[Test Switch] Pecaminosa : Le retour de l’action/RPG avec beaucoup d’action pour les costauds

Caractéristiques

    • Nintendo Switch
    • Playstation 4
    • Xbox One
    • PC
  • Développeur : Cereal Games
  • Editeur : Pixel Noir Games
  • Date de sortie : 27 mai 2021
  • Acheter : Cliquez ici

Pecaminosa s’inscrit dans la lignée des jeux indé malins, tout en anglais dans la version testée, ce qui rajoute à l’ambiance. Il ressuscite un genre qu’on n’avait plus vu depuis les NES et SuperNES : le RPG d’action 2D.

Un mode RPG supporté par un moteur simple mais très efficace (LIFE pour Luck, Intelligence, Force, Endurance) qui vous permet à chaque niveau gagné de distribuer 2 points (sur 10 par carac) et d’en gagner 1 dans une caractéristique tirée aléatoirement (en vert sur l’image)

Ce moteur RPG est un support de l’action, car c’est bien dans la baston que Souza, qui marque le grand retour du héros loser cynique, drôle et alcoolique, se déploie le mieux.

Soyons clairs : l’histoire, même si elle est très bien écrite et bourrée de punchlines et d’argot de petites frappes, se rapproche très clairement d’un Visual novel. Par contre, il faut se balader partout en ville pour débloquer les séquences de discussions comme d’action. On est bien dans des enchaînements linéaires, mais les quelques options de cheminement intermédiaires supportent des combats très tactiques contre des boss, que l’on se languit d’enchaîner.

Et ça marche très bien, en plus c’est carrément dur : si vous ne préparez pas bien vos combats, il vous faudra reprendre une sauvegarde et peut-être répartir autrement vos caracs ou aller chercher des petits monstres (rats, porte-flingues…) pour collecter plus de bonus ou de balles, sinon c’est vous qui vous faites trouer la peau. Ca fait du bien aussi de devoir se creuser un peu pour passer le boss de fin du chapitre.

Un roman noir avec  une histoire originale, drôle et totalement politiquement incorrecte

En dehors de son héros/anti héros, les personnages secondaires valent aussi leur pesant de « références » et d’irrévérence.

Commençons par le début : Souza, bien imbibé dans son fauteuil au milieu du taudis qui lui sert de lieu de vie depuis qu’il s’est fait virer de la police, se fait visiter par Charlie (et ses anges !), qui est en quelque sorte le déclencheur de la déchéance de notre héros. En effet, Charlie est mort, d’une balle dans la tête, tirée par le détective Souza, en service, qui visiblement n’a pas procédé aux sommations d’usage. Il faut dire que Charlie était le patron de la mafia locale, mais ce qui a coûté le cimetière a Charlie, a aussi coûté son badge à Souza qui, déjà, tâtait du Mack Daniels (sa marque de Whisky et aussi source de régénération de PV, si si je vous assure).

Ce bon vieux Charlie le fantôme cherchait depuis sa mort un moyen de négocier une afterlife correcte et vient pour proposer à notre héros de sauver son ancien partenaire qui aurait des problèmes avec des anciens lieutenants de Charlie… Et tout de suite, les dialogues fusent, on sent l’arnaque arriver, les histoires dans l’histoire et rebondissements que cela devrait engendrer, on frétille d’envie de découvrir les secrets à l’intérieur des secrets… Et c’est là qu’on entre dans « la faune de Pecaminosa » :  en effet cette petite ville est gangrénée par le jeu, la corruption, la prostitution, les trafiquants d’armes, indépendantistes irlandais… Bref vous l’aurez compris, on est à Las-Chicago, quelque part à la frontière mexicaine.

Et tous ces personnages hauts en couleurs vous mettent dans l’ambiance, jusqu’à ce que vous tombiez sur un os (pardon sur un boss) qui vous fera la misère.

Pecaminosa vous en donne pour votre argent si vous voulez vous balader, passer au casino, rendre visite aux charmantes dames de La Joie De Vivre (en français dans le texte), ce ne sont pas des options, ce sont des points d’ancrage d’un thème, comme les sirènes de police qui hurlent sans discontinuer dans le quartier près du commissariat – ambiance je vous dit ! Je me suis même surpris à courir après tous les pigeons pour le plaisir de les voir s’envoler à mon approche.

En conclusion : pas un jeu AAA, mais un bon équilibre action/histoire, et un bon niveau de difficulté à dompter pour encore plus de plaisir !

Le jeu a une bonne durée de vie, les combats sont très bien faits, variés, alternant boss solo et hordes de petits mobs, gros lieutenants avec des phases et des pouvoirs vous obligeant à bien gérer vos déplacements, mais aussi vos armes et vos caracs pour un bon équilibre DPS/survivabilité. Bref, de quoi passer des heures de jeu sans s’en rendre compte. Vous l’aurez compris, on est dans un style qui m’a conquis !

Les petits gars de Cereal Games ont créé leur moteur de jeu et, si la suite de leurs déclinaisons du life system est aussi inspirée que Pecaminosa, il y a fort à parier qu’on entendra encore parler d’eux par ici.

Auteur

  • Jean-Pierre Dandrieux est un ancien directeur de la R&D au sein du groupe Cryo, grand fan de jeux vidéos depuis plusieurs décennies, il officie aujourd’hui auprès des entreprises pour les accompagner dans leur transformation numérique, en employant notamment des techniques de serious gaming. Il est aussi passionné de BD/Comics/Manga/Anime et de POP culture de manière générale. Il rejoint Culturellement Vôtre en Mai 2021 pour renforcer la rubrique Jeux Vidéo. Privilégie l’histoire et ses ressorts dramatiques à la technique. Aime les productions indé pour leur créativité.

7/10

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