article coup de coeur

[Test] Earth Defense Force Iron Rain : la relève a de l’allure

Caractéristiques

    • PlayStation 4
  • Développeur : Yuke's
  • Editeur : D3 Publisher
  • Date de sortie : 11 avril 2019
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La licence quitte le nanar pour la série B

image gameplay earth defense force iron rain
Une nouvelle classe permet de monter un insecte géant.

C’est la fiesta pour les fans d’Earth Defense Force, ces gens de bons goûts qui aiment balancer des tonnes de bastos pour défoncer du monstre géant. Rappelons ce qu’est cette licence, véritable miracle permanent dans le paysage de plus en plus fade de l’industrie vidéoludique. Née au début des années 2000, sur PlayStation 2, la série éditée par D3 Publisher fut une sorte de tête de gondole (avec Onechanbara) pour la collection Simple Series, des softs basiques à prix réduits. Que de chemin parcouru depuis, avec des itérations qui ont su évoluer, quittant le statut de véritable kusoge afin d’embrasser une réputation plus proche du nanar assumé et éclatant. Annoncé lors du TGS 2017, Earth Defense Force : Iron Rain est un véritable tournant. Quelques mois après le très mémorable cinquième opus, voilà que la licence se lance vers un objectif étonnant : plus de sérieux, le passage à l’Unreal Engine 4, tout en impactant le monde entier par le biais d’une sortie globale. Pas facile, mais le résultat est à la hauteur des attentes.

Ce qui frappe en premier, c’est l’histoire d’Earth Defense Force : Iron Rain. Qu’on se le dise, on fait face à l’épisode le mieux écrit et, aussi, celui qui impose un nouveau degré de qualité pour la série. Après avoir donné une allure à son personnage, et même lui avoir choisi un sexe, on se rend compte que l’avatar a un nom, n’est plus une simple recrue comme auparavant. On incarne Closer, en plein cœur d’un conflit contre des extraterrestres nommés Agresseurs fort à propos. Après avoir âprement combattu pour détruire un Hivecraft, un gigantesque vaisseau-mère d’un kilomètre de long sur autant de large, le voilà plongé dans un profond coma. Il en sort sept ans plus tard, en 2040, auréolé d’une sacrément bonne réputation. À peine le temps de se réveiller qu’il faut enfiler une combinaison PA-Gear, avant de rejoindre l’unité Blast. C’est avec elle que vous allez tenter de mettre fin à la guerre, en combattant de plein fouet des hordes d’insectes géants, ainsi qu’un ennemi incroyablement gigantesque, qui risque bien de détruire la Terre. Le tout en faisant attention à gérer les poussées offensives de la Kindra Rebellion, une faction séditieuse dont la motivation se découvrira au fur et à mesure.

Qu’on ne s’y trompe pas, Earth Defense Force : Iron Rain cherche toujours à titiller l’intérêt des amateurs de série B. Cependant, l’humour grotesque, plus nanardisant qu’autre chose, n’a plus trop sa place dans cette itération. Ce qui ne signifie pas qu’on a droit à des dialogues savoureux, avec certaines répliques pas piquées des hannetons (géants). Oui, des répliques, car les personnages dialoguent entre eux, au cours des missions et entre ces dernirès. On atteint un stade jamais atteint par la franchise auparavant, avec des protagonistes secondaires qui ont une réelle personnalité, comme Brenda Semenko, leader d’une escouade de l’unité Blast. Son caractère trempé fait que ses relations avec Mike, soldat nourrissant une certaine rage contre la Kindra Rebellion, sont particulièrement tendues. Voilà le genre d’exemple qu’on découvre à foison. Aussi, la fin d’une mission nous présente parfois une émission de radio, laquelle a son utilité pour décrire un peu plus précisément l’univers. Enfin, on a même droit à une base de données bien complète, rassemblant aussi bien les statistiques du joueur qu’une encyclopédie des monstres et adversaires croisés. De quoi nous intéresser de manière bien plus poussée qu’auparavant au monde qui englobe nos combats. Surtout que, attention les amis : le jeu est intégralement sous-titré en français. Vous avez bien lu, un Earth Defense Force dans la langue de Molière !

Yuke’s consolide les fondations du gameplay

image yuke's earth defense force iron rain
Certains nouveaux ennemis sont bien coriaces.

L’enrobage scénaristique est une réussite, mais on ne va pas tourner autour du pot : on attendait Earth Defense Force : Iron Rain surtout pour son gameplay. La série peut se targuer d’être particulièrement jouissive, manette en mains, et on ne peut vous cacher qu’on était assez inquiet pour cet opus. Les raisons étaient multiples. Tout d’abord, le passage à l’Unreal Engine 4, qui aurait pu brider le concept. Surtout, on nourrissait une confiance limitée en Yuke’s, studio japonais jusqu’ici surtout reconnu pour ses simulations de catchs, comme WWE 2K18. Ses incursions dans le domaine de l’action s’avéraient moins brillantes, on se souvient des adaptations plus ou moins foirées de Pacific Rim et Real Steele. Balayons le suspens d’un revers de la main, le résultat est somme toute probant. On pourrait résumer l’approche du studio japonais de la sorte : on ne modifie en rien l’ADN, mais on apporte de nouvelles idées. Vous n’appréciez pas la vue rapprochée choisie en début de partie (d’ailleurs, c’est notre cas) ? Prenez la direction des options, vous pourrez modifier cela en revenant à la caméra classique des Earth Defense Force. Aussi, on vous conseille d’augmenter la sensibilité du stick droit, car le flot d’ennemis vous demandera des nerfs d’acier.

