[Test] Ruiner : stylé et très difficile

Caractéristiques

    • Nintendo Switch
    • Xbox One
    • PlayStation 4
    • PC
  • Développeur : Reikon Games
  • Editeur : Devolver Digital
  • Date de sortie : 18 juin 2020
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Ruiner va mettre vos nerfs à l’épreuve

image gameplay ruiner
Ruiner vous donne les armes pour vous défendre, mais attention à la difficulté.

Non, les jeux édités par Devolver Digital ne donnent pas uniquement dans le gros délire rigolol. Si l’entreprise est avant tout connue pour son gros travail autour de la très sympathique licence Serious Sam (laquelle va revenir bientôt, sur Google Stadia), pour l’ultra-référentiel Broforce, ou encore ses conférences de l’E3 totalement délirantes, il faut tout de même se rappeler qu’elle a dans son catalogue des titres comme Hotline Miami ou Downwell. Des jeux difficiles donc, à l’attention des hardcore gamers. Et soyons de suite clairs : Ruiner les rejoint immédiatement.

Ruiner est un Twin stick shooter dans la plus pure tradition. Sorti en 2017 sur les autres supports, le jeu avait su se faire un petit nom chez les fans de ce genre. C’est bien normal : ce soft, développé par Reikon Games, a effectivement beaucoup d’arguments à faire valoir. Celui que l’on attendait le moins, c’est l’enrobage scénaristique. Et pourtant, ce titre met un point d’honneur à accompagner son gameplay vicieux d’une histoire plutôt épurée mais prenante. L’action se déroule en 2091, alors que même les millenials seront entrain de tirer leur révérence. Rengkok, une ville gigantesque et anxiogène, est en proie à de bien violents combats entre factions. Aussi, l’humanité a totalement déraillée, se réfugiant dans une réalité virtuelle qui a déconnecté le citoyen de son quotidien. C’est dans cet univers étonnamment travaillé que l’on incarne un personnage assez mystérieux, au visage effacé au profit d’un casque à écran LCD. Sachez simplement que vous allez devoir vous frotter au Boss, un mafieux qui a enlevé votre frère.

Les premiers instants passés dans Ruiner s’avèrent assez rudes. Les seconds, les troisièmes aussi, mais d’une autre manière. On ne peut que signaler une prise en mains qui souffre des spécificités de la Nintendo Switch. On ne cesse de le répéter dans nos différents tests effectués sur cette machine : les sticks sont trop petits, et les gâchettes placées de telles manière qu’il est difficile d’être réactif en mode nomade. Ainsi, nous ne pouvons que vous conseiller d’opter pour la configuration dockée, et avec une manette si possible. Cette précision faite, sachez qu’on fait face à un Twin stick shooter assez classique sur ses mécaniques. On se déplace avec le stick gauche, celui de droite sert à viser, le tir est situé sur une gâchette, on dash pour éviter les rafales ennemis, et il est aussi question de composer avec des compétences de plus en plus puissantes. Bien entendu, on ajoute des armes (flingues ou pour le corps à corps) à récupérer au sol, là encore afin de gagner en impact. Sur le papier, rien de bien original, mais c’est autre chose avec le pad en mains.

De bonnes sensations, mais uniquement en docké

image test ruiner
La direction artistique pourra cliver.

Dans Ruiner, tout est question de feeling. L’originalité vient de là : le jeu se veut à la fois très fun et exigeant, ce qui est assez rarement le cas dans un Twin stick shooter, genre qui a tendance à se déséquilibrer au fil de l’expérience. Ici, c’est bien simple, le challenge débute dès le début. Et autant vous dire que vous allez échouer un sacré nombre de fois. Par contre, le jeu cherche à vous faire comprendre votre propre marge de progression. Plus on avance, plus on comprend l’importance du levelling. On glane des compétences qui font toute la différence, et l’on se demande presque à chaque fois comment on a fait pour s’en sortir avant de les acquérir. On pensera évidemment au ralentissement de l’action, un bullet time qui va vous sauver les miches plus d’une fois. Reikon Games a cherché à proposer énormément de choix, du coup il vous revient d’adapter l’avatar à votre style, qu’il soit plus porté sur le corps à corps que sur la distance. En plus, on peut reconfigurer tout ça à n’importe quel moment, ce qui pourra réellement vous sortir de situations désespérés, on pense à certaines arène du dernier quart de cheminement, tout bonnement impensable de difficulté.

Ruiner va vous opposer pas mal de types d’ennemis différents, lesquels se relaieront dans des arènes de plus en plus costaudes. Certains devront être plus rapidement atteints que d’autres, et globalement Reikon Games a bien compris qu’il fallait surtout chercher à faire réagir le joueur, lui demander de s’adapter à des combinaisons d’adversaires, et non à enchainer les combats de manière répétitive. Pourtant, le cheminement l’est : on fait face à des niveaux au level design d’un classique absolu, parfois à en devenir trop prévisible. Bon, l’expérience se fait heureusement assez courte pour ne pas devenir lourdingue, comptez six heures pour voir la fin de l’histoire, non sans galérer sur certains passages. Les fous de scoring pourront, ensuite, s’essayer aux modes arène et contre la montre qui, tous deux, portent parfaitement leur nom. Là, on n’a plus que faire du moindre morceau de récit : on est là pour se défaire de vagues de belligérants en mode de difficulté maximale, ou pour foncer vers la sortie le plus vite possible.

Ruiner a donc des arguments à faire valoir, mais le principal élément clivant est à venir. On a beau avoir apprécié la direction artistique, très typée cyberpunk et jouant avec des couleurs très marquées, elle ne sera pas au goût de tout le monde. Le jeu se déroule en vue top down, et l’afflux d’effets de lumière peut parfois réduire la lisibilité. Et autant vous dire que perdre à cause de ce genre de détail, ça peut faire criser. Par contre, le résultat reste très carré dans la pure technique, avec une fluidité constante et une absence de bugs gênants. Côté musique, c’est moins notre tasse de thé. On a droit à de l’électro parfois assez prise de tête, qui se fait trop ressentir sur de longues sessions.

Note : 14/20

Ruiner s’adresse non seulement aux amateurs de Twin stick shooter, mais aussi aux pourfendeurs d’expériences très difficiles. En voir la fin n’est pas une sinécure, par contre on a ressenti pas mal de plaisir à dompter un gameplay efficace. Sur ce point précis, on conseillera vivement les joueur d’opter pour une configuration de la Nintendo Switch en docké, avec une manette, pour une bien meilleure prise en mains. Aussi, il serait prudent de regarder un trailer, histoire de vérifier que la direction artistique, que l’on a beaucoup aimé mais dont on reconnait le caractère clivant, n’est pas du genre à vous rebuter. Voilà un jeu courageux, qui ose beaucoup de choses.

7/10

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