[Critique] Galveston : un thriller sans concession

Caractéristiques

  • Réalisateur(s) : Mélanie Laurent
  • Avec : Ben Foster, Elle Fanning, Lili Reinhart, Beau Bridges, Maria Valverde, Robert Aramayo...
  • Distributeur : Les Bookmakers/The Jokers
  • Genre : Thriller, policier, road movie
  • Nationalité : Américain
  • Durée : 91 minutes
  • Date de sortie : 10 octobre 2018

Un road movie émouvant

Cinquième long métrage de Mélanie Laurent et premier film réalisé aux Etats-Unis, Galveston est un thriller psychologique sous forme de road movie. Tiré du roman du même nom de Nic Pizzolatto, créateur de la série True Detective, l’action se déroule en 1988 et raconte l’histoire de Roy, petit gangster de la Nouvelle-Orléans. La maladie le ronge. Son boss lui tend un guet-apens auquel il échappe de justesse. Une seule issue : la fuite, en compagnie de Rocky, une jeune prostituée. Deux êtres que la vie n’a pas épargnés. En cavale vers la ville de Galveston, ils n’ont plus rien à perdre…

Si Galveston possède une histoire classique, typique d’un film indépendant américain, il n’empêche qu’entre les mains de notre Mélanie Laurent nationale cela pouvait donner quelque chose d’assez unique. Celle-ci a d’ailleurs signé le scénario adapté du roman en compagnie de Jim Hammet. On est donc embarqués dans ce road trip aux côtés de Roy et Rocky. Deux personnages malmenés par la vie, au point de se lancer dans une véritable fuite en avant. Vont-ils pouvoir se reconstruire ? On ne vous en dira pas plus de peur de vraiment vous spoiler le film car oui, l’intrigue comporte de nombreux rebondissements. Certains sont bien amenés, voir surprenants, tandis que d’autres — et un en particulier — s’avèrent très prévisibles. Mais mis à part cette petite réserve, le scénario se tient parfaitement. Les personnages connaissent une réelle évolution d’un bout à l’autre de leurs mésaventures. Oui, Roy et Rocky en prennent plein la figure, physiquement et mentalement, tout au long du film, ce qui donne lieu à quelques séquences émouvantes. Par ailleurs, le scénario ne fait aucune concession dans le drame :  si l’histoire laisse parfois quelques moments de répit à nos héros, il ne leur accorde aucun vrai moment de bonheur. Un vrai pari. Seul regret côté scénaristique : la fin. Celle-ci, légèrement optimiste, ne correspond pas vraiment à l’ambiance instaurée par le long-métrage.

Un thriller sans concession

image elle fanning galveston ben foster

Côté réalisation, Mélanie Laurent la joue sobre. Elle pose sa caméra et se concentre sur ses acteurs tout en rendant bien l’ambiance texane. Elle nous surprend quand même avec un long plan séquence vers la fin du film. Celui-ci nous emmène vers la conclusion de l’histoire de façon sombre et émouvante. A ce titre, il faut signaler la photo d’Arnaud Potier avec une image couleur soufre et une ambiance assez sale nous plongeant parfaitement au cœur du récit. Autre point positif : l’utilisation très minime de la musique. C’est simple, il n’y en a quasiment pas. La réalisatrice a au contraire préféré se concentrer sur les sensations sonores par le biais d’effets savamment gérés. Et du coup quand l’excellente composition de Marc Chouarain se fait entendre, cela nous prend presque par surprise. Pour le reste, le rythme lent est également l’un des points forts du film. Celui-ci n’empêche cependant pas l’intrigue d’avancer rapidement. Du coup, les 90 minutes passent assez vite.

Concernant le casting, Ben Foster (Warcraft: Le CommencementHostiles) offre une superbe performance du début à la fin et porte le film sur ses épaules. Que ce soit par sa gestuelle, ses regards ou encore sa voix, il dévoile une large gamme d’émotions. A ses côtés, on retrouve la toujours excellente Elle Fanning (How to Talk to Girls at Parties, Maléfique, Somewhere). La majeure partie de son interprétation est émouvante et à fleur de peau. Nous sommes en empathie avec son personnage, qui est persuadé de n’avoir plus que l’utilisation de son corps pour s’en sortir. Dommage que tout cela soit un peu gâché lors d’une scène importante pour Rocky, dans laquelle elle surjoue, ce qui nous sort quelque peu du film. Lili Reinhart (la série Riverdale) est également très convaincante, même si elle n’apparaît que lors d’une seule scène. Pour le reste, Beau Bridges, Maria Valverde et Robert Aramayo ont peu de temps à l’écran mais font le job.

Au final, Galveston est un bon thriller policier sous forme de road movie. Malgré quelques petits défauts tout se tient. Un beau pari, remporté haut la main par Mélanie Laurent, bien aidée par un casting de haut vol. Un beau petit coup de cœur.

7/10

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