Le principe ne bouge pas : un environnement, et des vagues de monstres que vous devrez exploser. Earth Defense Force : Iron Rain ne cherche pas à bousculer les habitudes, mais apporte des nouveautés qui, on en est certain, plairont aux fans de la licence. La plus étonnante reste le système de progression. Terminées, les caisses qui augmente les points de vie, rechargent l’énergie ou contiennent des armes. Le loot a été modifié, maintenant on récupère des gemmes d’énergie de trois couleurs : bleues, rouges et dorées. C’est grâce à elles que vous pourrez construire des armes, mais aussi des objets prêts à être utilisés en mission, comme des grenades, des kits d’énergie, des appareils de soutien, des nécessaires de résurrection etc. En fin de chaque mission, vous débloquer deux armes, ainsi qu’une tonne d’habits pour personnaliser votre avatar, et tout cela doit donc se construire. Original pour la série, mais ce n’est pas tout : l’argent ingame fait son entrée. Car c’est bien beau d’avoir les ingrédients, encore faut-il posséder assez de fonds pour lancer les opérations. Du pognon, du flouze, de la caillasse vous sera attribué lors de vos réussites sur le terrain. Aussi, il va falloir économiser afin de s’offrir des modifications pour votre PA-Gear, histoire de gagner en points de vie. Tout cela résulte d’une envie constante de se relancer dans les différentes missions.

La maniabilité d’Earth Defense Force : Iron Rain est un véritable plaisir de quasiment tous les instants. Seul élément qui nous chagrine un peu, la propension de l’avatar à tomber à la renverse. Cela arrive très, très, mais très souvent et, pour peu que l’on se fasse submerger, on se retrouve bien trop souvent au sol. Yuke’s a, cependant, pensé à une solution plus ou moins efficace : le rétablissement rapide, en pressant la touche R1. Cela fonctionne, même si l’on aurait préféré que Closer tienne mieux son équilibre. Car les vagues de monstres seront sans pitié pour lui, et ça tombe bien car c’est aussi ce qu’on recherche dans cette série. Les types d’ennemis se comptent au nombre de trente-deux, en comptant les boss, et certains s’avèrent totalement inédits. Bien entendu, on retrouve les incontournables fourmis géantes, mais aussi les araignées-loups et leurs fichus toiles incapacitantes. Le scarabée bombardier fait son apparition, lui qui fonce droit sur vous en dégageant de grandes flammes depuis un endroit… improbable de son anatomie. Beaucoup d’autres surprises vous attendent du côté du casting, mais nous éviterons tout spoil : il va falloir découvrir par vous même. Aussi, on accueille l’Overdrive, un état qui se déclenche en appuyant sur L3 et R3. Il décuple le rythme de tir, minimise le temps de recharge, décuplant vos impacts. Et cela seulement une fois par mission, ce qui pousse le joueur à la réflexion.

L’Unreal Engine 4 ne bride en rien le délire

image test earth defense force iron rain
Le sens de la démesure d’EDF est bien présent.

Autre nouveauté, l’apparition d’une nouvelle classe, le Prowl Rider. Yuke’s ose, et c’est tout en son honneur, d’autant plus que cette nouvelle manière d’aborder le jeu est l’un de nos coups de cœur. Très mobile, grâce à un grappin hyper efficace, doublé d’une capacité à s’agripper aux murs façon Spider-Man, cette nouvelle forme permet aussi de prendre le contrôle d’un insecte géant, pendant le laps de temps laissé par le déclenchement de l’Overdrive. Attention, il va vous falloir quelques temps afin de bien dirigé la bête, ce n’est pas simple dans les premiers instants. Une fois maitrisé, c’est du bonheur, et totalement dans l’esprit « whatthefuckesque » de la licence. Cette invocation, nommée G-L.I.A.R., va voir son casting s’étendre, sur le même modèle que les armes (sans besoin d’investir de l’argent, ni de gemmes). Monter une fourmi, c’est bien, mais prendre possession d’un scorpion c’est encore mieux. Le reste des classes est on ne peut plus classique pour Earth Defense Force. Le Trooper reste le plus équilibré dans les statistiques, et il a droit à une esquive rapide. Le Jet Lifter, notre préféré pour cet épisode, permet de s’élever dans les airs, et de fondre sur les adversaires. Il est aussi idéal pour récupérer des gemmes sur le terrain, de par sa grande rapidité. Enfin, le Heavy Striker est le gros tank du lot, embarquant deux modèles du duo d’arme que vous aurez sélectionné (mais aussi multipliant par deux le temps de chargement). Une grosse puissance de feu, surtout utile dans le dernier quart du jeu.

