[Critique] Universal Soldier Régénération : bordélique mais…

Caractéristiques

  • Réalisateur(s) : John Hyams
  • Avec : Jean-Claude Van Damme, Dolph Lundgren, Andrei Arlovki, Garry Cooper
  • Distributeur : Studiocanal
  • Genre : Action, Science-fiction
  • Nationalité : USA
  • Durée : 97 minutes
  • Date de sortie : 4 mai 2010 (DTV)

Une licence à la dérive tente de se relancer

image jean-claude van damme universal soldier regeneration
On sent quand même un peu de désarroi dans ce regard…

 

Il aura fallu dix ans pour la licence Universal Soldier, afin de se remettre de l’immense échec, aussi bien critique que public, du terriblement mauvais Universal Soldier : Le Combat Absolu. C’est, donc, en 2009 que les soldats, tout comme cette série de films, reviennent d’entre les morts, avec des intentions bien plus cadrées qu’auparavant. On passe clairement d’une suite gorgée de prétention, et budgétée de manière grotesque, à un Universal Soldier : Régénération d’une toute autre humilité. Tournée dans des hangars bulgares, pour 14 millions de dollars, cette seconde suite a quelques qualités à faire valoir.

Mais, avant d’aborder ce qui plaît, on ne peut passer à côté du principal reproche formulé à Universal Soldier Régénération : son scénario indigeste. Pourtant, rien de compliqué sur le papier, mais le résultat à l’écran donne une bouillie de points de vue. Signalons, tout d’abord, que le récit est signé Victor Ostrovsky. Un monsieur intéressant, ancien du Mossad, dont les romans ont fait jaser en Israël, au point que le gouvernement a porté plainte contre lui. Un étrange personnage, donc, lequel est chargé d’arranger une réunion ultra attendue, celle de Jean-Claude Van Damme et de Dolph Lundgren, les deux têtes d’affiche du premier film. Malheureusement, cela débute bien mal…

La communication d’Universal Soldier : Régénération met en avant ces retrouvailles, pourtant vous allez attendre avant qu’elle ne soit effective. Pour le coup, ce n’est pas à cause du scénariste, mais sans doute du fait d’un JVCD au bout du rouleau, qui a demandé expressément un tournage ramassé. Au final, il n’aura été présent que cinq jours sur le plateau, c’est dire. Seulement, le réalisateur, John Hyams, sur qui l’on va s’arrêter un peu plus bas, avait un film à livrer. Du coup, on nous raconte une histoire inintéressante, à base de super Unisol et d’insurrection tchétchène. Le commandant Topov fait le topo au Premier ministre russe : si ce dernier ne déclare pas l’indépendance du Pasalan, il exécutera ses enfants, fraîchement kidnappés. La menace est à prendre très au sérieux, le groupuscule a placé une bombe sur un réacteur de ce qui reste de Tchernobyl. L’éventuelle explosion provoquerait la pire catastrophe nucléaire jamais connue…

Malheureusement , le scénario se perd en route

La problématique d’Universal Soldier : Régénération n’est pas mauvaise. C’est ce qu’elle provoque qui pose de vrais soucis. Le commandant Topov a recours à une milice d’un nouveau genre. Les Unisols rentrent enfin en scène ? Bingo, et avec eux un professeur cinglé, qui profite des conflits pour mener des expériences pas très déontologiques. Un super Universal Soldier né de ses travaux et, pendant ce temps, des soldats russes sont envoyés sur les lieux pour régler l’affaire du genre définitivement. C’est plutôt limpide, mais l’alternance des points de vue devient vite impossible à digérer. Qui est ce soldat ? Celui-ci, que fait-il là ? Ça part dans tous les sens, pas aidé par des scènes surréalistes qui nous présentent un Luc Deveraux (Jean-Claude Van Damme) chez la psy, à se poser des question sur le bien-fondé de son existence. Clin d’oeil au réel ? Parfois, on le retrouve dans un bar, à défoncer un autochtone sans aucune raison. Mais vraiment aucune : le type prend cher, sûrement pour démontrer l’instabilité du personnage mais sans aucune finesse. Plus rien n’a de sens, et l’on se demande ce qui pourrait bien sauver cette seconde suite. Et pourtant, on aperçoit une éclaircie toute relative.

Quelques éléments d’Universal Soldier : Régénération peuvent tout de même nous consoler. Tout d’abord, le film fait table rase de son épouvantable prédécesseur. Terminée, l’intelligence artificielle, l’humour débile et le rock bourrin. Ici, on ne plaisante plus. C’est même, parfois, trop appuyé, à cause d’une photographie vulgairement sombre et délavée, signée Peter Hyams. Oui, le réalisateur de Mort Subite et Timecop, dont le fils, John Hyams, prend le relais à la mise en scène. Ce dernier nous étonne, et dans le bon sens. On a droit à un bon plan séquence, les séquences d’action, très guerrières dans l’esprit, imposent un impact marqué. On pense à cette longue course de Deveraux, pour rejoindre l’un des hangars, alors qu’explosent de partout des grenades. On peut aussi compter sur quelques bastons bien ficelées, dans lesquelles les talents d’Andrei Arlovski, biélorusse anciennement champion de l’Ultimate Fighting Championship (et désormais pratiquant de MMA) sont remarquablement mis à contribution.

Mais, et ce malgré cette petite révélation qu’est Andrei Arlovski, Universal Soldier : Régénération peut surtout remercier Van Damme et Dolph Lundgren. Leur réunion, pour une séquence d’action un peu courte mais bien pêchue, sauve le film de l’échec. On ne le répétera jamais assez, les acteurs de film d’action des décennies 1980 et 1990 sont les meilleurs. Ici, les deux légendes crèvent l’écran, l’un de par sa capacité, encore assez intacte quand il le veut bien, à lever la patte, l’autre grâce à une stature toujours aussi imposante. Deux géants qui reviendront pour un quatrième opus, que l’on abordera tout bientôt. Et la conclusion, dans tout ça ? Hélas, on s’en fiche pas mal, et cette histoire de prise d’otages se termine sans grand intérêt de la part du spectateur. Voilà qui boucle notre avis sur ce long métrage, certes loin de s’avérer un divertissement de qualité, mais pas ennuyant pour autant.

5/10

Réagir à l’article

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *