[Test] Prinny 1.2 Exploded And Reloaded : du portage précieux

Caractéristiques

    • Nintendo Switch
  • Développeur : Nippon Ichi Software
  • Editeur : NIS America
  • Date de sortie : 16 octobre 2020
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Les Prinnies au centre d’une sortie importante

image collector prinny
La version physique est une belle satisfaction.

Certes, la licence Disgaea n’est pas des plus populaires auprès des joueurs occasionnels, mais on ne cessera de répéter qu’elle vaut le coup de la découverte. Cette série de RPG tactiques japonais, née en 2003 (voilà qui ne nous rajeunit pas !) peut compter sur deux piliers inamovibles : des contenus surréalistes, la durée de vie de chaque épisode se comptant par centaines d’heures, et un univers des plus foisonnants. Parmi les inventions les plus marquantes, nous comptons les Prinnies, sortes de manchots ailés habités par l’âme d’un mauvais humain. Ce paradoxe entre son aspect mignon et son caractère rebutant en fait l’une des mascottes les plus atypiques de l’industrie vidéoludique. Dès lors Nippon Ichi Software ne pouvait que lui accorder les honneurs de spin off, ici rassemblés dans Prinny 1.2 : Exploded And Reloaded.

Pour ces Prinnies, tout débuta en 2009 (sous nos latitudes, un an plus tôt au Japon) avec un platformer alors exclusif à la sainte PSP. Quelle console portable, d’ailleurs ! Bref. Le titre, Prinny: Can I Really Be The Hero, a reçu un bon petit accueil, aussi bien du côté de la critique que des fans de la licence. Si bien qu’une suite, Prinny 2: Dawn Of Operation Panties, Dood, est parue deux ans plus tard, toujours en exclusivité sur la portable de Sony, et encore dans un niveau de qualité satisfaisant. Aujourd’hui, l’excellent éditeur NIS America nous sort ces deux softs devenus assez rares sur Nintendo Switch, au sein d’une édition carrément admirable. Au programme, un artbook, la bande son sur CD (tout à fait complète, aucun morceau ne manque), un poster et une figurine Prinny Block. Le tout dans un écrin cartonné qui donne à cette sortie un caractère prestigieux. Surtout, sachez qu’il s’agit de l’édition de base. Oui, vous avez bien lu : tout ça au même prix qu’un jeu simple. De quoi se rappeler de l’importance du format physique !

L’humour de la licence toujours au rendez-vous

image jeu prinny
Le jeu est bourré d’humour noir.

Prinny 1.2 : Exploded And Reloaded rassemble donc deux jeux, deux platformers portés sur l’action mais aussi sur l’extension de l’univers de Disgaea. C’est ce qui pourra vous marquer de prime abord : ne pensez pas que votre avatar-manchot ne peut qu’être au centre de jeux sous-écrits, car ce n’est pas le cas et l’écriture se fait très soignée. Dans le premier opus, on est plongé en pleine Prinny Squad, laquelle va se voir envoyée en mission afin de mettre la main sur les ingrédients nécessaires afin de concocter l’Ultra Dessert. Dans le second épisode, il sera question de récupérer les sous-vêtements de la volcanique reine Etna, sous peine de se faire transformer en petite culotte. Les habitués de cet univers savent à quel point ces péripéties vont être par la suite développées, faire l’objet de rebondissements improbables, mais on se doit aussi d’en informer le nouveau venu : il faut s’attendre à une énorme dose d’humour, parfois très corrosif, et même quelques petites piques adressées au public visé. On aura donc droit à de véritables fous rires, et sachez que Can I Really Be The Hero est sous-titré en français, sa suite se contentant de l’anglais.

