[Exposition] Les folles rencontres de l’Hôtel de Crillon : Poupées de cire

17 modèles du musée Grévin hors les murs pour des photos pop

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La série photo d’Emanuele Scorcelletti est exposée au bar Les Ambassadeurs de l’Hôtel de Crillon jusqu’au 25 novembre. Ici, derrière les fauteuils : la statue de cire de Jimi Hendrix immortalisée sur la terrasse de la suite Bernstein. Photo du vernissage de l’expo : Culturellement Vôtre

Lorsque l’un des plus beaux hôtels de la capitale et le musée Grévin s’associent avec la galerie d’art Polka pour une exposition mettant autant en avant l’histoire des lieux que la pop culture, le résultat ne peut être qu’étonnant. Le photographe italien Emanuele Scorcelletti, plus particulièrement connu pour ses photos en noir et blanc des coulisses du Festival de Cannes — il a remporté en 2003 le World Press Photo pour sa photo de Sharon Stone la tête renversée en arrière dans un grand éclat de rire sur le tapis rouge — a ainsi travaillé main dans la main avec Polka pour mettre en scène dix-sept statues de personnalités célèbres du musée Grévin dans le décor exceptionnel de l’Hôtel de Crillon, qui a obtenu le 20 septembre 2018 la distinction de palace, en faisant le 25e établissement français a avoir reçu cette reconnaissance. Pour rappel, l’hôtel de luxe était resté fermé pour travaux durant 4 ans avant de réouvrir ses portes en grandes pompes à l’été 2017.

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Une scène perdue de la série des Gendarmes ? Emanuele Scorcelletti et Polka ont eu l’idée audacieuse d’associer les modèles de cire de Louis de Funès et du général de Gaulle pour cette photo décalée à souhait. © Emanuele Scorcelletti/Polka Galerie

Cette exposition, qui s’est ouverte le 18 septembre au sein du bar de l’hôtel, Les Ambassadeurs, marque donc un double-événement : ce titre de palace, un an après la réouverture de l’hôtel, mais aussi la toute première fois depuis le début de son histoire que le musée Grévin accepte de faire sortir certains de ses modèles de cire en dehors de son enceinte. Pour que cette collaboration soit possible, il aura donc fallu négocier une sacrée assurance — ce que Emanuele Scorcelletti et les représentants de Polka nous ont confirmé, sans donner de précisions à ce sujet — et prendre excessivement soin des statues prêtées. D’ailleurs, plusieurs membres du personnel du musée étaient présents durant les 10 jours qu’a nécessité ce prestigieux shooting. Pour la petite anecdote, afin de pouvoir déplacer les modèles sans les abîmer, celles-ci sont arrivées à l’hôtel en pièces détachées : la tête, les mains, les jambes… Tout a été soigneusement démonté et emballé avant d’être de nouveau monté sur place pour chaque photo.

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Le double de cire de la Queen of Pop immortalisé par Emanuele Scorcelletti. © Culturellement Vôtre (photo du vernissage)

Comme la pose de chaque statue n’est pas modifiable, Emanuele Scorcelletti et son équipe ont dû en partie sélectionner les modèles à emprunter en fonction de l’endroit où ils pourraient être posés de manière optimum. Ainsi, si une personnalité était immortalisée assise, il fallait mesurer très précisément la hauteur du bar et des chaises pour être sûrs que la mise en scène était réalisable. Mais le premier critère de sélection était la relation que chaque star entretenait avec l’Hôtel de Crillon : grâce aux registres de l’établissement, et notamment au fameux livre d’or, mais aussi aux témoignages du personnel de l’hôtel, Emanuele Scorcelletti et Polka ont retrouvé la liste des personnalités ayant séjourné ici, et ayant apprécié l’expérience. Ainsi, parmi les 17 modèles de cire prêtés par le musée Grévin, on trouve Madonna, Alfred Hitchcock, Mick Jagger, Edith Piaf, Louis de Funès, Charles de Gaulle, Jimi Hendrix, Henri Salvador, Charles Aznavour, Fabrice LucchiniPicasso

Des photos décalées dans l’écrin du Crillon pour un résultat intemporel

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L’un des clichés les plus impressionnants de la série photo d’Emanuele Scorcelletti : Mick Jagger tape un boeuf au bar Ls Ambassadeurs avec Charles Aznavour et Edith Piaf, sous l’oeil amusé d’Henri Salvador. © Emanuele Scorcelletti/Polka Galerie

Le résultat, pop et décalé, pourrait faire penser, dans une certaine mesure, au “Bistrot préféré” de Renaud si celui-ci était situé à l’hôtel de Crillon et mêlait les vivants aux morts. Par exemple, notre photo préférée, située dans le sublime décor feutré du bar Les Ambassadeurs, mêle Mick Jagger, debout sur le comptoir, à Henri Salvador, Edith Piaf, debout face à son micro et Charles Aznavour, assis sur son piano. Si l’on ajoute à cela que le personnel en chair et en os de l’hôtel apparaît sur chaque photo afin de mettre en avant les différents métiers et savoirs-faire du Crillon (y compris celui de cireur de chaussures), on se retrouve face à des images aussi intemporelles que saisissantes. Comme pour les meilleurs images pop, le résultat est à la fois coloré et vivant, et notamment cette impressionnante vision de Jimi Hendrix, agenouillé avec sa guitare sur le balcon extérieur de la somptueuse suite Bernstein,  au sixième étage, qui possède une vue imprenable sur la Tour Eiffel et le Grand Palais. Et puis, que dire de l’irrésistible décalage entre Louis de Funès en gendarme et le général de Gaulle, photographiés devant l’entrée de l’hôtel, place de la Concorde ?

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Ouvert en 2017 là où se trouvait auparavant le restaurant, le bar Les Ambassadeurs de l’Hôtel de Crillon est un lieu hors du temps, à l’élégance rare, où se tiennent régulièrement expositions et DJ sets. © Culturellement Vôtre

Chacune des 9 photos, dont deux exemplaires (petit et grand format) sont parallèlement mis en vente, a été disposée aux quatre coins du bar Les Ambassadeurs (là où se situait l’ancien restaurant gastronomique de l’hôtel, qui a changé de place depuis 2017) avec beaucoup d’à-propos, de sorte qu’il est facile de s’installer avec un verre au comptoir ou dans l’un des très confortables fauteuils gris du bar tout en prenant le temps d’admirer ces belles photos qui viennent immédiatement titiller notre imaginaire. Le choix du bar pour cette exposition apparaît véritablement comme une évidence : quel plus bel écrin aurait-il pu y avoir pour cette série de photos iconiques qui donne envie de (re)découvrir à la fois le Crillon et le musée Grévin ? Dans ce cadre d’élégance et de raffinement comme hors du temps, à l’abri du tumulte parisien, on vient trouver un refuge, loin du tumulte parisien, le temps d’une parenthèse enchantée, des étoiles plein les yeux…

Les folles rencontres de l’hôtel de Crillon, du 18 septembre au 25 novembre 2018 au bar Les Ambassadeurs de l’Hôtel de Crillon, A Rosewood Hotel, 10 place de la Concorde, 75008 Paris. Métro Concorde (ligne 1). Ouvert au public. Chaque photo est vendue en deux tirages : petits formats à 900€ et grands formats à 2000€. 

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