article coup de coeur

[Test] Raging Loop : un Visual novel idéal pour Halloween

Caractéristiques

    • PlayStation 4
    • Nintendo Switch
  • Développeur : Kemco
  • Editeur : PQube
  • Date de sortie : 18 octobre 2019
  • Acheter : Cliquez ici

Un Visual novel à l’ambiance très travaillée

image gameplay raging loop
L’atmosphère de Raging Loop se veut pesante à souhait.

Alors que Halloween 2019 approche à grand pas, les jeux , films et livres effrayants ont pris d’assaut les rayons culturels. Si les habituels grincheux n’apprécient pas cette fête, qu’ils se permettent d’uniquement résumer à un pousse-à-l’achat (pas de panique, ces tristes sires en font de même pour Noël et Pâques, sur les réseaux sociaux), heureusement nous sommes beaucoup à aimer nous faire peur à cette occasion. Côté jeux vidéo, on ne manque pas d’occasions de frémir. On conseillera de ressortir Resident Evil 7 par exemple, l’une des grandes réussites de cette génération de consoles. Et si vous recherchiez un Visual novel capable de vous donner le frisson, PQube vient de faire paraitre Raging Loop, un titre intéressant à plus d’un titre.

Chez Culturellement Vôtre, on apprécie le Visual novel, ce genre typiquement japonais qui fait la part très bel au scénario, à la lecture. On peut même parler, sans conteste, de romans interactifs, à ceci près que le joueur peut tout de même avoir un véritable impact sur le déroulé du récit. Premier constat, ce n’est pas spécialement le cas dans Raging Loop. Mais restez avec nous, car cette quasi-linéarité du récit n’est qu’apparente. Dans les faits, le jeu développé par Kemco fait le choix d’imposer une narration éclatée, qui va se découvrir par segments, dont la particularité est qu’ils se termineront de la manière la plus abrupte qui soit : la mort du personnage principal.

Intrigant, Raging Loop l’est. L’histoire est un peu longue à se mettre en place, mais on peut aussi affirmer que Kemco cherche à bien installer une ambiance terriblement pesante. Le récit, vous vous en doutez, est la qualité première de ce soft, comme tout Visual novel d’ailleurs. Surtout qu’ici, on aborde un thème que l’on pensait absent au Japon : les lycanthropes. Seulement, la scène du jeu de plateau est assez puissante au Pays du Soleil Levant, et Les Loups-Garous de Thiercelieux y a rencontré un grand succès si retentissant que plusieurs autres itérations sont apparues. Du coup, le scénario s’en inspire allégrement. On incarne Haruaki Fusaishi, un motard qui va se trouver bien embêté en s’éloignant de son chemin tout tracé. Perdu, il découvre un village apparemment tranquille : Yasumizu. La première soirée se passe même relativement bien, l’avatar va même tomber sur la peu farouche Chiemi, et passer une nuit quelque peu alcoolisée. Qui s’en plaindrait ? Mais, dès le lendemain, on se rend compte que rien ne tourne très rond dans les parages, et les habitants sont terrorisés.

Un scénario original

image test raging loop
Le character design participe à l’ambiance.

En effet, Haruaki a la malchance de tomber en plein phénomène local terrifiant : le Festin. Un nom fichtrement festif, mais qui cache une malédiction horrifiante : pendant quelques jours, des loups-garous tuent un habitant par nuit. Pour rompre ce cycle infernal, il est nécessaire de faire la lumière sur l’identité des monstres, et bien entendu les zigouiller avant que ce ne soit le contraire. Plusieurs éléments viennent s’ajouter, rendant l’histoire de Raging Loop particulièrement prenante. Tout d’abord, cette progression par le décès. Non, on ne peut pas parler de « darksoulisation du Visual novel », cependant il est clair que cela ajoute du mordant non seulement à l’ambiance, mais aussi au gameplay. Celui-ci, réduit à son strict minimum, vous propose de répondre à des questions plus ou moins bateau, ou d’utiliser des clés de compréhension qui résultent, justement, des décès du personnage principal. En effet, après avoir échoué, il faudra fouiller le cheminement et revenir à la séquence qui a provoqué le choix fatal. Ici, des verrous pourront être débloqués, ce qui vous ouvrira une voie plus sûre. Du moins, momentanément…

Non, Raging Loop ne propose pas une intrigue à vrai embranchement lié à votre seule décision. Mais son concept propose une solution qui, au final, propose un subterfuge diablement efficace. L’autre belle idée est du domaine de l’écriture. Outre que le récit en lui-même est agréable et flippant d’un bout à l’autre, on apprécie le concept des divinités. En effet, parmi les villageois se cachent quatre habitants qui se voient confier des pouvoir liés à des animaux. Par exemple, l’araignée accorde carrément le droit de survivre, tandis que le serpent peut distinguer l’humain du loup. Bien entendu, cela rapporte directement au jeu de société, et c’est habilement intégré dans le récit, avec une belle fluidité.

Raging Loop propose une durée de vie assez imposante, d’autant plus qu’on a même droit à un New game plus, très pertinemment intitulé Revelation Mode. Il y est possible de voir les pensées des villageois, et on a accès à de nouvelles scènes. Un passage obligé donc, qui s’ajoute à un menu déjà bien copieux. C’est du côté de la technique que le bât blesse un peu. On regrette surtout la quasi-absence d’animations à l’écran. Cela peut rendre les artworks, au style assez particulier mais qui font bien naitre les sentiments inconfortables recherchés par le scénario, un peu tristounets par moment. Heureusement, l’atmosphère se révèle si entêtante que l’on finit par s’y faire. Quant à la bande originale, elle est composée par Takayuki Aihara (ici sous le pseudonyme de NO-NO2), que l’on connaît surtout pour ses quelques travaux sur des licences de jeux de baston importantes (Street Fighter EX, Tekken, Soulcalibur). Ici, il rend un travail idéalement oppressant, qui s’imbrique très bien avec le focus opéré sur les bruitages environnementaux. Ajoutons aussi la présence des voix japonaise, toujours une excellente chose. Notons ici que le jeu est intégralement sous-titré en anglais. La maitrise demandée reste cependant acceptable si vous avez un niveau simplement moyen. Par contre, si ce n’est pas votre cas, vous allez galérer, alors armez-vous d’un traducteur, en plus de vos balles d’argent.

Note : 16/20

Raging Loop, Visual novel de très bonne facture, sort pile au bon moment pour être apprécié à sa juste valeur. Kemco livre un soft certes non dénué de défauts, notamment avec cette mise en place parfois un peu longuette, et le manque d’animation dans les artworks. Cependant, si vous recherchiez un roman interactif idéal pour Halloween, plein de mystère et parfois même un peu violent, alors vous serez comblés. On apprécie aussi la mécanique des clés, qui impose une vraie maitrise des événements. Et le New game plus est un vrai mode à découvrir, avec ce qu’il faut de nouveautés afin de relancer l’intérêt. Les amateurs de Visual novel vivent, décidément, une époque formidable.

8/10

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