Caractéristiques
- Titre : Street Fighter
- Réalisateur(s) : Kitao Sakurai
- Avec : Noah Centineo, Andrew Koji, Callina Liang, Joe Roman Reigns Anoa’i, David Dastmalchian, Cody Rhodes, Andrew Schulz, Vidyut Jammwal, Orville Peck, Olivier Richters, Rayna Vallandingham, Mel Jarson et Jason Momoa.
- Distributeur : Paramount Pictures France
- Genre : Action, Arts Martiaux
- Pays : Etats-Unis
- Durée : 120 minutes
- Date de sortie : 14 octobre 2026
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- Note du critique : 5/10 par 1 critique
Nouveau long-métrage réalisé par Kitao Sakurai (Bad Trip, 72 Hours) et d’après le jeu vidéo Capcom, Street Fighter se déroule en 1993. Ryu et Ken Masters, deux Street Fighters autrefois inséparables, sont replongés dans l’arène lorsque la mystérieuse Chun-Li les recrute pour le prochain World Warrior Tournament : un affrontement brutal où se mêlent poings, destin et fureur. Mais derrière cette battle royale se cache une conspiration mortelle qui les oblige à s’affronter, tout en faisant face aux démons de leur passé…Et s’ils échouent, c’est GAME OVER.
Un scénario qui combat dans la bonne catégorie
Du côté du scénario, Street Fighter ne cherche pas à réinventer l’histoire de la licence. L’intrigue repose sur un nouveau tournoi qui sert les desseins de Bison, désireux de ramener Ryu sur le devant de la scène afin de lui dérober son Psycho Power et d’accroître ainsi sa propre puissance. Une histoire relativement simple, mais qui correspond à l’esprit des jeux vidéo et permet de réunir les différents combattants autour d’un même objectif. Le film a surtout l’intelligence de ne pas perdre de vue ce qui fait l’intérêt de cet univers. Les personnages sont bien définis et les acteurs choisis incarnent plutôt bien leurs équivalents vidéoludiques, tant dans leur apparence que dans leur attitude.
On retrouve ainsi des figures immédiatement reconnaissables, dont les personnalités et les relations constituent une part importante du plaisir de retrouver cette franchise sur grand écran. La relation entre Ryu et Ken représente d’ailleurs le véritable cœur du récit. Au-delà du tournoi et des ambitions de Bison, leur dynamique apporte une dimension humaine à l’ensemble et permet de s’intéresser aux personnages autrement qu’à travers leurs seules capacités de combat. Cette relation contribue à donner une certaine cohérence au film, qui ne se contente donc pas d’aligner les affrontements et les références aux jeux même si ces deux derniers points sont très présents.

Street Fighter joue la carte rétro
L’un des principaux atouts de Street Fighter réside dans sa direction artistique. Qu’il s’agisse des costumes, des décors ou de l’apparence des personnages, le long-métrage reprend largement les codes visuels de la franchise. L’ensemble assume pleinement son identité, sans chercher à rendre artificiellement réalistes des personnages dont le caractère exagéré constitue précisément l’une des marques de fabrique de la licence. Le choix de situer l’intrigue en 1993 participe également à cette démarche. Le film multiplie les références à cette décennie, aussi bien dans son ambiance que dans ses choix musicaux, avec des morceaux rock et électro d’époque qui contribuent à installer son atmosphère. Les clins d’œil ne concernent toutefois pas uniquement les jeux vidéo : le long-métrage convoque également les souvenirs du cinéma d’action des années 1990, notamment celui du Street Fighter sorti en 1994 avec Jean-Claude Van Damme.
Les flashbacks constituent un autre parti pris intéressant. Situées en 1987, ces séquences adoptent une esthétique animée qui évoque à la fois les jeux vidéo de la franchise et les animés japonais des années 1990. Ce changement de style graphique permet de distinguer visuellement le passé des personnages de l’intrigue principale, située six ans plus tard, tout en faisant écho à l’imaginaire qui a contribué à la popularité de Street Fighter. L’animation ne se réduit donc pas à une référence gratuite : elle participe à l’identité visuelle du film et témoigne d’une volonté d’assumer pleinement son héritage.

Des combats qui manquent de punch
Malheureusement, cette fidélité esthétique ne s’accompagne pas d’une mise en scène à la hauteur. Kitao Sakurai parvient à restituer l’univers de la franchise, mais se montre nettement moins convaincant lorsqu’il s’agit de mettre en images les affrontements. Les scènes de combat manquent d’efficacité et de lisibilité, ce qui nuit à leur impact et empêche plusieurs confrontations de véritablement décoller. Le problème est d’autant plus regrettable que le film prend soin de mettre en valeur les coups spéciaux emblématiques des jeux vidéo. Ces techniques, qui font partie intégrante de l’identité de Street Fighter, sont bien présentes et permettent de retrouver certains des éléments les plus reconnaissables de la licence. Pourtant, leur intégration aux combats ne suffit pas à compenser les limites de la réalisation.
On aurait aimé une mise en scène plus dynamique, des affrontements mieux chorégraphiés et une utilisation plus convaincante de l’espace. Les effets spéciaux s’en sortent, pour leur part, plutôt correctement dans l’ensemble. Sans être particulièrement impressionnants, ils remplissent généralement leur fonction et permettent de donner vie aux capacités extraordinaires des combattants. Le résultat reste néanmoins inégal, et l’efficacité des effets visuels ne peut pas, à elle seule, donner aux affrontements l’énergie qui leur fait parfois défaut.

Un Hadouken d’humour et de nostalgie
Heureusement, Street Fighter parvient à compenser une partie de ses faiblesses grâce à un humour qui fonctionne assez bien. Le film assume le caractère parfois extravagant de son univers et n’hésite pas à jouer avec les situations, les personnages et les références qui ont fait la popularité de la franchise. Cette approche permet d’éviter que le récit ne se prenne trop au sérieux et contribue au caractère divertissant de l’ensemble. Le long-métrage multiplie également les clins d’œil aux jeux vidéo, à la culture populaire des années 1990 et au cinéma d’action de cette époque.
Nous avons même des références au film de 1994 avec Jean-Claude Van Damme qui participent notamment à cette dimension nostalgique. Pour les connaisseurs, ces nombreuses allusions constituent une partie du plaisir, même si elles ne suffisent pas à faire oublier les maladresses de la mise en scène. Le rythme demeure par ailleurs assez bon pendant une bonne partie du film. L’intrigue avance suffisamment pour maintenir l’intérêt malgré quelques longueurs qui apparaissent toutefois dans le dernier acte.
Au final, Street Fighter est une adaptation fidèle à l’esprit du jeu vidéo, portée par des personnages bien incarnés, une direction artistique qui restitue l’esthétique des années 1990 et de nombreux clins d’œil. Malheureusement, la réalisation manque d’efficacité, notamment lors des combats, ce qui empêche le film de convaincre pleinement. Sans être un grand film d’action, il reste un divertissement convenable et une adaptation sympathique de la célèbre licence.




