[Test – Playstation 4] Samurai Warriors Spirit Of Sanada : un bon millésime

Caractéristiques

    • Ordinateur/PC
  • Développeur : Omega Force
  • Editeur : Koei Tecmo Europe
  • Date de sortie : 26 mai 2017
  • Acheter : Cliquez ici

Introduction

Omega Force est un studio à part dans le monde du jeu vidéo. Spécialisé dans le Musô, ce genre qui vous plonge dans des combats épiques, seul face à des centaines (voire des milliers) d’ennemis. Bien longtemps relégué au troisième plan vidéoludique, notamment à cause d’une certaine propension à prendre son temps avant d’oser des nouveautés marquantes, le style Musô est aujourd’hui encore un peu « de niche ». Pourtant, on observe une ouverture vers un public un peu moins spécialisé, avec l’apparition de jeux à licence, comme Berserk And The Band Of The Hawk, ou encore A.O.T. Wings Of Freedom. Une volonté qui, avec Samurai Warriors : Spirit Of Sanada, est balayée d’un revers de la main. En effet, on retourne en pleine moyen-age nippon, alors les fans du Japon féodal n’ont qu’à bien se tenir…

Histoire : 4/5

image samurai warriors spirit sanada

Comme son titre l’indique, Samurai Warriors : Spirit Of Sanada s’intéresse avant tout au clan Sanada. Comme l’exige la licence, l’exactitude historique est de mise, et la famille a réellement existé. Bien entendu, le pur récit est (très) romancé, afin de coller aux capacités quelques peu hors du commun des avatars dont nous disposons. Tout au long du scénario, on incarnera différents personnages, de Masayuki Sanada à Yukimura Sanada, ce qui couvre une partie très intéressante de l’histoire de ce clan. Les amateurs d’événements dramatiques en auront pour leur argent, mais nous n’en dévoilerons pas plus….

La narration de Samurai Warriors : Spirit Of Sanada n’est certes pas des plus énergiques, mais elle a le mérite d’essayer de clarifier chacune des situations. Certes, on s’y perd un peu dans toutes ces familles ici conviées, mais le jeu fait son possible afin de ne pas nous laisser sur le bord de la route. Les dialogues sont certes denses, mais ils rattrapent bien certaines zone d’ombre que l’on sent pointer dans les trop peu nombreuses (et plutôt classieuses, ce qui rajoute au regret de ne pas en voir plus) cinématiques. Il ne fait aucun doute que, si vous appréciez le Japon au point de vouloir en découvrir une infime partie de son histoire par le biais d’un jeu vidéo, vous êtes au bon endroit. Par contre, et c’est malheureusement une habitude pour ce genre de soft, sachez que Samurai Warriors : Spirit Of Sanada ne propose que des textes en anglais. Si l’on ajoute la complexité des noms propres et des lieux, alors on ne peut que vous conseiller d’avoir un bon niveau de compréhension de cette langue.

Gameplay : 4/5

image omega force samurai warriors spirit sanada

Comme nous l’avancions en introduction, la licence ici évoquée n’est pas du genre à révolutionner son gameplay. Pourtant, Samurai Warriors : Spirit Of Sanada pourrait bien sonner le début d’une nouvelle volonté chez Omega Force. En effet, on sent bien que les développeur vont, petit à petit, se diriger vers le concept de l’open world. Dans le soft abordé dans cet article, on n’en est pas encore à un monde ouvert à la Mafia 3, loin de là, mais on en sent les prémices. Dorénavant, le joueur aura accès au Château, une véritable base qui propose une foule de services : fabriquer de l’armement, débloquer de nouvelles attaques, mais aussi profiter des denrées afin de fabriquer des potions aux effets divers. C’est là une belle avancée, même si l’on s’attend à ce qu’elle soit encore plus approfondie dans le prochain épisode, avec peut-être un aspect craft et loot, qui sait ? Pour le moment, ce n’est pas réellement le cas, même si pêcher pourra s’avérer concluant : certains poissons rares vous serviront à améliorer votre avatar.

