article coup de coeur

[Test] Bayonetta 2 : la Nintendo Switch accueille un chef-d’œuvre

Caractéristiques

    • Nintendo Switch
  • Développeur : PlatinumGames
  • Editeur : Nintendo
  • Date de sortie : 16 février 2018
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Toujours aussi indispensable

image jeu bayonetta 2
Sorcière, fais-moi mal !

Destin jusqu’ici injuste que celui de Bayonetta 2. Encore meilleur que le premier opus, acclamé par la critique et véritable succès d’estime, le titre n’a pourtant pas brillé dans les charts, sans doute à cause d’une exclusivité Wii U contre-productive. Et pourtant, quel chef-d’œuvre ! On est là encore tout au sommet du beat’em all, genre qui a presque disparu, mais qui continue à survivre grâce à ce genre de production haut de gamme. Le studio PlatinumGames, Hideki Kamiya et son équipe, ont livré ce qu’on peut largement appelé un très grand jeu, et la Nintendo Switch vient d’en accueillir le portage.

Comme pour le portage de Bayonetta, le scénario de Bayonetta 2 ne bouge pas d’un cil. Et s’y replonger nous rappelle à quel point PlatinumGames a su équilibrer sa narration, parfois un peu maladroite dans le précédent opus. Ici, tout va à cent à l’heure, d’ailleurs c’est la marque de fabrique de cet excellent épisode. Après une introduction qui nous plonge dans une guerre sans merci, on reprend le fil de la licence, quelques mois après la fin des événements du premier jeu. Ici, l’histoire se fait plus claire, plus directe, certains pourraient penser (à tort) que le récit est même un peu expédié. La volonté du studio japonais est simple : nous embarquer dans un tourbillon de bastons, tout en travaillant l’univers, pas aussi creux qu’on pourrait superficiellement le penser. On retrouve Bayonetta, Cereza de son vrai prénom, en pleine séance de shopping à la cool, puis intervient une menace : un avion fonce tout droit vers le magasin où elle et Jeanne se trouvent. Il s’agit là du top départ d’une intrigue rapidement captée et digérée, qui nous emmènera droit à Fimbulventr, là où se trouvent les portes de l’Enfer…

Bayonetta 2 marque de nets progrès dans la narration. Sans ne jamais verser dans le n’importe quoi à tendance débilesque (on n’est pas dans des délires dans le style de Metal Gear Solid : The Twin Snakes), le jeu sait à la fois prendre soin de sa fanbase, et exploiter à fond les ouvertures créées par un univers bien maitrisé. La mise en scène ingame est parfois carrément démentielle, et si l’on avait peur que les premiers instants, mémorables, mettent la barre trop haut, vous serez ravis d’apprendre que la suite est du même acabit. Par contre, les cutscenes s’avèrent étrangement statiques, d’une retenue difficile à comprendre et à accepter. Après la séquence d’ouverture, plus aucune ne retrouve cet allant, ce souffle épique. Dommage, et l’on espère que Bayonetta 3 corrigera le tir. Heureusement, le tout est sous-titré en français, afin de n’oublier aucun d’entre vous.

Un grand classique du beat’em all

image nintendo switch bayonetta 2
Des combats qui vous laisseront sans voix.

Ce portage de Bayonetta 2 ne se hasarde pas à s’immiscer dans le gameplay, et pour cause : la prise en mains demeure incroyablement bonne, même quatre ans après la sortie initiale du jeu. La base du concept reste la même, nous vous renvoyons au test du précédent opus afin de mieux la comprendre. Mais survolons-la tout de même : votre héroïne peut attaquer avec ses mimines, ses pieds, et utiliser sa pétoire à distance. Toute la sève du jeu se trouve là, dans l’utilisation de ces différents coups dans des combos nombreux, que vous devrez maitriser afin de mieux aborder les différents adversaires. Ne pensez pas taper à l’aveugle, ça ne vous sauvera pas les miches sur la longueur, et ce même si la difficulté est moins marquée que dans l’itération précédente. Votre armement, ainsi que le panel d’enchainements, est évolutif : rendez-vous chez Rodin afin de dépenser sans compter. Le Witch Time fait son grand retour, lui qui permet de savourer chaque esquive parfaitement effectuée, ce qui fait d’ailleurs que la défense reste un élément prégnant du gameplay.

Bayonetta 2 dispose tout de même de quelques nouveautés, et pas des moindres. Tout d’abord, notre sorcière bien-aimée peut dorénavant se transformer en serpent, en plus des habituels corbeaux et panthères. Mine de rien, cela permet au joueur de mieux aborder un level design plus ample, moins limité qu’auparavant. Autre originalité de taille : l’Apothéose, que vous utiliserez une fois la jauge associée pleine, afin de multiplier vos dégâts de manière impressionnante. Sacrément utile pour se sortir de certaines arènes bien surchargées. Petit bonus sympathique pour ce portage : les amiibo sont de la partie. Il faudra les scanner chez Rodin, afin de débloquer des bonus, dont les costumes de Link et Peach. Et ça, si vous êtes fans de Cereza, vous ne pourrez vous en passer. Enfin, le fameux mode Tag Climax s’ouvre au multi local ! Plus besoin de ne passer que par le online pour se friter avec des potes, donc.

Cette version Nintendo Switch de Bayonetta 2 profite évidemment des particularités de la console. Le tactile fait son retour, mais sans stylet. Les doigts seront donc utiles, et globalement les sensations sont bonnes. Mais c’est surtout techniquement que le jeu profite de ce nouvel hardware. Si tout n’est pas encore parfaitement parfait niveau framerate, ce dernier est tout de même très largement plus stable que sur Wii U. Un luxe qui, à lui tout seul, mérite qu’on s’attarde sur ce portage, dans la précédente édition péchait de ce côté. Par contre, le 720p passe bien mieux sur la tablette que sur l’écran de la télévévision, et ce même si vous serez tenter de laisser la console sur le dock afin de profiter du Controler Pro.

Note : 18/20

Une tuerie, voilà ce qu’est Bayonetta 2. Quatre ans après sa sortie sur Wii U, le jeu garde intact son éclat initial. Alors certes, on aurait apprécié un plus grand effort du côté de la technique, que certaines textures soient réévaluées. Aussi, les cinématiques font preuve d’un statisme surprenant, étant donné qu’ingame le soft de PlatinumGames va à cent à l’heure, du début à la fin. Ce seront deux petits défauts à corriger avec le très attendu troisième opus, mais ils ne doivent surtout pas faire oublier l’incontestable qualité du titre. Son gameplay précis, ses nivaux jouissifs, la musique entraînante, les petites nouveautés comme la participation des amiibo, tout cela se doit de vous mener vers la (re)découverte de ce hit en puissance. Un immanquable de la Nintendo Switch, sans aucun doute.

9/10

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