Caractéristiques
- Titre : La Maison hantée
- Genre : Comédie Musicale, magie, expérience immersive
- Ecriture : Nicolas Nebot
- Musique : Dominique Mattei
- Chorégraphie : Patricia Delon
- Mise en scène : Nicolas Nebot
- Avec : Pia et Louanne, Amélie Foubert, Emmanuel Quatra, Franck Vincent et Yoni Amar.
- Durée : 80 minutes
- Lieu(x) de représentation : Palais des Glaces
- Dates : jusqu'au 10 janvier 2027
- Note : 8/10 par 1 critique
Récompensée par le Trophée de la Comédie musicale jeune public 2026, La Maison hantée s’est installée au Palais des Glaces depuis le mois d’octobre, et jusqu’au 10 janvier 2027. Imaginée par l’équipe créative du musical Jules Verne, cette nouvelle création mêle chant, danse, surnaturel et marionnettes dans un décor immersif à 360°. Portée par neuf artistes et une bande originale inédite, elle promet une aventure fantastique à partager en famille, dès 5 ans.
Les fantômes, gardiens de l’enfance
À l’approche de ses 12 ans, Élie s’apprête à vivre un changement important. Son père Jack, vendeur de parapluies en Arizona où les clients se font rares faute de pluie, décide de déménager avec sa famille à Paradis, en Louisiane, dans la maison d’enfance de son épouse. Mais cette nouvelle demeure réserve quelques surprises à ses occupants. La jeune fille, qui rêve de devenir danseuse malgré une fragilité à la malléole, y fait notamment la connaissance d’Alfred, un drôle de fantôme qui va l’entraîner dans une aventure inattendue.
Nicolas Nebot, qui signe le texte et la mise en scène, imagine avec La Maison hantée, une mythologie originale autour des fantômes. Ces derniers sont en réalité d’anciens Veilleurs, chargés de protéger les enfants et de les accompagner jusqu’au seuil de l’âge adulte. Lorsqu’ils échouent dans leur mission, ils sont condamnés à devenir des esprits. Cet univers surnaturel joue habilement avec les codes du fantastique en alternant apparitions inquiétantes et personnages amusants. Les fantômes ont beau chercher à effrayer les vivants, ils se montrent en effet particulièrement drôles, à l’image de Marlito, adorable petite marionnette animée. Quant à Élie, son absence de peur déstabilise ses nouveaux compagnons. Le spectacle trouve ainsi un équilibre entre frissons, humour et émotion, avec juste ce qu’il faut de surprises pour captiver le jeune public. Quelques références humoristiques viennent également apporter une touche de connivence bienvenue avec les adultes.
Un spectacle immersif aux multiples facettes
Dès les premières minutes, une ambiance mystérieuse s’installe, portée par une musique aux accents d’Halloween et des jeux de lumière. Sur les murs, des portraits vidéoprojetés en noir et blanc viennent compléter le décor et s’animent ponctuellement. La scénographie exploite pleinement les possibilités de la vidéoprojection à 360° : les images habillent en permanence les murs et transforment l’ensemble de la salle au gré des différents lieux de l’intrigue. Le dispositif s’appuie également sur un rideau transparent qui permet de modifier les décors en arrière-fond tandis que l’action continue devant. Mais l’immersion ne repose pas uniquement sur les effets visuels. Les comédiens n’hésitent pas à quitter la scène pour circuler dans les rangées et surprendre les spectateurs. La représentation se prolonge ainsi jusque dans le public qui se retrouve plongé au cœur de la maison hantée.
Sur scène, les artistes enchaînent avec virtuosité passages dialogués, chansons et tableaux dansés. La jeune Pia Bonfils, qui interprète Élie, se distingue particulièrement par son charisme et sa polyvalence, aussi à l’aise dans la danse que dans le jeu et le chant. Du côté de la musique, la bande originale composée par Dominique Mattei accompagne efficacement l’aventure, avec plusieurs morceaux rythmés qui restent facilement en tête, tels que « Tu vas nous faire peur » ou « Hantés ». Les chorégraphies de Patricia Delon sont également très réussies, qu’il s’agisse des tableaux collectifs ou des passages individuels de la jeune danseuse classique. Certains moments se révèlent même particulièrement poétiques, à l’image de cette belle scène de portés où des personnages vêtus de noir soutiennent l’héroïne en blanc. Plus généralement, les neuf artistes réunis sur scène livrent une prestation solide et maîtrisent avec talent les différentes disciplines.
Une aventure familiale entre frissons et émotion
La Maison hantée bénéficie en outre d’un très bon sens du rythme. Les interventions des fantômes dans la salle entretiennent une certaine tension ludique, les enfants restant constamment sur le qui-vive et guettant la prochaine apparition derrière eux. Le spectacle joue ainsi sur la frontière entre peur et amusement, sans jamais verser dans l’effroi excessif. L’enthousiasme du jeune public ne fait d’ailleurs guère de doute si l’on en croit les cris de joie entendus à la reprise après l’entracte ! La représentation se déroule en effet en deux temps, avec une pause de quinze minutes. Une durée totale d’environ 1h45, entracte compris, qui laisse le temps de développer cette aventure sans perdre l’attention des spectateurs.
Derrière son univers fantastique et ses ressorts comiques, le spectacle aborde enfin des thématiques plus profondes, autour du temps qui passe, de la transmission et du passage de l’enfance à l’âge adulte. Plusieurs séquences apportent une véritable dimension émotionnelle au récit qui ne se contente pas d’enchaîner les péripéties. La conclusion se révèle, certes, un peu sur-explicative, comme si elle cherchait à souligner un propos que les scènes précédentes avaient déjà permis de comprendre. Cependant, ce choix se justifie aisément par la volonté de rendre le dénouement accessible aux plus jeunes. Une insistance que l’on pardonne bien volontiers au regard de la sincérité du propos et de l’émotion qui se dégage de l’ensemble.
Avec ses fantômes aussi amusants qu’inquiétants, ses chansons entraînantes et sa scénographie immersive, La Maison hantée propose donc une aventure familiale pleine de surprises. Derrière les frissons et les rires se dessine également une histoire touchante sur le passage à l’âge adulte et le temps qui passe. Une très belle découverte !