Côté gameplay, les deux jeux embarqués par Prinny 1.2 : Exploded And Reloaded s’appuient sur les mêmes mécaniques, ce que nous écrivons là s’adresse d’ailleurs tout autant à Can I Really Be The Hero qu’à Dawn Of Operation Panties, Dood. Tout d’abord, rappelons qu’il s’agit de platformers en 2D, très portés sur l’action et sur un challenge de haut niveau. Par le biais d’un hub, on pourra choisir entre l’un des niveaux à traverser et ce dans un temps limite (huit minutes pour le stage, trois pour le boss, il ne faut pas trainer). Au bout se trouve un boss redoutable, pour chacun des levels. Vous verrez que le jeu a l’air sympathique avec vous : il accorde mille vies dès le début. Mais bien vite, le caractère Die & retry des expériences saute aux yeux, ce chiffre va donc rapidement fondre comme neige au soleil, surtout que l’avatar ne fait rien pour vous faciliter la tâche. Et c’est bien normal : on ne peut décemment pas attendre la même agilité de notre manchot que de Mario, par exemple. Du coup les sauts se rapprochent de ceux des premiers Castlevania, une fois effectué impossible de les maitriser. Les déplacements ont aussi une certaine inertie, ce qui va mettre vos nerfs à vif lors de certains passages.

Deux bons jeux à gros challenge

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Les niveaux proposent une grosse difficulté.

Prinny 1.2 : Exploded And Reloaded vous oppose des adversaires à la fois nombreux et fichtrement accrocheurs. Pour se défendre, l’avatar peut compter sur une lame, un tourbillon très Diable de Tasmanie, et un coup de hanche provoquant un effet de stunt. Tout cela pour essayer de survivre face à des monstres qui savent exactement où se placer pour vous poser problème. Le nombre de vie fond à vue d’œil, ce qui pousse à la prudence. Cependant, Nippon Ichi Software a aussi pensé à ajouter un système de combo assez malin. Car plus vous l’élevez, plus l’avatar sera puissant. Autant vous dire que les jeux font tout pour que le chiffre retombe vite à zéro, mais du coup cela nous pousse à bien mémoriser les pièges. Signalons aussi un recul après coup infligé assez important, vous propulsant en arrière pour bien vous faire tomber dans le vide, synonyme d’échec. Et sachez que tout cela peut être encore accentué, avec des niveaux de difficulté carrément fous, on pense à celui réduisant les trois impacts nécessaire pour la mort à… un seul.

La durée de vie de Prinny 1.2 : Exploded And Reloaded s’avère solide, bien plus que ce qu’on pouvait imaginer. Tout d’abord, les deux jeux proposent pas mal de secrets à trouver, un système de highscore prenant, et du endgame à débloquer. Sur la globalité des deux expériences sèches, il vous faudra une grosse vingtaine d’heures. Et à cela s’ajoute les DLC, tous embarqués dans cette édition. Alors certes, aucune réelle nouveauté n’est à attendre pour cette version Nintendo Switch, mais au moins se fait-elle complète. Techniquement, on fait face à un duo paru sur PSP, ce qui veut dire que la 2D reste acceptable en nomade. Dans cette configuration, les couleurs se font précises, les textures se révèlent parfois imparfaites mais on s’en contente. Par contre, le constat est moins bon en docké : un grand écran fait ressortir pas mal de défauts, même si le tout reste évidemment fluide. Quant aux musiques, composées par le très doué Tenpei Sato, elles sont au niveau d’excellence que l’on attend de cette licence. Un vrai bonheur au casque…

Note : 15/20

Prinny 1.2 : Exploded And Reloaded permet à deux jeux assez rares de nous parvenir sur Nintendo Switch, ce qui est déjà un bon point pour tout amateur de jeux japonais. De plus, NIS America gâte les fans, en lui proposant une version physique pleine de petits bonus collectors à chérir. Les deux jeux embarqués rappellent à quel point Nippon Ichi Software aime nous prendre à revers, ici avec du platformer certes d’une apparence mignonne, mais d’une difficulté incroyable. Du gros challenge donc, confinant au Die & retry, et réjouissant quand on parvient à surmonter une embûche. Le tout bien aidé d’une durée de vie satisfaisante, surtout pour les complétistes. Bref, une sortie que les fans de l’univers Disgaea doivent ne pas prendre à la légère !

7/10

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