[Critique] No One Lives : un Kitamura mineur mais fun

Caractéristiques

  • Réalisateur(s) : Ryuhei Kitamura
  • Avec : Luke Evans, Adelaide Clemens, Derek Magyar, America Olivo, Beau Knapp, Lindsey Shaw
  • Distributeur : Pathé
  • Genre : Horreur
  • Nationalité : USA
  • Durée : 86 minutes
  • Date de sortie : 4 septembre 2013

Un récit parfois malin, et gore

Ah, Ryuhei Kitamura ! Admettons-le : les noms japonais importants, côté cinéma, sont assez rares. Pire, ceux qu’on retenait sont désormais un peu dépassés. Qui, dorénavant, ressent la moindre excitation quand Takashi Miike présente un nouveau film ? Pire, Sono Sion, qui a longtemps représenté une sorte d’incontournable du septième art nippon barjot, voit son niveau gravement baisser depuis quelques années, la faute à un rythme de sortie beaucoup trop élevé. Un metteur en scène passe entre les gouttes, non sans signer, lui-aussi, des œuvres décevantes (Rupan Sansei) : Kitamura, dont le récent Downrange fut l’un des meilleurs films découverts au PIFFF 2017. Et ce No One Lives, plutôt passé inaperçu en 2013, fait-il partie de ses réussites ?

No One Lives expose une histoire qui, rapidement, va nous proposer un twist efficace. D’ailleurs, on va éviter de trop rentrer dans les détails, rassurez-vous. Mais sachez qu’il ne s’agit pas d’une révélation de fin de récit, du genre à bouleverser votre lecture du long métrage. Luke Evans incarne un personnage sans nom. Avec Betty, sa petite copine, il déménage, et prend la voiture afin de rejoindre leur nouvel habitat. Dans le même temps, une bande de cinglés foire un cambriolage, et tue les victimes. Tout ce petit monde va se croiser, dans un restaurant miteux. Une réunion qui va vite prendre une couleur rouge sang, et certains masques ne vont pas tarder à tomber.

L’écriture des personnages ne suit pas

image film no one lives
Un personnage qui cache bien son jeu.

No One Lives part d’une idée brillante : et si les victimes se révélaient bien plus capables de se défendre que ce qu’on pourrait croire ? Ryuhei Kitamura parvient, sans mal, à retourner nos esprits. C’est, d’ailleurs, la plus grande force de ce film : le retournement de situation, qui intervient très tôt, fonctionne à merveille, afin d’accoucher d’une sorte de slasher bien gore. Luke Evans se débrouille pas mal dans cette figure de style, ce qui termine de nous convaincre. Il passe de martyr tout trouvé, au statut de grand malade, avec un certain panache, et ce même si la direction des comédiens privilégie une sorte de surjeu parfois un peu gênant. Quand un possible supplicié devient un chasseur méthodique, qui ferait passer Jason Voorhees pour un télétubbies, on ne peut qu’être agréablement interloqué. Ses pièges fonctionnent, les mises à mort font mal, bref c’est du tout bon de ce côté.

Malheureusement, l’écriture des autres personnages ne suit pas. No One Lives perd de sa force, à cause d’un manque de puissance chez la bande de cinglés. Les voir chouiner devant un peu de sang, quand ils ont été capables de liquider de pauvres innocents, en ouverture de film, cela surprend, et pas dans le bon sens. On s’attendait à plus de folie dans la confrontation, à vrai dire. Du genre : la famille dégénérée de Massacre à la Tronçonneuse rencontre Michael Myers. À notre grand regret, le match n’atteindra jamais cette intensité, le scénario se contentant finalement de démontrer que le titre n’est pas mensonger. Aussi, le reste des personnages n’est pas toujours bien caractérisé. On pensera surtout à Emma, incarnée par la plutôt transparente Adelaide Clemens, dont l’utilité est pourtant centrale dans l’histoire. Tout cela finit par faire de ce long métrage une œuvre mineur dans la carrière de Ryuhei Kitamura, mais pas totalement insipide, loin de là.

6/10

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