[Tourisme] Bruxelles : on a visité le quartier européen

L’Union Européenne, c’est aussi un (beau) quartier de Bruxelles

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© visit.brussels – Global View – S. Schmitt – 2017

Si un concept réussit l’incroyable exploit d’être à la fois une évidence, et une sacrée interrogation, c’est bien l’Union Européenne. Sur Culturellement Vôtre, on ne se cache pas : l’idée de l’Europe est, sans aucun doute, ce qui permet d’éloigner toute menace de véritables guerres sur nos territoires, par le biais d’un assainissement des rapports financiers. La monnaie unique, si elle a pu faire peur dans un premier temps, est dorénavant bien ancrée en nous, c’est d’ailleurs l’un des éléments (avec l’ignorance crasse) qui a causé la défaite du Front National, lors des élections françaises de 2017. Et pourtant, les peuples ont toujours du mal à comprendre cette véritable machinerie qu’est l’U.E., pas aidés que nous sommes par des hommes politiques parfois intolérables (Nicolas Sarkozy et le déni du vote de 2005). Au point, d’ailleurs, de passer à côté de ce que ce concept nous propose. À la question « avez-vous déjà visité le quartier Européen, à Bruxelles ? », la même réponse revient inlassablement : « pour quoi faire ? ». Afin d’apporter une réplique digne de ce nom, on s’est rendu sur place. Et ce qu’on a découvert nous a convaincu.

Rappelons, avant toute chose, que la Belgique est la porte d’à-côté. Avec le Thalys, on arrive en gare de Bruxelles Midi en moins d’une heure et demie, en départ de Gare Du Nord. C’est un fait qui a son importance : il est plutôt aisé de se rendre sur place, ne serait-ce que pour une journée, si l’on parvient à bien s’organiser, et seulement dans le cadre d’une découverte partielle. Car, vous allez le voir, ce ne sont pas les activités qui manquent, dans ce quartier. Bien entendu, on peut aussi tabler sur une période de visite plus longue : des hôtels vous accueilleront avec tout le confort qu’on est en droit d’attendre. Pour notre part, nous avons logé au Stanhope, dont on vous parlera un peu plus en détails dans un article dédié. Si l’endroit reste un lieu d’affaires, une véritable concentration de bureaux, sachez qu’il reste tout à fait cordial pour les touristes. Par contre, faites attention : les magasins de type Carrefour Market y sont atrocement chers. On vous conseillera, donc, de vous déplacer au-delà de cette zone, ça aura un vrai impact sur votre porte-monnaie.

Un endroit plus vert qu’il n’y paraît

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© visit.brussels

Avant de vous rendre compte des différents bâtiments, et des dispositions culturelles du quartier européen, on doit appuyer sur le côté vivant, pêchu de l’endroit. Ne pensez pas n’y croiser que des femmes et hommes aux allures de députés ronchons, ce n’est pas le cas sur place. L’état d’esprit bruxellois reste palpable, même dans cette zone. Pour étayer cette affirmation, les exemples croisés ne manquent pas. On pensera à ces douze statues, lesquelles représentent des autruches, dont certaines la tête dans le sable. Pour les admirer, et rire un bon coup, direction le parc Léopold, au pied du Parlement européen et du Muséum des sciences naturelles de Belgique. Quiconque n’y voit pas comme une certaine dérision, au-delà d’une motivation plus pure (rendre hommage à un ancien jardin zoologique), ferait à notre avis fausse route. Aussi, il suffit de se situer au pied de la Station Europe, la porte vers le cœur du quartier, pour comprendre la réputation du belge bon vivant. Là, autour de la Place du Luxembourg, des bars assurent un bien gai moyen de laisser retomber la pression, et d’en faire couler une dans votre verre, notamment à l’occasion d’un after work bien mérité.

