[Preview] God Of War : Kratos n’a pas fini de nous étonner

Caractéristiques

    • PlayStation 4
  • Développeur : SIE Santa Monica Studio
  • Editeur : Sony Interactive Entertainment
  • Date de sortie : 20 avril 2018

Kratos ne perd pas le Nord

image preview god of war
Préparez-vous à être impressionnés.

De base, la sortie d’un God Of War est toujours un gros événement. Rappelons que cette licence, débutée en 2005 sur PlayStation 2, est constituée de sacrés hits, qui mettent en scène l’un des héros les plus charismatiques de l’univers vidéoludique : le très revanchard Kratos. Replaçons un peu le contexte de la première trilogie, avant de poser les fondations de la nouvelle itération. Suite à un ordre d’Arès, le Dieu de la Destruction, notre bien malheureux spartiate massacre un village. Plongé dans une folie incontrôlable, il ne se rend pas compte que, parmi ses victimes, se trouvent sa femme et sa fille. C’est là le début d’un long périple, qui va mener celui qui deviendra le dieu de la guerre sur la route des divinités de l’Olympe. Et celles-ci vont le sentir passer.

Après une trilogie sublime, qui se terminait dans une ambiance paradoxale (un monde s’éteint, un autre s’éveille), God Of War revient, mais sans numéro accolé. Remake, reboot ? Non, il s’agit d’une véritable suite, accompagné de bien des modifications. Tout d’abord, le jeu, que nous avons découvert pendant trois bonnes heures, passe d’un beat’em all assez classique, dans l’esprit, avec une caméra assez éloignée pour mieux prévenir l’arrivée des assaillants, à une vue plus rapprochée. En clair, on fait face à un Third Person Shooter dans l’esprit (sans armes à feu, évidemment), avec un point de vue très proche du personnage, comme pour mieux nous imprégner de ses actions. Première constatation : après trois heures de jeu sur la bête, il apparaît que SIE Santa Monica Studio sait exactement ce qu’il fait. On est souvent impressionné par cette nouvelle perspective, qui apporte un impact considérable.

Un gameplay qui tranche avec la précédente trilogie

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Un fils et une hache, ça change tout.

Car ce nouveau départ, pour God Of War, revoie le gameplay presque de fond en comble. Adieu les Lames du Chaos, bonjour la hache Leviathan, qui sied comme un gant à notre Kratos vieillissant, mais toujours aussi surpuissant. Cette nouvelle arme embarque avec elle de nouvelles mécaniques. La planter dans une surface gèle cette dernière. Dès lors, SIE Santa Monica Studio redouble d’inventivité afin d’exploiter cette particularité. Une porte se referme dès que vous quittez son levier d’ouverture ? Observez bien la situation, vous trouverez sûrement un élément à glacer, ce qui permettra à votre avatar de passer cet obstacle. On a eu droit à des énigmes assez intéressantes, sans non plus qu’elles ne soient redoutables (pour le moment). On pense à ce plafond au pics acérés, qu’il fallait stopper dans sa chute grâce à plusieurs cibles à atteindre. Tout était question d’observation et de timing, et ça fonctionne du tonnerre. Un rythme important, notamment afin de gérer au mieux la participation du fils Atreus, qui peut décocher une flèche, plus dans l’optique de désarçonner le monstre plutôt que lui infliger des dégâts. Une petite nouveauté qui a de l’importance, surtout dans les combats de boss, quand il est important de pouvoir enchainer en minimisant les risques de contre-attaque.

Vous vous en doutez, si Kratos se voit affublé d’une hache magique, ce n’est pas que pour philosopher ou jouer aux puzzles. Autant vous le confier : on avait un peu peur du nouveau système de combat, et d’autres choses que nous aborderons plus bas. Comme pour le reste, cette prise en main de God Of War nous a largement rassuré. Le feeling reste assez beat’em all, mais le choix de confier les attaques aux gâchettes R1 et R2 (coup léger et lourd, que l’on peut aussi charger) créé des sensations nouvelles. On a mis du temps à s’y faire, les doigts glissaient vers Carré et Triangle dans un premier temps, mais passé ce moment de flottement on est conquis. Les ennemis rebondissent sous les offensives acharnées de l’avatar, et les combinaisons se font naturellement. Les ennemis croisés, notamment des draugr, créatures directement issues de la mythologie nordique, seront mis à mal par la violence des chocs, qui s’enchainent avec une fulgurance notable. Le timing nous a paru plus important qu’auparavant, on est beaucoup plus maître de nos mouvement qu’avec les Lames du Chaos, et c’est un constat qui ne porte pas atteinte à ces dernières. Le soft vise, tout simplement, une autre voie, qui est celle du skill. Si, en premier lieu, le joueur se contente de tapoter les gâchettes, il se rend vite compte que, pour survivre, il va falloir penser les attaques, ne surtout pas sous-estimer les parades, et observer les routines des adversaires.

Des éléments RPG rentrent en scène

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Kratos est devenu père, il n’en reste pas moins un spartiate émérite.

En écrivant à propos des adversaires, le bestiaires rencontré dans ce début de God Of War nous a enthousiasmé. Les draugr, que nous évoquions plus haut, sont divisés en plusieurs catégories, dont des versions maousses costaudes, et des tireurs de flèches bien vicieuses. On a aussi eu droit à des sorcières fantomatiques, qui présentent la particularité de ne pas être sensibles au froid, donc à battre à mains nues. Et des boss qui représentent un véritable challenge. Se battre contre un énorme troll, surnommé Marchand de Mort, c’est quelque chose. Outre qu’ils renouvellent bien l’univers, on remarque aussi que les ennemis ne laissent plus d’orbes derrière eux. En effet, le soft fait un pas en avant vers un aspect RPG plus poussé, en pensant l’amélioration des capacités de Kratos grâce à des points d’expérience. On pourra aussi augmenter les effet des armes, grâce à des gemmes d’attaque runiques qui s’emboîtent dans des espaces prévus à cet effet. Bien entendu, notre avatar pourra aussi utiliser tout un tas de capacités, comme une soudaine explosion qui interrompt et renverse tous les ennemis à proximité.

On pouvait se poser la question : God Of War allait-il emprunter la route de l’open world ? Non, et c’est tant mieux. Cela ne signifie pas que le cheminement se fait linéaire, il est d’ailleurs bien plus permissif qu’auparavant. Certains passages proposent plusieurs alternatives, et explorer l’environnement permet de dénicher des objets intéressants. On a évidemment droit à tout un tas d’objets à collecter, de secrets à révéler, de tombeaux à profaner. Les coffres font leur retour mais, vous l’aurez compris, sans orbes à distribuer. Le jeu sera, à n’en pas douter, minutieux dans la description de son univers, ça se confirme notamment grâce à un carnet de route, écrit par Atreus, le fils de Kratos. On y trouve tout autant un codex, qui nous présente les monstres et d’autres données, ainsi que certains objectifs secondaires. Des missions, comme parer un certain nombre d’attaques, qui rapportent de l’expérience. On aura aussi des cartes au trésor, et les artefacts découverts. De la matière pour pousser le joueur à na pas se contenter de foncer vers la prochaine bataille, en mode automatique.

On ne lésine pas avec la violence

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Si ce draugr savait ce qui va lui arriver…

Le gamer pressé aurait, d’ailleurs, bien tort. God Of War sera, sans nul doute, un jeu à savourer. L’autre réserve que nous émettions, alors même que le jeu fait partie de nos plus fortes attentes pour 2018, touchait autant le récit que l’atmosphère. Pour faire simple, on avait un peu peur que SIE Santa Monica Studio se fourvoie dans ses intentions, et délaisse ce qui fait l’ADN de la licence. Là encore, on a été immédiatement tranquillisé. Non, il n’est pas question que le titre se tourne vers du The Last Of Us. Si la relation entre Kratos et son fils est évidemment au centre du périple, on n’a pas perçu la chose comme un exercice voué à une quelconque démystification de la violence. Celle-ci est plus que jamais présente, on peut même vous affirmer qu’on a assisté à ce qui s’avère la séquence la plus puissante de toute la série, en attendant la suite du spectacle. Oui, vous avez bien lu. Après l’enterrement de la mère d’Atreus, le petit et son père partent à la chasse, l’occasion pour le joueur de se familiariser avec le gameplay. Après ce petit périple, il est temps de rentrer à la maison, sorte de cocon que Kratos s’est construit, pour éviter la fureur d’un monde auquel il ne veut plus rien devoir.

Mais God Of War ne pouvait pas laisser notre spartiate couler des jours paisibles. Un nouvel ennemi, l’Étranger, intervient, et l’on vous promet que vous vous souviendrez longtemps de ces présentations. Le combat qui s’ensuit est d’une intensité colossale. Les coups pleuvent, les corps sont propulsés, les arbres sont déracinés, les immenses rochers détruits, et le sol ne fait pas le poids. Il y a, dans cette séquence de gameplay fascinante, une mise en scène qui fait la leçon à l’ensemble des blockbusters cinéma que l’on supporte de moins en moins. La montée en tension est palpable, on passe par diverses émotions. Mais qui est cet humanoïde qui ne ressent pas la douleur, qui frappe plus fort que l’ancien dieu de la guerre ? On n’a que des pistes pour le moment, qu’on se gardera de vous révéler pour ne pas spoiler, mais on peut vous dévoiler une chose : on termine le duel sur les rotules, épuisés, en réalisant à peine ce qu’on vient de vivre.

Un grand hit à venir

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Une fin de preview qui laisse entrevoir des environnements différents.

On est donc rassuré : God Of War ne cherche pas à adoucir notre bon vieux Kratos, ni à en faire le vaisseau d’un message éloigné de ce qu’on a connu jusqu’ici. Le cheminement reprenait, après cette séquence ahurissante. Cette nouvelle et mystérieuse menace pousse la petite famille à s’échapper, et débute alors une sorte de road trip nordique qui prend fin, pour notre preview, avec un cliffhanger plein de promesse : la rencontre avec une sorcière amicale, qui nous mène dans un lieu merveilleux, habité par une tortue géante. Ce n’est évidemment pas un hasard, l’animal étant rattaché à bien des symboliques, faisant le lien entre le monde matériel et le monde spirituel. Kratos doit-il passer par cette fine limite afin de découvrir ce qui se trame derrière l’intervention de l’Étranger ? C’est ce qu’on découvrira avec le jeu complet.

God Of War confirme, donc, qu’il sera une date plus qu’importante de cette année 2018, voire même l’une des sorties les plus essentielles de cette génération de console. On est bien entendu obligé d’aborder, pour finir en beauté, la partie purement technique. Précisons ici qu’on a découvert le soft sur une PlayStation 4 Pro, et que le résultat visuel nous a mis une mandale bulgare. Certains panoramas furent l’occasion de longues pauses, afin de profiter de la splendeur du moment. Pas le moindre ralentissement à déplorer, ni une trace de texture sous-traitée. Aussi, il est important de signaler la qualité de la bande originale, signée par un Bear McCreary plus habitués aux soundtracks pour le cinéma (Colossal, 10 Cloverfield Lane). Les sonorités se font plus nordiques (merci Captain Obvious), et n’oublient surtout pas de balancer des rythmes bien épiques. Aussi, le doublage original ne souffre d’aucune fausse note. Qu’on se le dise, le jeu sera fignolé dans les moindres détails. On vous décrira ceux-ci, à l’occasion d’un test qui s’annonce d’ores et déjà homérique, pour ce jeu qui a tout d’un titan.

0/10

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