Si ces petites respirations sont bienvenues, avouons que notre intérêt s’est un peu plus porté sur les batailles. Samurai Warriors : Spirit Of Sanada ne compte pas bouleverser votre rapport aux joutes : on retrouve évidemment l’indispensable carte, qui nous indique tout autant les grappes ennemies que les déplacements des adversaires importants. Pour défoncer du belligérant, il vous faudra toujours vous acharner sur des combinaisons de touches, le but étant d’éclater le compteur d’enchainements. Une recette toujours aussi hypnotisante, soit écrit en passant, et ce même si la diversité des ennemis n’est pas des plus développée. Enfin, on accueille une nouveauté parmi les plus intéressantes : la gestion de la temporalité, qui se traduit par un cycle du jour et de la nuit. Une excellente idée, qui justifie de fait le compteur de temps. Et attention, car la nuit s’accompagne de vrais handicaps, comme la visibilité réduite sur la carte…

Bien entendu, les habitués de la séries retrouveront aussi quelques unes de leurs marques. Samurai Warriors : Spirit Of Sanada propose pas moins de 61 personnages jouables, et tous sont soumis à un système d’évolution issu du RPG. Mais tout de même, on remarque un agencement des batailles différents : on pense dorénavant en crescendo au sein des chapitres, avec des joutes de plus en plus importantes. Ainsi, le jeu gagne en rythmique, ce qui n’est pas un mal. Enfin, impossible de ne pas aborder le système des Sanada Coins, qui s’inspire avec exactitude (dans la représentation, s’entend) de l’insigne héraldique du clan Sanada. Après avoir fait le nécessaire pour en récupérer, notamment en réussissant des missions secondaires, vous pourrez utiliser ces fameuses pièces afin de lancer des stratagèmes (soutien de fantassins, par exemple), ce qui pourrait bien vous sauver les miches plus d’une fois. Globalement, le gameplay est à la fois prudent et annonciateur d’un changement à venir…

Technique et ambiance sonore : 3/5

image test samurai warriors spirit sanada

Le moteur graphique de Samurai Warriors : Spirit Of Sanada atteint ses limites, lui qui date de la Playstation 3, tout de même. Le soft accuse un retard en terme de textures, c’est certain. Par contre, on ne peut que constater que la fluidité ne souffre d’aucune baisse de framerate, ce qui est une priorité pour ce genre si particulier. Aussi, le titre nous séduit grâce à un character-design bien équilibré, qui évite la surenchère d’effets mais sait tout de même souligner de côté héroïque des différents personnages. Quant à la bande originale, elle est à la hauteur de ce que la série a pour habitude de produire. Des thèmes très séduisants, mais peut-être un peu chiches en quantité. Enfin, le doublage japonais d’origine est aussi d’une belle qualité, dans les intonations et les choix d’acteurs.

Durée de vie : 3/5

image jeu samurai warriors spirit sanada

Samurai Warriors : Spirit Of Sanada est un épisode qui vous occupera une bonne trentaine d’heures. Ce qui est honorable en terme de chiffre, même si la licence nous a habitué à un peu plus de contenu. Cela reste très correct, il vous faudra bien du peps afin de mener les quelques 61 personnages à leur niveau maximum. Par contre, il est étonnant de constater qu’Omega Force a choisi de se séparer du mode multijoueurs. Reculer pour mieux sauter ?

Note finale : 14/20

Cela ne fait aucun doute : Samurai Warriors : Spirit Of Sanada est une itération de transition. Omega Force profite de ce spin-off afin de nous préparer à de futurs changements, on pense notamment à ce cycle du jour et de la nuit, qui fonctionne très bien en terme d’impact sur le joueur. Le village fait aussi bonne impression, même si l’on aurait apprécié que les activités soient encore plus diversifiés. On regrette aussi quelques textures qui commencent à faire sérieusement datées, même si le jeu est d’une fluidité absolue et très bienvenue. L’histoire, quant à elle, figure parmi les belles réussites de la licence, en opérant un focus qui brise un peu l’aspect parfois très englobant d’Omega Force. Pas tout à fait révolutionnaire donc, mais assez de petites nouveautés pour que les fans soient interpelés.

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato est un journaliste culturel spécialisé dans le cinéma (cursus de scénariste au CLCF) et plus particulièrement le cinéma de genre, jeux vidéos, littérature. Il rejoint Culturellement Vôtre en décembre 2015 en tant que co-rédacteur en chef. Manque clairement de sommeil.
Mickaël Barbato
7/10

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