Animé certes, le quartier européen est aussi bien plus vert qu’on ne pouvait se l’imaginer. Des parcs, propres et plutôt calmes, malgré une bonne affluence en temps ensoleillé (que nos parisiens en prennent de la graine), qui tranchent clairement avec l’environnement très construit qui domine la zone, et nous offre la sensation d’un échappatoire possible entre deux visites de musée, ou de bâtiment. Car, on a tendance à l’oublier, ce secteur est aussi habité. Et l’on a pu vérifier que Bruxelles, ville en continuelle construction (en ce moment, la mode est au building qui se réserve des appartements, à côté des bureaux), ne compte pas tout sacrifier aux seuls affaires et autres lobbys. Si vous prenez votre temps, si vous vous réservez une déambulation au sein de ce quartier, vous pourrez donc profiter d’un cadre qui multiplie les possibilités de respiration. Et, si vous êtes du genre à faire attention aux belles architectures, levez le menton. Certes, et d’après notre guide, le belge a tendance à ne pas être aussi conscient que nous de la valeur d’une vieille pierre (le fonctionnel passera toujours devant), il reste tout de même beaucoup de bâtisses à admirer. Parmi celles-ci, on citera la très fantasque maison Saint-Cyr (actuellement en travaux, elle deviendra un hôtel de luxe), qui représente à elle-seule une sorte de sommet de l’art nouveau bruxellois.

Si vous aimez les musées, vous serez servis

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© visit.brussels

Le quartier européen de Bruxelles propose des ballades de qualité, mais aussi une belle matière pour les amateurs de musées. Pour eux, nous avons relevé deux endroits incontournables. Il faudra obligatoirement découvrir le parc du Cinquantenaire, qui abrite les Musées royaux d’Art et d’Histoire et l’Autoworld. Le premier nous fait découvrir des pièces archéologiques précieuses, en couvrant une très large période, de la préhistoire au vingtième siècle. On pourra y croiser notamment la momie péruvienne qui a inspiré à Hergé le personnage de Rascar Capac, méchant de l’album Tintin : Les sept boules de cristal. On fait face à un lieu aux très hauts plafonds, qui manque peut-être un peu de luminosité dans quelques pièces, mais dont la saveur un peu « à l’ancienne » produit un certain charme. Notons que, en ce moment, le lieu accueille l’exposition La Famille Royale fait la Une, dont le nom suffit à sa description, et dont l’intérêt dépasse son sujet. En effet, quelle plaisir que de noter les évolutions très formelles des journaux. L’Autoworld, lui, s’adresse aux fans de belles mécaniques. Dans un écrin assez impressionnant, qui a abrité le salon de l’auto de 1902 à 1934, on aperçoit l’Histoire de la voiture, de ses commencements aux années plus récentes. Parmi les 400 modèles dévoilés, ce sont les belges qui nous ont particulièrement intéressés. Il faut dire que le pays n’est plus très reconnu pour ses autos, alors qu’avant la Seconde Guerre mondiale le secteur était florissant, notamment avec la marque Minerva. Une visite qui pourra apprendre bien des choses, donc.

Le deuxième endroits incontournable, pour les amateurs de musées, est sans aucun doute la Maison de l’Histoire Européenne. Vous vous souvenez des autruches du parc Leopold, plus haut ? Il faudra leur rendre visite une nouvelle fois, car c’est ici que se trouve le bâtiment qui fut autrefois une clinique dentaire baptisée Estman, du nom de George Eastman. Lequel n’est autre que le fondateur de Kodak. Comme quoi, on peut avoir plusieurs vies dans une seule ! Le choix de s’installer dans ce lieu est une évidence, autant quand on lui fait face que quand on l’arpente de l’intérieur. Après une grande rénovation, décidée en 2009, ce ne sont pas moins de 4000m² d’espace qui sont réservés à cet audacieux musée. Comme son intitulé l’indique, on y découvre l’Histoire de l’Europe, dans un parcours qui ambitionne de nous informer sur le caractère transnational de celle-ci. L’exposition permanente est impressionnante, tant elle rassemble des objets à la signification forte, comme le Traité de Rome. Beaucoup de matière, disposée dans plusieurs étages, accessibles aux personnes à mobilité réduite grâce à un ascenseur. On souligne aussi l’importance de la technologie : vivre le déroulé avec la tablette, qui propose de véritables interactions et traduit son programme dans les vingt-quatre langues officielle de l’Union Européenne, est une belle expérience. Cela ne fait que rajouter à la grande qualité du lieu. Signalons aussi l’Institut royal des Sciences naturelles de Belgique, qu’on n’a malheureusement pas pu visiter cette fois-ci, malgré notre attirance pour les ossements de dinosaures.

Le bâtiment Europa, un bijou d’architecture

Des sorties, des musées… et les installations officielles alors ? Oui, il nous paraît impossible d’aborder le quartier européen sans en avoir visité ce qui en fait le fondement. Le Parlamentarium, totalement gratuit d’accès, nous paraît être incontournable à toute bonne découverte de la zone. C’est ici qu’on vous expliquera, par le biais d’animations (une grande carte interactive, un écran à 360 degrés, un super jeu de rôle pour les groupes notamment scolaires), le fonctionnement du Parlement Européen. Là aussi, les vingt-quatre langues officielles sont invoquées, et c’était important : voilà une étape importante pour tout citoyen de l’U.E.. Après tout, ce dernier la finance. Le bâtiment Europa est au moins aussi intéressant à visiter, aussi bien de l’extérieur que de l’intérieur. Sa façade joue sur la dualité, entre le moderne et l’ancien. Cet endroit, qui n’est autre que le siège principal du Conseil européen et du Conseil de l’Union européenne (en gros, c’est ici qu’Emmanuel Macron se rend), prend place dans un ancien assortiment d’immeubles de luxe, datant des années 1920, appelé autrefois la Résidence Palace. La rénovation a sciemment laissé vie à une partie de cette identité, ce qui donne à l’ensemble une personnalité atypique, imposante. À l’intérieur, une amphore, véritable prouesse architecturale, abrite une foule de salles de réunion, mais aussi de presse. Un bâtiment pour le moins surprenant, séduisant, et même écolo : il a remporté le certificat environnemental Valideo. Par contre attention : il n’est pas possible de le visiter en-dehors de la Journée de l’Europe. Rassurez-vous, cela évoluera dès le mois prochain, avec un véritable accueil des visiteurs, en-dehors des journées de rencontres officielles, et sur réservation.

Pour terminer la visite de ce quartier européen décidément plus attrayant qu’on ne l’espérait, on se doit de vous rendre compte de notre visite du bâtiment Berlaymont. Là, par contre, le charme joue moins à l’extérieur : c’est très métallique, trop représentatif de ce que l’architecture des années soixante a pu créer. On ne peut nier que le regarder du bas, depuis l’esplanade, ne créé pas une émotion. C’est colossal, certes, mais cela manque cruellement de caractère. On aura aussi découvert, de nos yeux, le fameux hémicycle du Parlement, qui accueille nos représentants. Enfin, quand ceux-ci daignent être présents. En tout cas, on ne peut que signaler qu’on s’est senti tout petit. Précisons ici que ces visites sont l’occasion de vérifier que Bruxelles ne lésine pas avec la sécurité. Ayez toujours sur vous vos papiers d’identités, ils vous seront demandés. Aussi, voyagez légers dans vos déplacements, car vous ne pourrez pas rentrer dans un seul bâtiment qui n’impose pas un portique. En ces temps troublés, cela nous rassure. Voilà pour ce tour d’horizon du quartier européen, qui nous aura finalement bien plus marqué qu’on ne l’imaginait. L’U.E., c’est à vous, c’est à nous. Pour se l’approprier, il faut aussi faire l’effort d’aller vers elle, pour un trip citoyen qui réserve de bien bons instants.

Pour toutes les informations utiles, visitez le très bon site visit.brussels.

 

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