[Test] Sunless Sea Zubmariner Edition : tendu et verbeux

Caractéristiques

    • Nintendo Switch
    • Xbox One
    • Nintendo Switch
    • PC
  • Développeur : Failbetter Games
  • Editeur : Digerati
  • Date de sortie : 23 avril 2020
  • Acheter : Cliquez ici

Sunless Sea : Zubmariner Edition se destine aux joueurs bourrus

image gameplay sunless sea
Sunless Sea ; Zubmariner Edition vous réserve une ambiance bien travaillée.

Vous le savez si vous suivez notre webzine : on est du genre à sauter sur tous les jeux qui s’approchent de près ou de loin de l’œuvre d’un certain H. P. Lovecraft. L’écrivain maudit, auteur de nouvelles parmi les plus terrifiante de l’histoire de la littérature, est parfois au centre de certains softs. On citera les récents The Sinking City et Call of Cthulhu. Le domaine indépendant est aussi marqué par l’univers de l’auteur de Providence, sans doute attiré par le caractère indicible (donc très modelable), on se rappelle de Lovecraft’s Untold Stories. Avec Sunless Sea : Zubmariner Edition, c’est le studio Failbetter Games (ici édité par Digerati) qui tente sa chance.

Sunless Sea : Zubmariner Edition est un mélange de Roguelite et de jeu de bateau en vue de haut. Mais si, ce genre quasiment disparu aujourd’hui, qui a fait notre bonheur avec l’excellent Overboard sur la toute première PlayStation. Cela ne nous rajeunit pas. De plus, contrairement au jeu cité, celui qui nous intéresse ici ne donne pas dans le comique délirant, très loin de là. Et l’action se fait secondaire, laissant place à un résultat très scénarisé, voire carrément verbeux. Nous sommes au dix-neuvième siècle, tout débute dans une Londres suffocante. Voilà pour la situation, le reste vous appartient. Cela peut étonner, et même carrément effrayer mais, à l’image d’un jeu de rôle papier, c’est le joueur qui choisit sa destinée. Il incarne un capitaine, et votre avenir se situe dans les eaux maléfiques qui s’étendent au-delà du champ de vision.

Sunless Sea : Zubmariner Edition vous propose donc de maitriser votre destin grâce à la construction du personnage. En répondant à plusieurs questions, l’avatar va se voir affiné, puis le but de l’expédition, vouée à connaitre l’adversité la plus horrifiante, se faire jour. Il peut s’agir de retrouver le cadavre de votre père, ou de provoquer une gloriole ardemment souhaitée. Les objectifs sont nombreux, et tous vous poussent à prendre la direction de l’embarcation. Seulement voilà, on arrive au souci principal du soft : les sous-titres ne sont disponibles qu’en anglais. Et sachez que les textes sont très nombreux, et pas tous hyper accessibles du fait de la tonalité soutenue de l’écriture. C’est d’ailleurs un réel plaisir pour ceux qui maitrisent la langue de Shakespeare, mais les autres se retrouveront irrémédiablement sur le carreau, et ce même avec un traducteur à portée de main.

Un océan de textes passionnants… mais en anglais

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Le jeu regorge d’écrits prenants, mais en anglais.

Si vous vous dépatouillez avec les textes, Sunless Sea : Zubmariner Edition vous réserve de bien bons moments. Après la construction du personnage, il est temps de prendre le large avec le bateau en vue top down. Le concept du gameplay est simple : on avance, on recule, on tire sur des monstres qui surgissent des profondeurs de l’océan. Par contre, la prise en mains s’avère assez gratinée, avec des menus et des sous-menus à n’en plus finir. Là encore, on se dit que le titre est pensé pour les gamers qui se plongent vraiment dans une aventure, tant tout est fait pour nous en sortir si l’on n’accroche pas. Si l’on ajoute la tonne d’onglets qui apparaitra au fur et à mesure, afin de solidifier l’histoire et l’univers, vous comprendrez que l’ATH est parfois un beau bordel. L’ergonomie peut donc faire frémir, ce qui n’arrange en rien le côté bourru, imperméable de ce jeu.

On est conscient que ce qu’on en écrit ne donne pas spécialement envie, et pourtant on conseille Sunless Sea : Zubmariner Edition à un public avisé. Il faut digérer les premières heures, qui se caractérisent par des échecs bien gratinées. Eh oui, le jeu s’inscrit aussi dans le Roguelite, donc il faut s’attendre à des échecs suivis de nouveaux essais, d’où la multiplication des objectifs en pendant la construction de l’avatar. C’est donc en trépassant sous les coups d’un poulpe légendaire, ou sous le regard d’une entité ancienne aussi gigantesque qu’innommable, que l’on apprend. Et que l’on prend de plus en plus de plaisir dans ce qui est certainement le grand point fort de cette expérience : l’exploration. On découvre des îles, sur lesquelles des interactions sont possibles, on gère le fuel mais aussi les vivres, on recrute des marins, et l’on peut même améliorer le bateau. Il faudra aussi composer avec la folie et la terreur, deux éléments essentiels de tout jeu se prétendant référencé à Lovecraft.

Sunless Sea : Zubmariner Edition ajoute un sous-marin qui, dans les faits, ne bouleverse nullement l’expérience… sauf dans les possibilités scénaristique, qui s’en trouvent multipliées. C’est tout de même un contenu additionnel non négligeable, qui muscle une durée de vie très conséquente : comptez au moins soixante heures si vous voulez tout découvrir (bien moins si vous vous contentez d’en voir l’une des fins). Techniquement, le jeu se tient très bien : on n’a rencontré qu’une toute petite poignée de bugs de collision, et la fluidité se révèle constante. La direction artistique, elle, est sensationnelle. On découvre la map toujours avec entrain, tant on redoute ce qui se cache au-delà de nos perceptions. Il règne une ambiance mortifère très réussie. Côté sons, c’est aussi satisfaisant, surtout grâce à des bruitages qui nous plongent bien dans une atmosphère maritime oppressante. La musique se fait plus lointaine, c’est un choix assumé et, au casque, cela rend effectivement très bien.

Note : 14/20

On aurait aimé faire monter la note d’un point de plus, mais Sunless Sea : Zubmariner Edition souffre réellement de son manque de traduction en langue française. Donc, si vous êtes un anglophone chevronné, vous pourrez oublier cette retenue et d’autant plus apprécier ce trip très lovecraftien. Avec son focus mis sur l’exploration et l’écriture d’un univers plus riche qu’espéré, le soft se destine aux joueurs préférant l’immersion à l’action frénétique. Le résultat se fait certes difficile d’accès, mais le retour sur investissement vaut les efforts demandés.

7/10

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