article coup de coeur

[Critique] Bad Requins – Prevost, Gaillard, Pizzoferrato

Caractéristiques

  • Titre complet : Bad Requins : l'histoire de la sharksploitation
  • Auteur : Alexis Prevost, Claude Gaillard, Fred Pizzoferrato
  • Editeur : Huginn & Muninn
  • Date de sortie en librairies : 21 septembre 2018
  • Format numérique disponible : Non
  • Nombre de pages : 216
  • Prix : 29,95€
  • Acheter : Cliquez ici

Un ouvrage à croquer !

image sharkenstein
Le DVD de Sharkenstein est offert avec la version collector de l’ouvrage.

Qu’on se le dise : l’heure est à la cinéphilie, et même quand celle-ci nous emporte au fond des eaux. Le film d’agressions animales, s’il est aujourd’hui un peu trop synonyme de nanar, a connu une véritable heure de gloire. Parmi les représentants les plus imposants, on trouve évidemment Les Dents de la Mer, classique absolu de Steven Spielberg, et peut-être même son meilleur film. Et quand ce genre de chef-d’œuvre sort d’un peu nulle part, il est de bon ton, pour les producteurs qui doivent faire tourner la machine (et ils ont bien raison) en exploitant le filon, parfois jusqu’à la noyade. Mais tout de même, on se rend compte, notamment avec le récent (et mauvais) Meg, que ces animaux gloutons opèrent toujours un charme fou sur les spectateurs. Dès lors, l’existence de Bad Requins, aux éditions Huginn & Muninn (Star Wars : tout Dark Vador)

Signalons de suite que Bad Requins n’est pas sous-titré L’histoire de la sharksploitation pour rien. En effet, il ne s’agit aucunement d’un essai sur ce sous-genre, mais une rétrospective de ce qu’il nous propose, et ce sous la forme d’un beau livre. On trouve bien évidemment des textes, et une construction en chapitres, donc différents thèmes au sein d’un même sujet. Mais l’ouvrage ne se lance pas dans une étude approfondie de ce que le spectateur peut déceler dans ces histoires abracadabrantesques, du moins pas en profondeur. Il est surtout question de s’en mettre plein la vue, grâce à des œuvres parfois fascinantes, du moins si vous êtes adeptes des plaisirs coupables.

Bad Requins débute par une rétrospective, signée Fred Pizzoferrato. Celui-ci récapitule l’activité de la sharksploitation depuis le succès  planétaire des Dents de la Mer. On aborde évidemment les suites, de plus en plus embarrassantes, mais on prendra aussi le large afin de croiser des longs métrages à la qualité très, très variables. Ce chapitre est de première importance, car c’est ici que le lecteur se rend bien compte des différents courants, au sein même de ce sous-genre. On a le film de requins le plus sérieux du monde, puis le squale modifié génétiquement, le gros délire signé The Asylum, l’apparition du Mégalodon, et d’autres que vous découvrirez avec délectation. Et, mine de rien, cela dessine un genre bien plus consistant que ce que le grand public peut imaginer.

Les films s’affichent idéalement

Bad Requins enchaine avec ce qui est sûrement le gros morceau de cet ouvrage : une distribution d’affiches comme d’autres multiplient les pains. Ici aussi, le chapitre est divisé en sous-parties, lesquelles débutent par un tour d’horizon de ce qu’il se faisait avant Les Dents de la Mer. Intéressant, car on peut y voir que l’imaginaire accolé au genre était déjà bien ancré, même si le squale n’était pas obligatoirement la star du dessin. C’est, d’ailleurs, assez parlant quant au changement de paradigme : l’humain dominateur fait place à l’animal tout-puissant, petit à petit. Puis, on déroule le fil du temps, jusqu’au matériel promotionnel de Peur Bleu, le film sympatoche signé par ce grand fou de Renny Harlin, avant d’enchainer avec toutes ces productions plus nanardesques qu’autre chose, comme l’inénarrable Shark Exorcist. Tout un programme.

Au programme de ce bien fun Bad Requins, on trouve aussi un chouïa de quasi-hors-sujet, avec un peu de piranha, et même du barracuda. On a même droit à quelques sucreries bien vues, comme la place du squale dans l’animation, mais aussi dans les produits dérivés et même le jeu vidéo. Sans oublier des interviews incontournables, certaines (Renny Harlin, Lorraine Gary) issues de la revue L’écran Fantastique. L’ouvrage va au bout de son  concept, et nul doute que le lecteur apprendra bien des choses. Pour finir, impossible de ne pas signaler la très belle qualité d’édition, et ce malgré une ou deux coquilles. La maquette donne envie de se plonger dans le contenu, et place est faite aux photos, de dimensions toujours satisfaisantes. On fait face à un beau livre délicieux, qu’on aime feuilleter, et l’on parie que ce constat en fera l’une des stars de ce noël 2018. Claude Gaillard et Alexis Prevost peuvent être fiers de leur bébé !

8/10

Réagir à l’article

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *