[Test – Blu-ray 4K Ultra HD] Coffret Le Syndicat du crime La trilogie – Metropolitan FilmExport

Caractéristiques

  • Titre : Le Syndicat du crime / Le Syndicat du crime 2 / Le Syndicat du crime 3
  • Titre original : Ying hung boon sik / Ying hong boon sik II / Ying hong boon sik III - Zik yeung ji gor
  • Réalisateur(s) : John Woo et Tsui hark
  • Avec : Ti Lung, Chow Yun-Fat, Waise Lee, Leslie Cheung, Tony Leung Ka-fai...
  • Editeur : Metropolitan FilmExport
  • Date de sortie Blu-Ray : 17 juillet 2026
  • Date de sortie originale en salles : 21 juillet 1993 / 28 juillet 1993 / 26 juillet 1999
  • Durée : 95 minutes / 105 minutes / 145 minutes
  • Acheter : Cliquez ici
  • Note : 9/10

Image 4K : 4,5/5

La trilogie Le Syndicat du Crime a été tournée en pellicule 35 mm (aucune information plus précise n’est disponible). Les films sont proposés dans leur format d’origine respecté: 1.85:1. Les Blu-ray 4K reposent sur des master 4K avec compression HEVC/H.265, espace colorimétrique BT.2020, Wide Color Gamut, ainsi que des présentations HDR10 et Dolby Vision. Pour cette nouvelle édition, les négatifs caméra originaux, conservés par les Hong Kong Film Archive, ont été numérisés en 4K par Interface Video Production Ltd. à Hong Kong, avant de bénéficier d’une restauration numérique réalisée par Duplitech, sous la supervision d’Henry Weintraub pour Shout! Studios.

Le grain argentique est parfaitement préservé. Naturel, organique et globalement homogène, il se montre parfois un peu plus prononcé sur quelques plans isolés, notamment certains stock shots ou lors de passages très sombres, ce qui reste parfaitement cohérent avec l’âge des films, aujourd’hui compris entre 35 et 40 ans. Le nettoyage est, quant à lui, remarquable. La quasi-totalité des défauts de pellicule a disparu, ne subsistant que quelques poussières et de très rares rayures. La stabilité de l’image est également irréprochable.

Le gain en définition est particulièrement impressionnant. Il y a clairement un voile de clarté et netteté supplémentaire par rapport aux précédentes éditions. John Woo affectionnant les gros plans, les visages profitent ici d’une précision remarquable : maquillages (spécialement celui des femmes), cicatrices, brûlures, blessures ou pores de peau apparaissent avec une finesse souvent inédite. Les textures des costumes, des décors et des accessoires (pistolets, fusils à pompe et autres armes) bénéficient elles aussi d’un net surcroît de détails, aussi bien dans les intérieurs que dans les nombreuses scènes extérieures à Hong Kong ou au Vietnam pour le troisième volet. La profondeur de champ se montre également excellente et participe pleinement à cette sensation de redécouverte.

L’étalonnage HDR reste fidèle à l’identité visuelle des films sans chercher à la transformer. Aucune dominante colorimétrique particulière n’est à signaler, tandis que les couleurs gagnent en richesse et en intensité lorsque la photographie le permet. Certaines séquences, comme le bal en ouverture du deuxième film, ou encore le rouge à lèvres de Kit dans le troisième opus, affichent ainsi un éclat supplémentaire particulièrement appréciable. Les hautes lumières sont mieux maîtrisées et l’apport du HDR se traduit avant tout par une plage dynamique plus nuancée. La luminosité a également été légèrement revue à la baisse, offrant une image un peu plus sombre mais surtout plus naturelle et plus détaillée. Les contrastes gagnent en précision, les noirs demeurent profonds sans jamais écraser les informations dans les basses lumières, et les nombreuses scènes nocturnes — notamment la fusillade finale du premier film — conservent une excellente lisibilité. Les teintes de peau restent naturelles et les blancs parfaitement équilibrés.

Enfin, aucun artefact de compression notable n’est à relever. L’encodage se montre solide du début à la fin de la trilogie. Malgré quelques infimes limites inhérentes aux matériaux d’origine, cette restauration est une véritable réussite et permet de redécouvrir ces trois classiques du cinéma hongkongais dans des conditions exceptionnelles. Hautement recommandé.

Son : 4/5

Metropolitan FilmExport (Marty Supreme, Dreams) propose, pour chacun des trois films, deux pistes restaurées en DTS-HD Master Audio 5.1 (VF et VO). Ces remix se montrent convaincants et ne donnent jamais l’impression d’un simple gonflage artificiel des mixages d’origine. La scène sonore se révèle ample, bien répartie et dynamique, tout en respectant l’esprit des films. Les nombreuses fusillades emblématiques de la trilogie profitent pleinement de cette spatialisation. Les différents canaux sont largement sollicités, les effets circulent avec précision et les ambiances gagnent en immersion. Les musiques et les chansons bénéficient, elles aussi, d’une belle ouverture, tandis que les enceintes arrière sont régulièrement mises à contribution sans excès. Le caisson de basses intervient essentiellement lors des scènes d’action, apportant de l’impact sans déséquilibrer l’ensemble.

Les deux versions affichent un niveau de qualité relativement proche, ce qui est suffisamment rare pour être souligné sur des films de cette époque. Les dialogues de la version originale sont parfaitement intelligibles. La version française présente un niveau sonore légèrement plus élevé, ce qui empiète ponctuellement sur certains effets d’ambiance, sans que cela ne devienne réellement gênant. Ces remix 5.1 offrent donc une nouvelle approche sonore, plus spectaculaire et immersive, tout en restant respectueux des œuvres originales.

L’éditeur propose également les mixages d’origine en DTS-HD Master Audio 2.0, aussi bien en version originale qu’en version française. Plus sobres mais aussi plus naturels, ils conservent une bonne spatialisation stéréo, une dynamique satisfaisante et une excellente restitution des effets, des musiques et des chansons. Les dialogues restent parfaitement clairs en version originale. Comme sur les pistes 5.1, la VF se montre légèrement plus élevée en volume, empiétant parfois très légèrement sur les effets sonores. Deux pistes solides qui permettront aux puristes de redécouvrir les films dans des conditions très proches de leur exploitation d’origine.

Bonus : 5/5

image intérieur blu ray 4k coffret le syndicat du crime

Le coffret contient un livret de 44 pages, neuf photos ainsi que trois affiches, dont deux dédicacées par John Woo.

Le livret de 44 pages propose une analyse approfondie de la trilogie, suivie d’une longue interview de John Woo dans laquelle il revient sur sa découverte du cinéma, ses débuts auprès de Chang Cheh, sa période consacrée aux comédies, La Dernière Cavalerie, Le Syndicat du Crime et Le Syndicat du Crime 2, son sens du rythme, sa mise en scène de l’action, son travail avec les acteurs, ainsi que sa vision de la violence et de ses films de guerre. L’ouvrage se poursuit avec un retour sur la saga raconté par Tsui Hark, avant de se conclure par une interview du compositeur Lowell Lo.

Le Syndicat du Crime :

  • Interviews (94′)
  • Hong Kong Confidential (18′)

En complément du premier film, plusieurs interviews sont proposées. La première donne la parole à John Woo, qui revient sur Le Syndicat du Crime, qu’il considère comme son premier véritable film d’auteur. Il évoque le rôle essentiel de Tsui Hark dans la production, ses influences — notamment Le Samouraï —, son admiration pour Alain Delon et Ken Takakura, le choix des acteurs, la mise en scène des séquences d’action ainsi que l’accueil triomphal réservé au film à sa sortie.

La seconde interview est consacrée au producteur Terence Chang, qui retrace son parcours dans le cinéma hongkongais avant de revenir sur ses premières collaborations avec John Woo. Il évoque également les influences du western américain et le mélange des genres qui fait toute la singularité du film. Le scénariste Chan Hing-ka revient ensuite sur la genèse du projet, son travail avec John Woo, les thèmes de la fraternité et de l’honneur, l’influence de The Story of a Discharged Prisoner, ainsi que ses souvenirs de Leslie Cheung et son regard sur les suites. Gordon Chan, scénariste non crédité du film, analyse pour sa part la mise en scène des fusillades de John Woo, évoque les influences du wuxia et revient sur la relation créative entre Woo et Tsui Hark.

Enfin, Gareth Evans (réalisateur de The Raid, The Raid 2, Ravage) rend un vibrant hommage à John Woo en expliquant l’influence déterminante qu’a exercé Le Syndicat du Crime sur son propre cinéma. Il analyse le style du réalisateur, l’importance du film dans l’histoire du cinéma d’action hongkongais et partage plusieurs souvenirs personnels, notamment une projection en présence de Chow Yun-fat.

