[Critique] A couteaux tirés : subtil et prenant

Caractéristiques

  • Titre original : Knives Out
  • Réalisateur(s) : Rian Johnson
  • Avec : Daniel Craig, Chris Evans, Michael Shannon, Jamie Lee Curtis, Toni Colette, Katherine Langford
  • Distributeur : Metropolitan FilmExport
  • Genre : Policier, Comédie, Drame
  • Pays : Etats-Unis
  • Durée : 131 minutes
  • Date de sortie : 27 Novembre 2019
  • Note : 8/10

Un Whodunit façon Agatha Christie


Depuis les celèbres Cluedo et Le Crime de l’Orient Express (si on excepte son remake récent), rares sont les propositions au cinéma qui nous invitent à participer à un véritable casse-tête pour deviner qui est le meurtrier du film. La faute certainement à une époque assez fainéante en matière d’écriture, alors que le genre exige à la fois de l’intelligence et de la roublardise. C’est donc une heureuse surprise que de constater qu’À Couteaux Tirés (script original précisons-le) répond à ces deux critères. Mieux encore, il y ajoute la classe « so British » et un casting de rêve lui permettant de rivaliser avec ses prestigieux modèles.

L’intrigue d’À Couteaux Tirés prend place au sein de la puissante famille Thrombey, dont le patriarche fête ses 85 ans et est retrouvé mort le lendemain. La police conclue presque immédiatement à un suicide, mais bien sûr rien ne va être aussi simple qu’il n’y parait et ce sera au détective Benoit Blanc de démêler l’affaire. Très vite, l’excentricité et la cohésion dystopique de la famille Thrombey va révéler nombre de secrets et au moins autant de raisons pour que chacun ait contribué à la chute de leur aïeul afin d’empocher l’héritage sur lequel se base leur réussite. Néanmoins le réalisateur Rian Johnson (Looper, Star Wars : Les Derniers Jedi), qui manifestement connait bien ses classiques et semblent plus à l’aise sur terre que dans l’espace à transformer la Princesse Leïa en Mary Poppins, oriente rapidement le script vers un coupable potentiel et ainsi désoriente un spectateur plus habitué à rester dans le vague jusqu’à la fin. Mais peut-être est-ce tout de même le cas, car bien malin celui qui devinera la conclusion du film.

Un défilé d’illustres coupables

image jamie lee curtis a couteaux tirés

Nous parlions précédemment du casting d’À Couteaux Tirés, choisi par Rian Johnson pour animer ce jeu de dupes et il est de premier ordre. En tête Daniel Craig dans le rôle de l’inspecteur Benoit Blanc, sorte d’émule d’Hercule Poirot, aussi lunaire qu’ambigu dans ses investigations. Il n’est pas rare en le voyant à l’oeuvre que le public oscille à penser qu’il est soit un fin limier roublard ou un chanceux surcoté. Daniel Craig joue sur les deux tableaux avec une aisance qui force le respect.

À ses côtés, Ana de Armas (Blade Runner 2049) incarne l’infirmière à domicile dont la fragilité et le dévouement ne cesse de nous questionner sur son véritable rôle dans l’affaire. Le reste du casting d’À Couteaux Tirés est un défilé de gueules charismatiques que ce soit Don Johnson, Jamie Lee Curtis (Halloween), Michael Shannon (La Forme de l’Eau), Chris Evans (bien plus à l’aise qu’en Captain America) ou Christopher Plummer dans le rôle du patriarche assassiné qui, en quelques séquences, rend son personnage attachant. Tout ce petit monde ment, dissimule et conspire pour sortir vainqueur d’une enquête touffue et aux multiples rebondissements.

Elémentaire mon cher spectateurimage rian johnson a couteaux tirés

Si nous pouvons reprocher à ce long métrage d’étirer un peu trop son intrigue de temps à autre, il serait mal venu pour autant de bouder son plaisir à la vision d’À Couteaux Tirés. Les interprétations sont au diapason, la réalisation est élégante et le scénario tient la route de bout en bout. Pour toutes ces raisons, nous ne pouvons que vous conseiller d’aller voir ce film afin de vous livrer à cet amusant jeu de déduction dont l’intelligence devrait inspirer les studios et les convaincre de produire davantage de métrages de cette qualité.

Cet article a été écrit par , qui a publié 76 articles sur le site.

Depuis toujours, je perçois le cinéma, certes comme un art et un divertissement, mais aussi et surtout comme une porte vers l'imaginaire et la création. On pourrait dire en ce sens que je partage la vision qu'en avait Georges Méliès. Avec le temps, de nombreux genres ont émergé, souvent représentatifs de leurs époques respectives et les bons films comme les mauvais deviennent ainsi les témoins de nos rêves, nos craintes ou nos désirs. J'ai fait des études de lettres et occupé divers emplois qui jamais ne m'ont éloigné de ma passion. Actuellement, sous le pseudonyme de Mark Wayne (en hommage à l'acteur John Wayne et au personnage de fiction Bruce Wayne alias Batman), je rédige des critiques pour le site "Culturellement Vôtre" par pur plaisir de cinéphile. Très exigeant dans ma notation des films, en particulier concernant le scénario car c'est la base sur lequel aucun bon film ne peut émerger s'il est bancal ou pour le moins en contradiction avec son sujet. Je conserve une certaine nostalgie d'une époque qui me semble (pour l'instant) révolue où le cinéma ne se faisait pas à base de remakes, intrigues photocopiées et bien-pensance. Néanmoins, rien n'entame mon amour du cinéma, et chaque film que je regarde me le rappelle, car bons ou mauvais, ils restent le reflet de notre époque.

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