[Test – Nintendo 3DS] Shin Megami Tensai 4 Apocalypse : la fin du monde ça a du bon

image shin megami tensei 4 apocalypseCaractéristiques

  • Test effectué sur : Nintendo 3DS
  • Genre : J-RPG
  • Éditeur : Deep Silver
  • Développeur : Atlus
  • Sortie : 2 décembre 2016

Test

Quand on aborde la licence Megami Tensei, on contemple l’une des séries de RPG les plus anciennes qui soit. Rendez vous compte, le tout premier jeu, sorti sur Famicom et MSX, remonte à l’année 1987 ! Depuis passé « Shin », et surtout devenu l’une des licences RPG les plus populaires au Japon, sa particularité est de se dérouler au présent, dans une Tokyo en proie à d’innombrables démons. Alors que Shin Megami Tensei 4 est sorti voilà deux ans, sa fin reste sans doute la plus ouverte de l’histoire de la série, et les fans espéraient bien voir Atlus faire la lumière sur le post-ending. Aujourd’hui, on accueille l’épisode Apocalypse, qui a la tâche de prendre la suite directe…

Histoire : 4/5

Shin Megami Tensei 4 : Apocalypse prend place quelques 25 années après la fin de la guerre sans pitiié qui a opposé Lucifer et Merkabah. Tokyo sauvée grâce à l’intervention de Flynn et Isabeau, la bulle de protection n’a pourtant pas annihilée la menace représentée par les démons. C’est au sein de cette situation que l’on incarne Nanashi, un adolescent de 15 ans qui rêve de chasser les démons. Seulement, en brûlant les étapes il tombe sur un maudit os : un démon d’ordre supérieur, et il meurt sous les coups de son adversaire. C’est alors que le personnage erre dans une sorte de dimension intermédiaire que l’on va rencontrer l’étrange Dagda, qui va proposer à Nanashi de revenir à la vie mais uniquement s’il devient son esclave, ou plutôt son Godslayer. Son but, une fois revenu dans le monde des vivants, sera ni plus ni moins de sauver ce dernier…

Première constatation, il est possible de ne pas avoir joué au précédent jeu pour aborder Shin Megami Tensei 4 : Apocalypse. Si l’univers ne sera jamais mieux dégusté que par des habitués de la saga, qui comprendront mieux certaines subtilités (comme la valeur relative de la vie, par exemple), écrivons qu’Atlus a su parsemé sa narration d’instants suspendus, notamment à la rencontre avec certains PNJ, qui reviennent sur les événements immanquables de l’épisode 4. Même s’il est évident que tout ne sera pas toujours très clair, l’effort paie : le joueur n’est jamais réellement largué, et ce même si l’histoire est dense et plutôt subtile.

La tonalité de Shin Megami Tensei 4 : Apocalypse est un bel équilibre entre éléments sombres, un récit qui ne compte pas les bons retournements de situation et un  traitement purement fun. En résulte un scénario au rythme étonnamment soutenu, du moins passé une introduction qui aime à prendre son temps pour installer l’intrigue et les personnages. Alors certes, on regrette que les textes n’aient pas été localisés dans la langue de Molière, et peut-être qu’en terme de lieux visités on a un peu trop droit à du recyclage de l’épisode 4, cependant il se dégage de ce soft une ambiance de fin du monde excellente, et ce jusqu’à un final qui nous aura marqué.

Gameplay : 4/5

Comme dans tout J-RPG qui se respecte, le système de combat de Shin Megami Tensei 4 : Apocalypse est primordial. En allant un peu vite, on pourrait le définir par un mélange de Final Fantasy et de Pokémon, avec une partie de chasse au démon très loin d’être négligeable. Ces batailles au tour par tour, avec une très forte tendance à beaucoup faire appel à la logique des éléments, font appel à la dextérité du joueur d’une manière qui a tendance à impliquer le joueur. Via le concept de « Turn Press », il va falloir déceler le point faible de l’ennemi, et en jouer assurera (ou presque, puisque il existe un double tranchant) de leur faire perdre un tour. A la fin de celui-ci, c’est au tour des personnages de soutien d’intervenir, que vous aurez préalablement capturé d’une manière peut-être un poil trop aléatoire, par le biais de séquences dialoguées un peu suspectes.

Le système de fusion a, quant à lui, était lissé, fluidifié. Il est désormais possible de choisir plus de deux démons, mais aussi de maîtriser l’héritage des sorts que le démon fusionné possédera. Le système de combat de Shin Megami Tensei 4 : Apocalypse est hyper addictif, et même s’il est très possible d’éviter ces joutes vous vous prendrez à vous jeter dedans tête baissée. D’autant que, dorénavant, il est possible d’adapter le niveau de difficulté (au nombre de trois) à votre expérience, ce qui apporte toujours un véritable plus.

On n’en pouvait plus d’attendre de vérifier que le principal défaut du quatrième épisode a été réglé. Et, en effet, c’est le cas : Shin Megami Tensei 4 : Apocalypse propose enfin une map digne de ce nom ! Celles et ceux qui ont joué à l’épisode 4 s’en souviennent, c’était une véritable tannée que d’essayer de se retrouver sur la carte, qui manquait de zoom et, surtout, d’identifications nominatives. C’est donc un lointain souvenir dans cette itération, et tant mieux ! Aller, tout juste regrette-t-on que la gestion de la caméra soit laissée uniquement aux boutons L et R (elle sert à quoi la New 3DS ?), mais dans l’ensemble Shin Megami Tensei 4 : Apocalypse est bien mieux fignolé que le soft auquel il fait suite.

Technique et ambiance sonore : 3/5

D’un point de vue purement technique, écrivons que la Nintendo 3DS montre toutes ses limites dans sa capacité à gérer des environnements en 3D réalistes. C’est plutôt grossier dans l’ensemble, et l’aliasing est évidemment de la partie, cependant on arrive à largement faire la part des choses. Et pourquoi donc ? Car la direction artistique de Shin Megami Tensei 4 : Apocalypse est d’un très bon niveau, jouant parfaitement de sa patte mature et de son character-design délicieusement sombre. C’est un constat habituel pour la saga : ce n’est pas un canon de beauté, mais sa personnalité est telle qu’on ferme les yeux sur des défauts finalement mineurs.

Shin Megami Tensei 4 : Apocalypse est agréable à l’oreille, les bruitages étant heureusement moins secs que dans l’épisode 4. Pour la soundtrack, on retrouve Ryota Koduka, que l’on connait pour son (gros) travail sur Persona 4, mais aussi sur Devil Survivor 2 et Growlanser 4. Ses thèmes épousent parfaitement les situations, et l’on a une grosse préférence pour ses morceaux les plus mélancoliques. Par contre, on est en droit d’être un peu déçu par l’absence des voix japonaises originales, le doublage proposé étant l’américain. Dommage, même si l’acting en lui-même est loin d’être mauvais.

Durée de vie : 5/5

Le nombre d’heures de jeu contenu dans la petite cartouche de Shin Megami Tensei 4 : Apocalypse est pour le moins surprenant. Comptez bien 35 heures pour terminer l’aventure, ajoutez-en une bonne douzaine avec tout le contenu annexe habituel. Aussi, il faut savoir que vos choix de réponses dans certains dialogues clés changeront la fin que vous obtiendrez, parfois drastiquement. Si vous êtes du genre à aimer essorer vos jeux, vous êtes partis pour un trip fin du monde que vous ne lâcherez pas de sitôt. Sachez aussi que terminer Shin Megami Tensei 4 : Apocalypse donne droit à un new game plus, et à un mode de difficulté supplémentaire.

Note finale : 16/20

La Nintendo 3DS est décidément une console incontournable quand on veut se frotter à du très bon J-RPG. Shin Megami Tensei 4 : Apocalypse fait partie de cette catégorie, vient à bout de quelques unes des erreurs de l’itération précédente et affine globalement la recette. Alors certes, si l’on connaît déjà un peu la licence on sera sans doute plus apte à comprendre certaines particularités de l’univers, mais même les nouveaux-venus pourront se débrouiller grâce à une narration qui prend le temps de rappeler certains événements importants. Si l’on regrette que les textes ne soient pas traduits en français, un niveau intermédiaire suffira amplement pour ne pas se perdre dans des dialogues savoureux. Quant à la durée de vie, elle est tout simplement énorme, et donnera aux plus jusqu’au-boutistes bien du challenge.

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato est un journaliste culturel spécialisé dans le cinéma (cursus de scénariste au CLCF) et plus particulièrement le cinéma de genre, jeux vidéos, littérature. Il rejoint Culturellement Vôtre en décembre 2015 en tant que co-rédacteur en chef. Manque clairement de sommeil.
Mickaël Barbato
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