Dans ce nouvel épisode de Hong Kong Confidential, l’écrivain Grady Hendrix revient sur le contexte du cinéma hongkongais des années 1980, les parcours de John Woo et Tsui Hark, le choix des principaux acteurs, les coulisses de la production ainsi que les divergences artistiques entre les deux cinéastes.

Le Syndicat du Crime 2 :

  • Interviews (43′)
  • Hong Kong Confidential (10′)
  • Version workprint (140′)
  • HK Revisited (49′)
  • Master Class John Woo (65′)

Pour ce second volet, deux nouvelles interviews sont proposées. John Woo revient tout d’abord sur la genèse mouvementée de cette suite, qu’il n’était pas particulièrement enthousiaste à l’idée de réaliser. Il évoque les demandes du studio, le retour de Chow Yun-fat, les influences de Sam Peckinpah et Chang Cheh, les choix narratifs, le montage initial de trois heures ainsi que la mise en scène des fusillades et leur portée dramatique. La seconde interview est celle de l’historien du cinéma Frank Djeng, qui raconte sa découverte du film, le replace dans le contexte du cinéma d’action hongkongais de la fin des années 1980 et explique pourquoi il préfère ce deuxième opus au premier.

Le nouvel épisode de Hong Kong Confidential voit Grady Hendrix revenir sur la carrière de Dean Shek, les inspirations derrière plusieurs personnages, la prestation de Chow Yun-fat ainsi que l’évolution du style de John Woo, de plus en plus habile à mêler action spectaculaire et émotion.

La Version workprint constitue sans doute l’un des suppléments les plus passionnants de cette édition. Précédée d’une introduction expliquant les circonstances de sa redécouverte, cette copie de travail propose plus de trente minutes de scènes inédites. Si l’image, non restaurée, présente d’importantes variations de contraste et une qualité très brute, la piste sonore a, en revanche, été entièrement remastérisée. Un document exceptionnel qui permettra aux passionnés de découvrir une version sensiblement plus longue du film.

Le sixième épisode, partie 1, de HK Revisited réunit Christophe Gans, Léo Haddad, Julien Carbon et David Martinez. Tous reviennent sur leur découverte du premier film, le classicisme de son scénario, son casting et ses personnages. Ils établissent également un parallèle entre l’histoire de la trilogie et les relations personnelles entre John Woo et Tsui Hark, avant d’aborder les antagonistes, les scènes de comédie, les qualités du deuxième film, son aspect méta, sa violence, la version workprint, les influences de Sam Peckinpah ainsi que ses impressionnantes scènes d’action.

Enfin, la Master Class John Woo, animée par David Martinez à l’Institut Lumière lors du Festival Lumière du 19 octobre 2025, constitue un excellent complément. Le réalisateur y revient sur ses débuts, sa passion pour François Truffaut, sa découverte du cinéma français, la manière dont il est devenu réalisateur à seulement 26 ans, sa façon de mettre en scène, la Nouvelle Vague chinoise, sa rencontre avec Tsui Hark et leur collaboration sur Le Syndicat du Crime, l’importance de l’émotion dans ses films, son travail avec les acteurs, sa relation avec Chow Yun-fat, les différences entre le cinéma d’action hongkongais et américain, son utilisation de la musique, ses films de guerre ainsi que sa conception de la violence et de la mise en scène.

Le Syndicat du Crime 3 :

  • Interviews (65′)
  • Hong Kong Confidential (10′)
  • Montage taïwanais (129′)
  • HK Revisited (50′)

Les interviews consacrées au troisième volet débutent avec les scénaristes Jason Kee-To Lam et Damu Liu, qui reviennent sur la genèse du projet, les directives de Tsui Hark, leurs échanges avec John Woo, le casting, l’écriture de plusieurs scènes clés ainsi que les principaux thèmes du film. Ils évoquent également l’accueil réservé au long métrage et un projet commun avec Tsui Hark finalement abandonné.

Le cinéaste et universitaire Gilbert Po retrace ensuite l’importance de la trilogie, son influence sur le cinéma hongkongais, l’évolution de ses principaux interprètes et revient sur les différents remakes réalisés en 1994, 2010 et 2018. Enfin, la spécialiste de la guerre du Vietnam Aurélie Basha i Novosejt analyse le contexte historique du film, sa représentation du Vietnam et des communautés chinoises, ainsi que les différences entre cette approche et celle adoptée par les productions américaines consacrées au conflit.

