[Critique] Metal Gear Solid : Projet Rex – Kris Oprisko, Ashley Wood

Caractéristiques

  • Auteur : Kris Oprisko, Ashley Wood
  • Editeur : Mana Books
  • Date de sortie en librairies : 8 février 2018
  • Format numérique disponible : Oui (12,50€)
  • Nombre de pages : 304
  • Prix : 18€
  • Acheter : Cliquez ici

Une adaptation réussie d’un grand classique du jeu vidéo

image mana books metal gear solid projet rex

Ah, la saga Metal Gear ! Cette licence culte, bébé d’Hideo Kojima, et née en 1987 (eh oui, Metal Gear Solid n’est pas la première itération, mais la quatrième), a su se construire un univers gigantesque, habité par bien des personnages et des problématiques. Alors que les jeux semblent être arrivés au bout du concept, d’ailleurs Konami ne recueille pas, ou peu, d’impressions favorables pour le futur Metal Gear Survive, voilà que Mana Books (Fallout 4 : imaginer l’apocalypseBloodborne : Artbook officiel) relance la machine avec un comics. Et pas n’importe lequel : celui qui retrace les événements de Shadow Moses, soit le cheminement qu’ont pu vivre les joueurs sur PlayStation…

La situation décrite dans Metal Gear Solid : Projet Rex est pour le moins critique. Sans trop en dévoiler à celles et ceux qui n’auraient jamais touché au jeu, sachez que le comics a, comme personnage principal, un certain Solid Snake. Celui-ci vient d’en découdre avec Big Boss, mais il n’a pas finit d’entendre parler de son ennemi juré. Avant de comprendre les liens qui les unissent, voilà que le guerrier hors paire est poussé à reprendre du service, afin de combattre l’organisation terroriste Foxhound. Direction l’île de Shadow Moses, proche des côtes de l’Alaska, afin de localiser et dérober le Metal Gear Rex, une plateforme mobile de lancement nucléaire. Ça, c’est l’objectif officiel. Mais Snake va se rendre compte que des forces agissent dans l’ombre…

Si vous avez retourné Metal Gear Solid dans tous les sens, alors vous serez impressionnés par le travail d’adaptation signé Kris Oprisko (Hyde, Turistas). On sait à quel point certaines de ces œuvres, qui couchent des jeux vidéo sur papier, passent parfois à côté de leur sujet. Ici, ce n’est pas le cas. La fidélité à l’univers imaginé par Hideo Kojima transpire de ces pages : les personnages sont parfaitement écrits, les événements suivent le cheminement vu sur console PlayStation. Mais ce n’est pas tout, car on retrouve même certaines impressions liées au gameplay. Solid Snake trouve des armes, parfois à l’endroit même où elles se trouvaient dans le soft. Aussi, la caractérisation des boss est bien exploitée dans la mise en scène des duels. Le seul regret se situe au niveau des sous-fifres, assez absents, alors qu’ils auraient pu servir à mettre en valeur les qualités d’infiltration du personnage principal.

Un style de dessin courageux, qui implique le lecteur

Si l’on dévore Metal Gear Solid : Projet Rex, c’est aussi parce que les auteurs se sont appliqués à bien retranscrire le fond du jeu. Avec son message pacifiste, par le biais d’une histoire qui démontre à quel point la folie nucléaire peut emmener vers un danger dont l’humanité devrait se passer, le comics passionne tout du long. Si la dimension méta disparaît, au profit d’un traitement plus classique mais tout de même captivant, on retrouve tout de même l’univers de la licence. Là encore, Kris Oprisko se tire  d’un piège pourtant bien tendu : les nouveaux venus comprendront l’intégralité du récit sans encombre, alors même que Liquid Snake emmène le sujet Big Boss sur le tapis. Le scénariste utilise cet élément avec précaution, sans inonder les cases de références trop obscures.

Le style des dessins pourra surprendre. La précision de Yoji Shinkawa fait place à la peinture abstraite d’Ashley Wood (Hellspawn, Uncanny X-Men), il va vous falloir quelques cases pour vous y faire. Mais, une fois la patte prononcée bien digérée, on se rend compte de la pertinence de cet art étonnant. Solid Snake se mue dans des décors telle une ombre, et la suggestion joue un grand rôle dans notre ressenti. L’illustrateur cherche à nous impliquer dans l’histoire, à ce que le lecteur accomplisse un travail par le biais de son imaginaire, et ça fonctionne. Quant aux fondus de la licence, ils reconnaîtront Psycho Mantis, Revolver Ocelot, ou encore la toujours aussi charismatique Sniper Wolf dès le premier coup d’œil. Voilà qui termine de nous satisfaire, ce Metal Gear Solid : Projet Rex a toute sa place dans une bibliothèque un brin gamer !

7/10

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