Earth Defense Force : Iron Rain peut compter sur une excellente durée de vie, même si elle se situe un tout petit peu en retrait des épisodes numérotés. Il va vous falloir des dizaines et des dizaines d’heures afin de tout débloquer, de vous construire un personnage capable de supporter les niveaux de difficulté les plus difficiles. On évoquait, plus haut, l’encyclopédie. Si vous voulez les informations sur les ennemis, il faudra en tuer un certain nombre. Pareil pour s’accorder le droit d’arborer fièrement un emblème spécifique, seulement cosmétique mais qui fera votre fierté sans nul doute. Le nombre de mission s’avère moins important qu’auparavant (cinquante deux, au lieu de la centaine habituelle), mais elles sont mieux rythmées, et l’on pourra aussi y revenir pour dénicher des droïdes abattus qui, une fois remis en état de fonctionner, vous accorderont de nouvelles armes. Les fans de la licence le savent bien : un EDF n’est bouclé que quand on a parcouru l’ensemble des niveaux dans tous les modes de difficulté. Ils sont au nombre de quatre dans un premier temps, et autant vous dire que vous allez souffrir. Un cinquième, baptisé Apocalyptique, se débloque en terminant le cheminement. Et là, il faudra être accompagné d’un collègue pour s’en sortir. En ligne bien sûr, mais aussi en local, via un écran splitté. Aussi, cette itération innove avec un Mercenary Mode, dans lequel un maximum de huit joueurs s’embarquent dans une chasse à la gemme. L’équipe gagnante est celle qui en a récolté le plus, mais attention à ne pas oublier de ralentir et liquider les joueurs ennemis. Très sympathique. Voilà qui annonce des soirées bien funs.

Pour terminer, Earth Defense Force : Iron Rain c’est aussi une véritable avancée technique pour la licence de D3 Publisher. Yuke’s avait la pression, tant il fallait que l’Unreal Engine 4 n’empiète pas sur le concept des vagues de monstres impressionnantes. Première constatation, la direction artistique a énormément gagné en profondeur. Les PA-Gear, les différents ennemis, les couleurs bien senties qui apportent un côté sombre très marquant, tout cela donne une nouvelle dimension à la série, et il sera difficile de retourner vers l’ancien visuel. Bien entendu, on a droit à des baisses de fluidité, mais cela fait partie inhérente de la licence : il faut impressionner, quitte à mettre le framerate en position latérale de sécurité. Mais tout de même, l’on remarque que ce n’est pas non plus très fréquent, preuve que le studio de développement s’est démené sur ce terrain. Les immeubles explosent, les fourmis se démembrent, des effets de lumière surgissent de partout : un spectacle pyrotechnique délicieux. Côté ambiance sonore, on est là aussi sur de l’inédit pour la licence. Le doublage a certes été toujours de belle qualité, mais on franchit encore un pallier. Signalons qu’on a le choix entre l’anglais, le chinois, le coréen, et bien entendu le japonais, qui a de loin notre préférence. Rendons aussi hommage aux musiques, composées par un quatuor : Masanori Otsuka, Yuichi Baba, Shinya Chikamori et Akari Kaida. Les thèmes sonnent moins dans la mouvance de la science fiction classique, et se dirige plus vers un rendu épique et guerrier. Le but étant clairement d’accompagner les actions de l’unité Blast, plus que caractériser l’ennemi. Un choix couronné de succès.

Note : 16/20

On espérait que Earth Defense Force : Iron Rain ne soit pas trop à la traine du cinquième épisode et, au final, il est une proposition au moins aussi puissante. On pourra qualifier cet opus de celui de la maturité, lui qui s’ouvre des horizons plus sérieux en terme de qualité globale. L’écriture est assez incroyable pour la série, on ne peut que saluer la qualité des sous-titres français, et l’entrée dans l’ère de l’Unreal Engine 4 a été remarquablement géré. Yuke’s peut être fier du travail accompli, et l’on attend avec impatience ce que le studio japonais nous réserve pour la suite…

8/10

Réactions (3)

  1. Je ne sais pas si il y a un rapport mais je ne suis pas sur que la serie ait commencé sur PS2 car j’avais un Earth Défense Force sur Super Nintendo qui était un shoot en scrolling horizontal.

    1. Bonjour à vous ! Et merci pour cette intervention.
      Oui, le jeu dont vous parlez existe bien, mais n’appartient pas à la licence EDF de D3 Publisher. C’était l’adaptation d’un jeu arcade, mais par Jaleco. D’ailleurs, je (Mickael) me souviens qu’il avait fait son petit effet à l’époque, il dépassait les 80% si je ne me trompe pas. Ah, la bonne époque du shmup ^^
      PS : ah tiens, voilà un test http://emultest.free.fr/sninsuperedf.htm

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