image jaquette blu-ray xanadu avec olivia newton-john elephant filmsCaractéristiques

  • Réalisateur : Robert Greenwald
  • Avec : Olivia Newton-John, Gene Kelly, Michael Beck…
  • Éditeur : Elephant Films
  • Date de sortie Blu-Ray : 24 août 2016
  • Durée : 96 minutes

Image : 4/5

Elephant Films nous sert ici un plat de choix. Xanadu est proposé dans un master à la propreté indéniable, peut-être un peu trop granuleux sur une poignée de plans mais rien de bien grave. La définition est plutôt stable, même si là encore quelques secondes sont un peu plus floues. Le travail sur la colorimétrie et les contrastes, quant à lui, remporte notre totale adhésion.

Son : 5/5

Xanadu est proposé en version française, et en version originale sous-titrée dans la langue de Molière. Pour cette dernière, deux pistes sont disponibles : une DTS HD Master Audio 2.0 sobre et efficace, ainsi qu’une DTS HD Master Audio 5.1 qui, elle, propose une certaine folie dans la spatialisation, tandis que l’équilibre du mixage est continuellement parfait. La VF, en DTS HD Master Audio 2.0 est en-dessous en terme de niveaux de détails, le doublage est bon mais a tendance à écraser les différentes pistes. Cela reste largement agréable, même si vous aurez compris qu’on vous conseille chaleureusement la VOSTFR.

Bonus : 2/5

Xanadu est présenté par Xavier Leherpeur, journaliste qui revient pendant 13 minutes sur le film et son casting, non sans un certain recours à l’humour assez communicatif. C’est un peu juste, mais assez factuel pour que l’on en sorte mieux informé. Signalons aussi la présence d’un karaoké proposant pas moins de cinq chansons du film, ainsi que l’incontournable duo formé par les bandes annonce et la galerie photo.

Synopsis

Kira est une muse grecque, incarnée sur terre sous les traits d’une belle jeune fille pour inspirer les humains. Elle rencontre Sonny Malone, un peintre qui désespère d’atteindre la notoriété, et qui tombe amoureux d’elle. Kira donne un nouveau souffle à son inspiration, et le pousse à ouvrir la boîte de nuit Xanadu, avec l’aide du clarinettiste Danny McGuire.

Le film

Après le succès phénoménal de Grease en 1978, Olivia Newton-John a joué dans cette comédie musicale au kitsch assumé avec panache aux côtés du grand Gene Kelly et d’un jeune premier un peu fade, Michael Beck, rapidement perdu de vue par la suite. Très mal accueilli par la critique, ce film sur l’histoire d’amour entre une muse et un jeune artiste peintre dans le Los Angeles de la fin des 70’s sera la dernière comédie musicale dans laquelle ce sera illustrée Olivia Newton-John, qui, après un nouveau bide au box-office (aux côtés de son ancien partenaire John Travolta) s’éloignera progressivement du cinéma et retournera à sa carrière initiale de chanteuse de country pop.

Cependant, malgré sa mauvaise réputation, le côté camp de Xanadu lui a permis de devenir une comédie musicale un peu culte pour les amateurs du genre et sa ressortie en édition Blu-Ray remasterisée est l’occasion de le réévaluer. Librement inspiré de la très sympathique (et calibrée) comédie musicale Down to Earth avec Rita Hayworth (1947), le film de Robert Greenwald était supposé, au départ, être un film de roller disco (oui, vous avez bien lu, « du disco sur rollers ») avant de dévier quelque peu de sa trajectoire, sans pour autant perdre de vue le disco (bien présent dans la B.O.) et en conservant quelques scènes sans prétention de rollers. Mais si l’intrigue finale tourne autour de la création artistique, il faut bien admettre que le scénario dans son ensemble n’est qu’un vague prétexte pour proposer un musical complètement débridé, où la conception classique des années 40-50 (incarnée par Gene « Singin’ in the Rain » Kelly) affronte celle, plus moderne, de la fin des années 70-début des années 80, avec ses influences punk et disco, ses couleurs flashy et ses mouvements de caméra dynamiques. Alors que le film avec Rita Hayworth était un pur film de studio à la gloire de la star de Gilda, le « remake » surfe aussi de manière évidente sur le succès de Grease et se présente comme un véhicule pour mettre en avant Olivia Newton-John, qui interprète ici plusieurs titres, en solo ou en duo, qui connurent un grand succès grâce à la B.O., qui se vendit très bien à l’époque malgré les faibles performances du long-métrage en salles.

image michael beck olivia newton-john xanadu

Michael Beck et Olivia Newton-John dans Xanadu. (capture non-tirée du Blu-Ray)

Autant être francs : mieux vaut être dans l’état d’esprit adéquat et aimer les comédies musicales, et ce même dans leurs pire excès, pour apprécier pleinement l’expérience Xanadu. Si, comme nous, c’est le cas, vous aurez l’occasion de découvrir une oeuvre aussi légère que curieuse, franchement plaisante à partir du moment où l’on a bien assimilé (au bout de 30 secondes environ) que ce que l’on va voir n’est pas à prendre le moins du monde au sérieux, mais plutôt au dixième degré. On peut alors se régaler des effets visuels rose fluo, des numéros musicaux déjantés au point d’en être quasi-indescriptibles et du ton résolument cheesy de l’ensemble. Sans égaler sa performance de Grease, Olivia Newton-John fait preuve d’une certaine grâce et d’entrain dans le rôle casse-gueule de la muse Kira (Terpsichore de son vrai nom), fille de Zeus montée sur rollers au sourire quelque peu robotique de prime abord, qui rappellera un peu le Buffy Bot imaginé par Joss Whedon 20 ans plus tard dans la saison 5 de Buffy contre les vampires. Il faut dire qu’en tant que muse, Kira est chargée de jouer l’archétype de la « petite-amie idéale » si l’on peut dire, entièrement au service du jeune homme qu’elle doit aider, qu’elle valorise continuellement tout en se mettant en retrait. Un stéréotype démodé auquel l’actrice apporte néanmoins son charisme, éclipsant totalement un Michael Beck aussi lisse que transparent.

Le reste n’est que bons sentiments, couleurs, chorégraphies débridées et chansons datées plutôt sympathiques. Si la réalisation n’est pas exactement maîtrisée ni réellement inventive (un œil averti pourra facilement déceler par moments quelques soucis dans la gestion des danseurs), le dynamisme de l’ensemble et les multiples clins d’œil au genre finissent par l’emporter. En assumant la dimension over the top de l’ensemble, Robert Greenwald réussit en fin de compte à faire passer des choses qui auraient été durement critiquées au sein d’un film se voulant plus terre à terre, et réalise un film drôle et divertissant, qui sera également la dernière apparition sur grand écran de Gene Kelly. Pourtant peu aidé par un script fleurant bon la guimauve, qui fait de son personnage un vieil homme nostalgique au discours éculé, la star de Chantons sous la pluie, qui avait alors 68 ans, fait preuve d’un bel abattage lors de ses scènes dansées. On saluera également la jolie séquence animée par Don Bluth, dont l’insertion au sein du film est utilisée de manière quelque peu psychédélique. Pour toutes ces raisons, Xanadu vaut le coup d’œil et constitue un délicieux plaisir coupable. 

Cécile Desbrun

Cécile Desbrun est une journaliste culturelle spécialisée dans le cinéma, la musique et l'image de la femme dans la culture. Elle créée Culturellement Vôtre en 2009 et écrit parallèlement pour plusieurs publications en ligne. Elle achève actuellement l'écriture d'un livre sur la femme fatale dans l'oeuvre de David Lynch et est la créatrice du site Tori's Maze, dédié à l'artiste américaine Tori Amos, sur laquelle elle mène un travail de recherche approfondi.