Dans Hong Kong Confidential, Grady Hendrix revient cette fois sur les relations parfois conflictuelles entre Tsui Hark et John Woo, leurs apports respectifs au film, le travail des acteurs, le doublage, ainsi que le style et les influences propres à ce troisième opus.

Le montage taïwanais permet de découvrir la version la plus longue du film, avec près de onze minutes de séquences inédites par rapport au montage cinéma. Si certaines étaient déjà apparues sur d’anciennes éditions asiatiques, elles sont ici présentées pour la première fois en haute définition. Un excellent complément pour les amateurs souhaitant découvrir le montage le plus complet de cette conclusion.

Enfin, le sixième épisode, partie 2,  de HK Revisited (seconde partie) retrouve Christophe Gans, Léo Haddad, Julien Carbon et David Martinez pour une analyse approfondie du troisième film. Ils reviennent sur sa place au sein de la trilogie, son style plus singulier, ses personnages, sa mythologie, les comparaisons avec Une balle dans la tête, l’utilisation des chansons ainsi que la relation complexe entre Tsui Hark et John Woo. Une discussion particulièrement riche et, une fois encore, passionnante à suivre.

Conditions du test

  • TV Samsung S90F 4K OLED
  • Lecteur Blu-ray Samsung 4K UHD UBD-M8500
  • Ampli Yamaha 4K UHD YHT-1840

Synopsis

Le Syndicat du Crime :

Sung Tse Ho et Mark Gor deux seigneurs de la mafia à Hong Kong, coulent des jours heureux sous les ordres d’un parrain vieillissant. Tout irait pour le mieux si Ho n’avait un frère cadet qui a choisi de faire carrière dans la police.

Le Syndicat du Crime 2 :

On promet au gangster Sung Tse Ho de le sortir de prison s’il accepte d’assister son frère policier, Sung Tse Kit dans une mission périlleuse qui consiste à s’infiltrer au sein d’un gang.

Le Syndicat du Crime 3 :

Entre le Vietnam et Hong-Kong, c’est la guerre. La seule façon de s’en sortir est de devenir un trafiquant. Mark Cheung, jeune habitant hongkongais venu à Saïgon chercher son cousin Mun et son oncle s’en rend compte trop tard, et cherche à s’en sortir en s’unissant à Chow Kit, une trafiquante. Malheureusement, tout tourne mal…

La trilogie

Véritable pierre angulaire du cinéma d’action hongkongais, la trilogie Le Syndicat du Crime a profondément marqué son époque et continue d’exercer une influence considérable sur le cinéma contemporain. Si le troisième volet, réalisé par Tsui Hark, est souvent perçu comme le moins abouti de la saga en raison de son approche différente et de son lien plus ténu avec les deux premiers films, les deux opus mis en scène par John Woo demeurent des œuvres majeures, ayant redéfini les codes du polar d’action.

Derrière leurs affrontements spectaculaires et leurs fusillades devenues légendaires, ces films racontent avant tout des histoires d’amitié, de loyauté, de trahison et de sacrifice. Les personnages, tous animés par un profond sens de l’honneur malgré leurs zones d’ombre, apportent une véritable dimension dramatique à des scènes d’action où chaque balle tirée semble avoir un poids émotionnel. Porté par le charisme inégalable de Chow Yun-fat, dont le personnage de Mark Gor est devenu une véritable icône, le diptyque original conjugue, avec une rare maîtrise, intensité émotionnelle et spectacle.

La mise en scène de John Woo impressionne encore aujourd’hui par sa fluidité, son sens du rythme et sa façon de chorégraphier les gunfights comme de véritables ballets. Son utilisation des ralentis, de la gestuelle des personnages et de l’espace a durablement influencé toute une génération de cinéastes, de Hong Kong jusqu’à Hollywood. Plus qu’une simple série de films d’action, Le Syndicat du Crime a contribué à populariser le heroic bloodshed et demeure une référence incontournable, tant pour son impact sur le genre que pour sa capacité à mêler émotion, tragédie et action avec une élégance rarement égalée.

 

Article écrit par

Adore le cinéma en général, que ce soit les gros blockbusters ou les plus petits films, les séries TV et les jeux vidéo. Il réalise de nombreux tests de blu-ray et films en UHD 4K et couvre l'actualité cinématographique en salles.

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