennent s’y ajouter (Liu Bei, Lu Bu, et même des avatars créés par vos soins), avec toujours ce qu’il faut de détails les concernant… si vous lisez la langue de Shakespeare. Car voilà, le soft est intégralement sous-titré en anglais, et les termes parfois un peu pointus se succèdent. Dommage pour l’accessibilité, cela destine le résultat à un public maitrisant un bon niveau de LV1.

Le gameplay de Romance of the Three Kingdoms XIV reprend les bases de la série : on déplace les troupes sur une map divisée en cases hexagonales, et il va falloir imposer votre domination sur l’ennemi par le biais du combat, mais aussi de la diplomatie. Dans les faits, et c’est justifié par une période politique hautement tendue, ce sont surtout les batailles qui régleront les conflits une bonne fois pour toutes, mais on apprécie toujours autant de pouvoir débloquer certaines situations sans sortir les armes, en envoyant des politicards bien plus futés et prévenants que ceux qui provoquent des guerres contre un virus (hum). Il ne faudra pas oublier de se pencher sur l’agriculture, le commerce, et passer par la case de la R&D pour développer votre force de frappe. Ce n’est pas juste un gadget, car une guerre pourra durer, et si l’on vous coupe de ce genre de ressource, alors vous échouerez à coup sûr (mais vraiment, c’est du 100% sûr).

Beaucoup de mécaniques, mais tout de même répétitif

image test romance of the three kingdoms 14
Les batailles sont soutenues par des petites scènes animées.

C’est le cas depuis très longtemps dans cette licence, et Romance of the Three Kingdoms XIV ne fait heureusement pas exception : on y découvre une profondeur des mécaniques réjouissante. Parmi les plus passionnantes, on retrouve le principe d’évolution des personnages centraux, qui gagnent en maitrise au fur et à mesure. Cela apporte une petite saveur RPG à l’ensemble : on prend plaisir à leur faire prendre du galon. L’importance du moral sur les troupes (d’où l’importance des lignes de commerce et d’approvisionnement), la gouvernance du moindre village, la mécanique des patrouilles, tout cela sera au centre de vos intérêts… si vous le désirez. On remarque que cet opus laisse un peu plus plus de liberté au joueur, lequel pourra utiliser plusieurs stratagèmes afin de peindre les cases par dizaines de vos couleurs de guerre. Opter pour des murs de protection, se concentrer sur l’utilité de la magie, tout cela apporte une certaine profondeur.

Romance of the Three Kingdoms XIV fait très bien ce qu’on attend de lui, du coup les habitués seront dans leurs petits souliers. Parfois un peu trop, et c’est là un regret. Soyons clairs, on sent bien que le réalisateur du soft, Toshiyuki Kobayashi, cherche tout autant à assurer un bon game design qu’une expérience satisfaisante pour sa fan base. Du coup, cela manque un peu de prises de risque. Par exemple, on aurait apprécié plus de missions à objectifs originaux, car l’objectif de la réunification se répète fatalement. D’ailleurs, l’impression de redite pointe le bout de son nez au bout d’un certain nombre de dizaine d’heures de jeu. Car il faut noter que, quand on trouve la bonne boucle pour vaincre, on a tendance à trop la répéter. Il suffirait d’ajouter des objectifs annexes pour mieux mettre en valeur les différentes mécaniques, espérons que ce sera le cas pour le prochain opus.

Romance of the Three Kingdoms XIV n’est pas un jeu qui cherche la claque graphique, très clairement. On est dans un jeu de stratégie macro, donc dans une approche qui prend ses distances avec le sol, sans trop de besoin d’afficher des textures de folie. Du coup, les troupes ne sont pas rendues dans les détails, et ce ne sont pas les quelques animations qui installeront du grand spectacle. Ce n’est pas foufou, parfois un peu austère dans les menus, mais ça fait globalement le job. Surtout, les amateurs de beaux artworks seront aux anges, avec de bien jolis portraits. Enfin, on ne peut que noter un gros travail sur les musiques (signées Hideki Sakamoto et Masako Otsuka), qui apportent une touche typique bienvenue.

Note : 14/20

Romance of the Three Kingdoms XIV est un opus qui s’appuie sur ses bases solides, sans trop chercher à se renouveler. Certes, on regrette une impression de répétitivité, alors même que les mécaniques sont pourtant nombreuses et parfois profondes. C’est dû à un manque de renouvellement des objectif, qui nous pousse à trouver la bonne routine, laquelle fonctionnera la très grande majorité du temps. Au-delà de cette anicroche, le soft s’avère très complet, prenant et fun  pour qui aime mélanger l’historique et le tactique.

Auteur

  • Mickaël Barbato est un journaliste culturel spécialisé dans le cinéma (cursus de scénariste au CLCF) et plus particulièrement le cinéma de genre, jeux vidéos, littérature. Il rejoint Culturellement Vôtre en décembre 2015. Manque clairement de sommeil.

7/10

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